Les premiers almanachs canadiens [microforme]
Si le journalisme n'existait point, si le journal qui vient s'installer chaque soir au coin de notre foyer n'était plus là pour nous redire
les commérages de la journée, nous apprendre ce qui se passe de sérieux ou d'insolite sous la calotte des cieux et préparer ainsi de longue main les matériaux qui serviront plus tard à reconstituer l'histoire de notre pays, il nous resterait encore, dans notre indigence, une suprême ressource : l’almanach.
Plus sobre que le journal, son frère siamois, un peu moins indiscret que la gazette, mais tout aussi véridique, l’almanach n'a jamais nourri l'ambition de nous ouvrir des horizons infinis ni même de glaner, plus qu'il ne convenait à sa taille, dans l’immense champ des con naissances humaines. Opérant dans unesph ère
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plus modeste, il ne tient compte que des jours et des années, fait à certains moments la cour aux astres, régalo les m ‘nagères d’all‘chantes recettes qui feront la fortune de leur pot au feu, puis, par une heureuse diversion, enrogistre entre deux pr'dictions météorologiques une date mémorable, un fait historique. C'est là tout son rôle et c'est chargé de ce mince bagage qu'il se présenta pour la première fois. dans le monde.
La date de son entre en scène fut longtemps le sujet de vives disputes. La controverse ne s'alluma pas, il est vrai, au point de susciter une nouvelle guerre de Troie, mais l'on se battit bel et bien à coup d'arguments ot de chiffres. La paix se fit pourtant, les esprits se calmèrent et aujourd'hui l’on est d'accord à faire remonter la naissance de l’almanach au siècle et à l'année même qui virent éclore la grande découverte de l'imprimerie.
D'après Larousse, les premiers rédacteurs.
d’almanachs étaient astrologues et m:decins.
À ce double titre, ils ajoutèrent aux indications purement astronomiques des prédictions
relatives aux changements de température et aux événements politiques ainsi que des conseils hygiéniques, des recettes de médecine populaire et des notices, le plus souvent ridicules, sur une multitude de sujets.
Le premier almanach dont il soit fait mention portait ce titre singulier : Le grand compost et calendrier des Bergiers, imprimé à Paris par Guyot Marchand, l'an 1493, le VII jour d'avril. Il indiquait les fêtes de l’anne, contenait des observations astronomiques et des préceptes d'hygiène, d'agriculture, d'économie domestique, ete (1).
1—En quelle année fut publié le premier Almanach, c'est là ce qu'on ne sait pas d'une façon positive. Les bibliographes de profession, comme Brunet, fixent cette date à l’année 1493. Ludovic Lalanne a cité une édition du Calendarium, de Regio Montanus, donnés par l’imprimeur Radolt, à Venise, un Compotus manualis, daté de 1488, ainsi qu’un autre livre extrêmement curieux, qui a quelque ressemblance avec un almanach, bien qu'il n'en porte pas le titre, et dont la date de publication paraît être 1454.
Quoi qu'il en soit, le livre que l’on peut véritablement considérer comme ayant servi de fondement à tous les autres de même genre
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L'almanach, dit Victor Champier, dans une étude remarquable sur les anciens almanachs,
est celui qui parut sous ce titre : (y est le Compost et Kalendrier des Bergiers nouvellement refait et aultrement composé que nestoit par avant.—Finit le Compost et Kalendrier des Bergiers imprimé à Paris par Guiot Marchant... l'an M. CC CC. IIII. XX et ATII (1493) le XVIIIe jour d'avril, in fol.
signat. À. N., fig. en bois.
Toutefois celui-là même, comme l'indique son titre ‘“ nouvellement refait et aultrement que nestoit par avant, n'était pas le promier du genre ; il avait quelques prédécesseurs qui avaient servi de modèles. À la bibliothèque Mazarine on trouve, en effet, un Calendrier des Bergiers de 1491 du même Guiot Marchant et dont le titre comme le format est différent ; Cyest le Kalendrier des Bergiers, contenant trois choses principales, etc.—Puris, Guiot Marchant, 1491, in-80.
Peut-être en existe-t-il encore de plus anciens, Il convient de dire, n‘anmoins, que c'est celui de 1493 qui a servi de type à tous les autres parus à cette époque. On l’a réimprimé nombre de fois, et il & été littéralement copié cette même ann‘e 1493 par l'éditeur Antoine Vérard, pour sa belle édition, en 89 feuillets, ornés de 62 miniatures, qu'on voit à la Bibliothèque nationale. (Victor Chambpier, Les anciens almanachs illustrés, Paris, 1886).
ne devait pas tarder à adopter une autre for- (
me que celle des Composts de Beryers. “ Deve- LE
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les idées que le populaire accepte avec un l empressement d'autant plus grand qu'elles 1
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