SCÈNE I re
(Au lever du rideau, ils sont assis à la table de droite. Troussaille au n° 1, M ,,,e Troussaille au n° 2. — Ils prennent le thé.)
TROUSSAILLE, M lne TROUSSAILLE.
TROUSSAILLE.
Ce thé est brûlant !...
M me TROUSSAILLE.
Laissez-le refroidir !
TROUSSAILLE.
Je 1 aime chaud !
M me TROUSSAILLE.
Buvez-le alors !
TROUSSAILLE .
Et puis il est trop fort !...
M m * TROUSSAILLE.
Oh! mais, vous m’agacez à la fin!... (Œle se lève et gagne par le dessus de la table le n* / .) Et mon thé est trop chaud ! et il est trop fort !... et il n’est pas sucré!... Saperiotte ! on voit bien que c’est moi qui l’ai fait!
TROUSSAILLE.
Qu'est-ce que cela veut dire, bobonne?
M me TROUSSAILLE.
Cela veut dire que si ce thé avait été fait par M lle Claudine, notre nouvelle cuisinière, vous l'eussiez trouvé excellent !...
TROUSSAILLE, SÉ leVÜYitv
Ah! j'attendais ça!... Voilà que tu vas être jalouse de celle-là !...
M™* TROUSSAILLE.
Oh! vous, monsieur Troussaille ! un fabricant de maillots, en arriver à faire la cour à une éplucheuse de légumes !..
TROUSSAILLE.
Mais, bobonne !...
M me TROUSSAILLE.
A une drôlesse qui transforme Panse de notre panier en sauteuse de l’Opéra !... et dont le tlascn est : — Epinards et bœuf en daube I —Oh ! c’est honteux!
TROUSSAILLE.
Je te jure, Lucinde, que je n’ai pas encore remarqué cette Claudine!.. Je ne pourrais méire pas te dire, si elle a ce que les hommes remarquent tant chez les femmes.
M IUC TROUSSAILLE.
Quoi donc?
TROUSSAILLE.
Oh ! tu portes trop bien toi-même ces insignes pour qu’il soit nécessaire de les signaler davantage à ta vaste imagination. Eh bien, cette Claudine m’est tellement indifférente que je ne me suis pas attaché à ces minuties académiques.
M me TROUSSAILLE.
Birn vrai, Joseph ?...
TROUSSAILLE.
Je te le jure!... Et tu sais que dans les maillots on ne fait pas de faux serments !...