‹ Les premiers éléments de la science de la couleurChapitre 14 sur 23 · TABLEAU V · texte numérisé non relu

TABLEAU V

De la dégradation de l’orangé-jaune.

§ 33. Cinq tons obtenus avec le ehromate de plomb. — Le tableau n“ V a pour but de montrer que d’autres matières colorantes se comportent comme le bleu de Prusse dans le cas où l’on en fait plusieurs tons.

Ici on a choisi pour exemple un orangé-jaune obtenu par le mélange des chromâtes de plomb rouge et jaune. Ce mélange a été ap[)liqué en couche mince et uniforme sur du calicot blanc.

Voici comment on a procédé : dans de l’eau épaissie par du mucilage de gomme adragante on a délayé les deux chromâtes en pâte ; le litre de ce mélange renferme :

191 grammes de ehromate rouge ;

196 grammes de ehromate jaune ;

Soit 387 grammes de matière colorante.

On l’a imprimé au rouleau en fond uni.

Le restant de la pâte a été délayé ensuite dans son propre volume d’eau d’adragante incolore ; le mélange nouveau imprimé à son tour a donné le ton n° 2 du tableau V.

On a fait de même les tons n° 3, n° 4, n° 5 en étendant chaque fois la eouleur restante avec son volume d’épaississant, de telle sorte que la quantité de matière colorante contenue par litre décroît dans le rapport de 1 : y : f : ^

Ce poids est de grammes pour le ton 1 » » ^ = 193gr,5 » 2

§ 34. CoMPLÉMExNTAiRES DE CES CINQ TONS. — Les cinq toiis de l’orangé-jaune étant ainsi obtenus, on a cherché la complémentaire de chaeun d’eux.

Dans ce but, on a tait peindre d’avance un grand nombre de feuilles de papier représentant les intermédiaires entre le vert et le bleu. On s’est servi, pour plus de facilité d’exécution, de matières colorantes couvrantes.

A l’aide des disques tournants, il a été facile de trouver parmi ces feuilles celles qui représentent les complémentaires.

Dans le tableau V elles se trouvent eollées en regard des tons correspondants. Je fais observer que si la eouleur du ton 11“ 1 n’est pas ebangée par le fait de la dilution, tous les cinq tons auraient eu une seule et môme eomplémen taire.

Mais un simple coup d’œil jeté sur le tableau montre qu’il en est autrement ; à chaque ton correspond une autre complémentaire, et en les comparant entre elles on est fi-appé de la régularité avec laquelle la moditieation de la couleur s’est faite. Le plus verdâtre de ces bleus correspond au ton le plus foneé ; le plus violacé correspond au ton d’orangé-jaune le plus clair. Ce qui veut dire que l’orangé-jaune le plus foncé est plus voisin de l’orangé et que le plus clair est d’une couleur plus rapprochée du jaune. Les autres ont des valeurs intermédiaires.

§ 35. Changement de couleur des matières colorantes vues sous DIFFÉRENTES ÉPAISSEURS. — Le mélange des chromâtes de plomb a changé de couleur à mesure (ju’il a été appliqué en couches plus minces sur le calicot, et la modification a eu lieu dans un seul et même sens, la couleur foneée étant plus rougeâtre que la couleur claire; phénomène (pie nous avons déjà constaté pour le bleu de Prusse.

Je puis ajouter de suite, (pi’il est général.

Toutes les matières colorantes que j’ai essayées, et elles sont nombreuses,, se comportent de même : Les tons clairs sont plus verdâtres que les tons foncés ; il y a des difiérences d’une matière

TABLEAU YI

colorante à rautre; chacune se comporte d’une manière qui lui est propre. Je dois dire, cependant, que le phénomène est prestpie nul pour les matières rouges et certaines matières vertes, ainsi qu’on pouvait, d’ailleurs, s’y attendre.

Je ne chercherai pas à expliquer ces faits remarquahles dans ce moment. Je veux uniquement y appeler l’attention, car il importe de ne pas les perdre de vue.

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