Id., p. lyo
DIÈTE DE iSjS 279
cations, d'adhérer purement et simplement à la Confession tchèque, déclarèrent seulement qu'ils voulaient marcher unis avec les autres Protestants.
Cette entente extérieure suffisait à la rigueur pour que les Évangélistes forçassent la main au roi ; il n'était plus fondé à leur opposer leurs divisions intestines. En même temps que leur Confession, ils présentèrent au roi un projet de réorganisation ecclésiastique. A la tête de l'Église tchèque, un Consistoire, composé d'un Administrateur et de conseillers, serait nommé par les États; il serait assisté de Défenseurs laïques élus aussi par la diète et qui auraient pour mission de le surveiller et de le protéger. Du Consistoire national relèveraient des consistoires provinciaux. La nomination des curés continuerait à appartenir aux patrons, mais elle devrait être approuvée par l'autorité ecclésiastique. Les prêtres seraient consacrés par l'Administrateur.
On nous a accusés, disait la pétition des États, de n'avoir pas tous la même foi ; dans toutes les choses essentielles les Frères sont étroitement unis avec nous; nous ne voulons ni les opprimer ni les forcer à abandonner leur religion, mais, tous ensemble, nous supplions humblement Votre Majesté d'étendre sur nous tous sa main protectrice et de nous permettre de servir Dieu librement et publiquement suivant notre foi ' (18 mai ibjb).
Maximilien accueillit avec une bienveillance ironique les Évangélistes : ils avaient beaucoup travaillé, beaucoup noirci de papier; ils lui accorderaient bien quelques jours pour réfléchir. — Suivant sa tactique ordinaire, il demanda l'avis du pape, de l'Électeur de Saxe, des Catholiques, du Consistoire utraquiste, de Jeande Waldstein; il était assez inutile de solliciter des réponses bien connues d'avance, mais il y gagnait toujours quelques jours. Le Consistoire utraquiste et Jean de Waldstein attaquèrent avec véhémence les progressistes et dénoncèrent les rebelles qui voulaient enlever au roi la nomination du grand conseil de l'Eglise