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LAMBFRT.
Ruben MM. JAHAN.
Tuhïsthé CALMETTE.
Myrrha M",<?s BARETY.
Tbyx LETDRC.
Un Omcien MM. MEDO.N'V.
Un Statuaire DEGEORGES.
Un Messager DL'PARC.
Renée Mauperin Maître Corbeau
COMÉDIE i:\ TROIS M TES
Tirée du roman .le MM. I) K GONGOUKT
M. II K Mi V GÉARD
Représentée pour la première fois au théâtre national de l'Odèon le 18 novembre 1886
\ iogt-deus années et de nombreuses éditions se son) éconlées depuis 1864, époque où Renée Mauperin vit le jour, sans que ni les lerteurs du roman ai ses auteurs, MM. de Goncourt, y eussent découverl les éléments d'un draine, i n
jeune écrivain, un érudit, M. Henri Géard, romancier lui-même a ses heures de loisir, en a jugé tout autrement, et vient de risquer l'aventure. II y a réussi, ou du moins il s'en est tiré sans dommage pour lui ni pour MM. de Concourt.
Sa transcription delienée Mauperin ne manque nid'adresse, ni de hardiesse, ni de fidélité. Mais, pour exécuter le plan qu'il s'était tracé, il a dû laisser de'
coté quelques-unes des parties essentielles du livre ; je vais donc raconter sa piècet elle que je viens de l'entendre, comme si je n'avais pas lu le roman de MM. de Concourt.
Les trois actes du drame se passent dans la maison de campagne de M. Mauperin, un ancien officier démissionnaire, qui s'est lait industriel et a gagné une belle
fortune dans la raffinerie. Son lils Henri, l'idole de sa mère, est un garçon sérieux, froid, calculateur, libertin au besoin sous le masque de l'austérité ; sa tille Renée, l'idole de son père, est une demoiselle élevée à dire tout ci' qui lui passe par la tète, et à sauter à pieds joints par-dessus les convenances en retroussant ses jupons.
Pure question de tenue, d'ailleurs, car Renée Mauperin. quoique sachant prématurément une foule de choses dont on préserve les jeunes tilles dans les familles vulgaires, est une fort loyale et fort honnête personne.
Bile a refusé yingl prétendants, parce qu'elle n'en aimait aucun. Son cœur est demeuré fermé, bien qu'on y puisse soupçonner quelque inclination un peu plus qu'amicale pour un certain M. Denoizel, un quadragénaire artiste et philosophe, qui serait un peu bohème s'il n'était solidement rentier.
RENÉE MA Tl' Eli IN. III
Quant à \I. lien ri Mauperin, devenu, l'on ne sait comment, l'amanl d'une amie de sa mère M "' Mauperin, il nourrit le double projet d'épouser M11, Noémie Bourjot, la Qlle de sa maîtresse, el de joindre à son propre nom de Mauperin le nom de Villacourt, qui est celui dune terre possédée par les Mauperin dans la Haute-Marne. Que ce détail ne vous laisse pas indifférent, il est l'unique res>ort du drame.
M. Mauperin le père est fort blessé dans son amour-propre par l'espèce de dédain que son lils manifeste pour le nom paternel, e1 Renée partage ce mécon-
tentement. Elle a surpris le secret des
amours de son frère avec M"" bourjot.
et elle entreprend d'empêcher son maria;:
avec Noémie; c'est déjà trop de l'adultère
sans y joindre l'inceste. Renée s'explique
techniquement avec son frère sur ce point délicat : le débat s'envenime et
Henri, l'homme sérieux et posé, saisissant sa petite sœur par le poignet, l'envoie
rouler sur un meuble voisin.
Il est bien vite puni de sa brutalité; un individu farouche, sordide et hirsute, force la porte des .Mauperin au milieu d'une soirée littéraire et dansante, et il insulte Henri Mauperin, qu'il traite de voleur. Qu'est-ce que ce sauvage ? M. Anjorranl de Villacourt, le dernier des seigneurs lorrains de ce nom. Un duel est convenu.
