‹ Les premiers HabsbourgsChapitre 102 sur 248 · I. Rapport de Giacomo Soranzo, Fiedlcr, p · texte numérisé non relu

I. Rapport de Giacomo Soranzo, Fiedlcr, p

RÉSULTATS 1)1" RKGNK DE FERDINAND 2o3

Parmi les sujets de Ferdinand, écrivait peu de temps auparavant un ambassadeur vénitien, les Allemands aiment le roi et ne le craignent pas, les Tchèques ne l'aiment pas, mais le craignent « à cause des sévères châtiments qu'il leur a infligés lors de la dernière rébellion; cependant, cette crainte commencée s'atténuer » \ les Hongrois ne l'aiment ni ne le craignent. Les envoyés de Venise, sous la forme un peu enveloppée qui leur est ordinaire, résumaient avec leur pénétration accoutumée les résultats caractéristiques du règne de Ferdinand. — Pendant la plus grande partie de sa vie, il n'avait été en Allemagne que l'exécuteur docile des volontés de Charles-Quint. Devenu Empereur sur le tard, après que son frère avait définitivement échoué à soumettre les Luthériens, il avait accepté de bonne grâce le fait accompli et les Allemands lui savaient gré de sa résignation et de sa tolérance. En réalité, c'était à la domination de l'Allemagne qu'il renonçait. Le Saint-Empire Romain-Germanique finit avec Charles-Quint; l'autorité du souverain, depuis longtemps minée par l'extension de la puissance des princes, ne pouvait plus être qu'un souvenir, du Jour où la grande majorité des sujets se réclamait d'une autre foi; si les Électeurs protestants consentirent sans grande difficulté à donner leurs voix aux Habsbourgs, c'est que leur liberté n'avait plus rien à craindre. Les anciennes formules subsistaient, mais elles ne répondaient plus à rien. Le jour du couronnement, l'Empereur, la couronne sur la tête et le globe en main, recevait le serment de ses vassaux agenouillés ; mais leur fidélité était aussi réelle que la suzeraineté du successeur de Charlemagne sur le royaume d'Arles ou l'Italie. Les contemporains ne se rendent jamais un compte très exact des révolutions qui s'accomplissent, et Ferdinand n'avait sans doute pas prévu les suites dernières de la paix d'Augsbourg. Il est incontestable du moins qu'il poursuivait dès lors un tout autre idéal que son prédécesseur. Non certes qu'il abdiquât

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