Dossier Papus. (Benoît, p. (ii
a. La lellre, dont la lin est à demi déchirée, continue ainsi : « Je recommande à vos prières une belle-sœur que j"ai en France, prisonnière depuis huit ans, sans avoir jamaisrien l'ait contre sa conscience, mais ayant toujours au contraire confessé le bon nom qui est invoqué sur nous. La pauvre femme a été jusqu'à présent à la Bordeaux [Christ, ou IJieu] soit toujours glorilié [par nous
soit p]ar vie soit par mort. . .»
3. Dossier Papus. Minute non datée d"unc lettre par laquelle il annonce à une demoiselle (tardivement, dit-il) son arrivée en Suisse. Au dos de la lettre se trouve l'itinéraire que nous avons mentionné plus haut.
102 LES rni*;i)rcANTs protestants
La Rouvière avait raison. Les Nouveaux Convertis avaient laissé Bàville en repos tout l'hiver. A la fin de janvier, un homme tua le prêtre de Saint-Bénézet (près de Lédignan) pendant qu'il disait la messe. Mais le malheureux avait, au dire de l'intendant lui-même, a l'imagination faible et très troublée ■», et bien qu'il eut prétendu avoir été poussé à son acte pour venger la mort de quelques prédicants, Bàville ne sémut point. Il écrivait à Fléchier en lui donnant ces détails : « Peut-être parler?-t-il à la question. J'aimerais mieux mentretenir avec vous de quelque belle Ode d'Horace! x> L'homme lut donc torturé, puis ramené devant l'église de Saint-Bénézet, oîi il eut le poing coupé et fut brûlé vif.
L'intendant avait su le départ de Brousson. Il ne doutait pas, d'ailleurs, qu'il ne revint au printemps avec les prédicants, et il se préparait à leur faire bonne guerre. Il entretenait les chemins des Cévennes, nécessaires pour garantir « tout ce qu'il y avait fait de bien » ■. Broglie, informé que le roi devait diriger sur la Catalogne les régiments d'infanterie cantonnés dans le Languedoc, avertit les N. C. qu'il leur enverrait en pure perte des soldats de milice s'il avait avis de quelque assemblée \ A la Un de n^ai un prédicant fut signalé. Bàville se méprit sur son identité. Il écrivit à Fléchier, en réponse à une demande de libération que l'évêque de Ninies lui avait adressée en faveur dune reléguée : « Je sais que Brousson est revenu, et qu'il est apparemment k Nimes. C'est à vous de voir s'il convient dans ce temps d"y faire revenir ses émissaires femelles »'.
Avec l'été, quelques assemblées reprirent. La nuit du 17 au 18 juin, il s'en tint une sur le terroir de Langlade, « à six pans de celui de Milhaud, et à la vue de ce lieu qui y avait été presque tout entier ». Une information fut ouverte contre M. de Saint-Chaptes. de Nîmes, accusé d'avoir reçu neuf louis d'or pour libérer neuf des prisonniers faits à Langlade. Pendant que les procès se poursuivaient à Montpellier, quelques bonnes paroles de Fléchier furent répandues dans la Yaunage. Bàville craignit une fâcheuse intervention, et il se hâta de devancer
1. Fragment sur les Cainisards, p. 1'». Lellro de Bàville à Fléchier, Kl lév. IGOi (l'ap. Coqucrel).
2. Bàville à Fléchier, 10 fév. (Douen, II, 229), 22 mars, lo avril. L'intendant partit le 12 mai de Montpellier pour «passer l'inspection des Cévennes.» (Pap. Coqiierel).