H saute aux yeux que la réclamation de M. Anjorrant de Villacourt, laquelle forme l'unique péripétie de la pièce, est inadmissible dans le fond comme elle est inacceptable dans la forme. In nom de terre peut toujours rire relevé par
LES PREMIÈRES ILLL'STREES.
celui qui la possède, pourvu qu'il eu obtienne l'autorisation de la chancei du moins dans les temps modernes; sous l'ancien régime, celait un absolu qui n'avait besoin d'aucune sanction.
D'ailleurs, comment le descendant des Villacourt a-t-il eu connaissance de la requête présentée à la place Vendôme par M. Henri Mauperin? C'est qu'il en a lu l'avis officiel, et la feuille officielle, comment lui est-elle parvenue dans les bois qu'il habite? C'est que Renée la lui a envoyée sous bande, sans prévoir les suites de celte dangereuse espièglerie.
Le duel a lieu, Henri est tué raide, et Renée, en apercevant le cadavre de son frère, tué par son imprudence, tombe morte à son tour, frappée d'une embolie au cœur.
lerie, droil
Cette analyse succincte laisse pressentir le vide ou plutôt l'absence d'action, d'autant plus accentuée que .M,m Mauperin, M"" lîourjot et M"c Noémie Bourjot disparaissent successivement d'acte en acte, le translateur ayant tout coupé et tout sabré autour de Renée Mauperiu et de son ami Denoizel. L'intérêt de la pièce se trouve donc concentré sur ces deux figures typiques, et dans le duo, quelquefois charmant, de leur amour inavoué, qu'on devine à travers le cliquetis des paradoxes el des pointes bizarrement cherchés, qui ne sont pas toujours très frais ni très intelligibles. Par exemple, Denoizel prétend définir l'état psychique de Renée
RENÉE MAUPERIN. Ii;j
une mélancolie tintamarresque ». Le sens de ce substantif et de cet adjectif réunis m'échappe absolument.
La pièce de M. Henri Céard, accueillie par de chaleureux applaudissements, est très bien jouée dans ses principaux rôles. M" Cernj esl charmante sous les traits de Renée Mauperin. Son succès a été assez grand pour que je ne risque pas de le diminuer par quelques critiques : excès de pantomime et de gesticulations anormales ; une iîïlc de bonne maison peut être excentrique et même garçonnière sans avoir continuellement les bras et les jambes en l'air ; enfin, ce qui est plus grave, la trépidation excessive dont M"" Cerny était agitée précipitait, en certains moments, l'émission de sa voix, A à ce point qu'après un premier acte très écouté et très réussi, elle n'a pas fait comprendre un seul mot de son rôle au second acte. Elle s'est retrouvée au dénouement, où sa mort instantanée, dont la rapidité ne lui laisse même pas le temps de recevoir le premier et le dernier baiser qu'elle demandait à Denoizel, a été savamment rendue et littéralement acclamée.
M. Duményest parfaitement bien placé dans le rôle de Denoizel, qu'il rend plus sympathique et plus vrai que nature.
H. Laroche tient avec intelligence le personnage ingrat d'Henri Mauperin, bien que sa lèvre supérieure rasée et ses deux petits bouts de favoris rappellent plutôt la tenue celle d'un futur conseiller d'Etat.
L'unique scène qui compose le rôle de M"" Mauperin est jouée avec beaucoup de naturel et de vérité par M"" Marie Samary.
Les bouts de rôles sont tenus avec soin par MM. Jahan, Calmettes ; M"" Antonia Laurent et Laine.
AUGUSTE VlTU.
'un mattre d'hôtel nue
DISTRIBUTION DE LA CREATION
Denoizel . . .
HENni Mauperin
M. MuPERIN. .
VlLLACOlRT . . .
Dr liAROCSSE . .
MM. Dl MENY.
LAROCHE
CORNAGLIA.