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DEUXIÈME TABLEAU

La salle des fêtes chez le duc d'Albe. Un éblouissement. Celte salle, dans le style de la Renaissance flamande, est formée d'arcs surbaissés portés sur

colonnes rondes. Lue sorte de tribune, face au public, la coupe dans sa hauteur et surmonte une grande arcade qui fait séparation avec une autre salle plus grande et surélevée de quelques marches. A toutes les colonnes, écussons de fête et drapeaux. A gauche, un escalier de marbre blanc conduit aux étages supérieurs: ses rampes de porphyre se terminent par des lions héraldiques. Au bas, un trône élevé sur deux marches avec grand dossier aux aunes d'Espagne, vis-à-vis d'une porte dans un tambour de bois richement sculpté.

Ce tableau qui n'existe pas dans le drame est là pour les besoins du ballet. Pas d'opéra sans intermède chorégraphique. Celui-ci, sur lequel je reviendrai tout à l'heure, est amené de la plus ingénieuse façon. Au milieu d'un ravissant passe-pied, apparaît, derrière l'arcade du fond, un magnifique char, en forme de bateau, mâle, gréé et banderole comme les navires de l'époque, et traîné par des dragons et des chevaux marins. Entrée féerique. Le bateau passe entre les colonnes d'Hercule et symbolise l'Espagne traversant le détroit de Gibraltar.

Les deux décors de ce deuxième acte sont signés Etobecchiet Amable.

A signaler, comme clou musical, un délicieux madrigal dit par La Trémouille à Raphaële, et qui sera demain sur toutes les lèvres et sur tous les pianos.

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