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FIG. 159. — VILLAGE D’EDFOU

Ce pauvre village arabe est construit sur l’emplacement d'une des plus grandes villes de l’Égypte, 1 ’Apollonis nuigtia des Grecs. 11 ne reste de son ancienne splendeur que le temple magnifique représenté dans diverses parties de cet ouvrage.

Nil les impôts royaux et les siens propres, le plus souvent er

nature.

Les impôts furent de tout temps très lourds en Égypte. Ils for-

maient la source principale du trésor royal, lequel se grossissait encore du revenu des mines et des tributs payés par les provinces étrangères soumises.

A côté du chef de nome, et revêtu d’une dignité plus imposante encore, quoique possesseur d’un pouvoir plus restreint, se trouvait le grand-prêtre.

Chaque capitale possédait son collège sacerdotal, rigoureusement hiérarchisé. Le grand-prêtre ou prophète en était le chef absolu. C’est lui qui administrait les domaines religieux, et en recueillait les revenus qu’il appliquait aux magnificences du culte. Au-dessous de lui il y avait les pères divins, les purificateurs, les scribes sacrés ou hiérogrammates , les porte-encens, les musiciens, les chanteurs, etc. Le clergé était fort nombreux. Les femmes mêmes pouvaient accomplir certaines cérémonies religieuses. Les reines et les princesses officiaient aux côtés du roi. Mais, en général, le personnel féminin des temples se composait surtout des pleureuses, des danseuses et des chanteuses sacrées.

On le voit, malgré le despotisme du pouvoir royal, le gouvernement égyptien n’était pas absolument centralisé. Chaque nome avait ses chefs et son administration particulière. Cependant les Pharaons étaient toujours censés exercer sur les moindres choses leur autorité directe. Leurs noms et leurs cartouches se trouvaient dans tous les actes administratifs, judiciaires ou même civils. Toutes les affaires leur étaient soigneusement rapportées. La vallée du Nil était inondée de scribes royaux qui enregistraient pour le souverain les agissements de ses émissaires et de ses sujets. Nulle part la bureaucratie ne fut aussi développée qu’en Égypte.

Il existait un recueil officiel, intitulé : Le Livre des villes situées en Égypte et de tout ce qui se rapporte à elles. Ce livre contenait la description minutieuse des monuments, le nombre des habitants, leurs ressources, les richesses du temple, les noms des prêtres, ceux des juges, etc.

Il devait être refait constamment, de même que le cadastre des terres. Nous possédons une foule de documents administratifs égyptiens, rapports de police, correspondances officielles, etc., qui montrent combien la bureaucratie était méticuleuse et paperassière.

LA CIVILISATION ÉGYPTIENNE

On a beaucoup parlé des castes de l’Égypte. Le mot n’est pas absolument exact : l’on ne trouvait pas dans la vallée du Nil des classes sociales hermétiquement fermées et séparées par des abîmes, comme celles de l’Inde, par exemple. Les professions diverses formaient plutôt des corporations; elles n’étaient pas rigoureusement héréditaires. Quant aux fonctions élevées des guerriers et des prêtres, elles créaient une véritable aristocratie, que l’on pourrait comparer à notre noblesse d’épée et de robe en France, mais non pas des castes exclusives; chacun pouvait y parvenir; le soldat, en temps de paix, exerçait parfois un emploi civil. Ce qui donnait, en Égypte, les vrais titres de noblesse, c’était l’instruction. Elle était exigée de tous ceux qui aspiraient à obtenir des charges dans l’administration ou dans l’armée, et il existait des examens de différents degrés analogues à notre baccalauréat et à notre doctorat.

« L’homme qui n’a point de cœur s’occupe aux travaux manuels et y fatigue ses yeux. Mais celui qui comprend les mérites des lettres et s’y est exercé, prime tous les puissants, tous les courtisans du palais. Sache-le bien, » écrit à son élève Pentaour le chef des archivistes du palais.

Le titre de scribe était la désignation générale de tous les lettrés. Chaque homme important avait sa bibliothèque et son bibliothécaire. Mais c’est dans la classe des prêtres que l’instruction était le plus approfondie.

Les historiens anciens ne sont pas d’accord sur le nombre des castes ou classes de l’Égypte. Hérodote en compte sept : les prêtres, les guerriers, les bouviers, les porchers, les marchands, les interprètes et les pilotes. Diodore n’en reconnaît que cinq : les prêtres, les guerriers, les pasteurs, les agriculteurs et les artisans.

La différence porte sur la population civile. Celle-ci était divisée en à peu près autant de classes qu’il y avait de différents métiers. Une certaine distance sociale séparait les gens de la campagne de ceux de la ville; dans les cités, les corporations ne se mêlaient guère et habitaient des quartiers distincts.

La classe religieuse et la classe guerrière jouissaient en Égypte de privilèges tout particuliers. Elles seules, avec le roi, avaient le droit de posséder des terres, dont les agriculteurs, même opulents,

n’étaient jamais que les fermiers. Les terres de la vallée du Nil étaient partagées en trois parts : un tiers appartenait au souverain, un tiers aux guerriers et un tiers aux prêtres.

Le corps sacerdotal, très uni et soigneusement hiérarchisé, exerçait une influence morale immense. Cette influence tenait à son instruction et à sa vie très disciplinée. Les prêtres paraissent avoir

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