VINCENETTE
Sylvain, le fils de maître Claude, uq des gros cultivateurs de la Cran, en a conté à Vinceoette.la filledeTItomé.un pauvre journalier qui travaillai tjustrtii<>iii <• 1m/ son père. Sylvain, un brave cœur, est prêta rendre l'honneur à celle
qu'il a séduite; il y est d'autant plus déridé que la pauvrette vient de lui annoncer, dans une des scènes les mieux venues de ce ravissant petit acte, que leur amour va avoir des suites. L'aveu est d'une délicatesse exquise. Vincenette est toute tristeelle si gaie d'habitude, elle ne répond plus comme autrefois au doux cbant de la mésange. Pourquoi? lui demande Sylvain. Et le pourquoi.
Vincenette le lui dit avec des larmes dans la voix: c'esl que la mésange, quand elle t'ait son nid. travaille avec son ami qui lui apporte ses plus gros brins de paille; c'est que lorsque les petits écloront, au retour du printemps, ils seronl deux pour leur donner la becquée et les voir essayer leurs jeunes ailes:...
tandis qu'elle, elle sera seule, seule pour pleurer, et pour élever son enfant, si la honte n'est pas la plus forte, et si elle lui survit.
Sylvain est atterré; il demandera séance tenante à son père la permission d'épouser Vincenette; oui, il sait bien que maître Claude rêve pour son iils des partis plus brillants; mais où trouvera-t-il un beau brin de tille connue Vincenette? qui l'aimera plus que la fillette qui lui a tout sacrifié ? Eh bien', si son père refuse-, son plan est tout tracé, ils s'enfuiront tous deux, et ils travailleront ferme, et quand leur enfant naîtra, garçon ou fille, comme la mésange ils seront deux pour orner son berceau et sourire à ses premières caresses.
Les amoureux en sont là de leurs projets quand entrenl maître Claude et sa femme. Justement Sylvain tenait Vincenette enlacée dans ses bras. A cent lieues de supposer la vérité et croyant a une simple
ébauche d'innocente amourette, maître Claude reproche à son fils sa conduite imprudente envers une jeune ûlle confiée a sa -aide ; Sylvain ré soin a tout, détrompe son père et lui demande carrément la main de Vincenette. Maitie Claude, suffoqué, essaye de raisonner son iils; mais celui-ci trouve
dans son ardent
amour des arguments qui touchent le cœur de sa mère, qui se range du côté de son fils et joint ses prières aux siennes, pour qu'il lui accorde d'épouser Vincenette. Cette défection surprend maître Claude :
— Mais toi-même, dit-il à sa femme, tout à l'heure, n'étais-tu pas démon avis?... ne disais-tu pas?... .
— Ah ! tout à l'heure, je n'étais pas grand'mère, s'écrie-t-elle !
Néanmoins le père tient bon et Sylvain part avec Vincenette; mais ils reviennent dix minutes après; maître Claude, furieux d'abord, s'est calmé peu à peu, et c'est lui qui dit au père T home qui veut maudire sa fille :
— Allons! Thomé, fais comme moi, ouvrelui tes bras et consens, toi aussi, à devenir grandpère! !
C'est Got qui jouait le rôle de maître Claude, il y a été superbe; le jeune Albert Lambert, qui est en train de se faire une jolie place à la Comédie française, a rendu admirablement le rôle de l'amoureux Sylvain ; M. Laugier est un père Thomé rude et convaincu; Mlu Pauline Oranger a tiré un parti excellent du rôle un peu sacrifié de M"" Marcelle-, enfin, j'ai gardé pour la bonne bouche MUe Reichemberg-Vincenette. — Quelle charmante artiste! quelle ravissante ingénue! comme la mésange, dont elle a merveilleusement dit le couplet, elle a la grâce et la douce voix.
Henry Kéroul.
DISTRIBUTION DE LA CREATION
Maître Ci m de.
Sylvain ...
Thomé