‹ Les premiers HabsbourgsChapitre 159 sur 248 · Rybitchka, Tcliasopis, 1880. p. 8g · texte numérisé non relu

Rybitchka, Tcliasopis, 1880. p. 8g

'5. Id., p. 107.

ByO SERFS ET SEIGNELRS

monte à la tête des nobles, éveille leur cupidité; enragés de plaisirs, ils sont prêts à tout pour conquérir les charges lucratives. Les bouleversements leur plaisent parce qu'on y pêche en eau trouble. Lorsqu'ils ne frémissent pas à la pensée des catastrophes que leur avidité va déchaîner sur le pa3^s, hésiteront-ils à extorquer à leurs serfs l'argent dont ils ont besoin? Les fortunes les plus solides ne résistent pas longtemps à ce gaspillage : il faut recourir à des emprunts, les intérêts s'accumulent, la gêne du maître le rend exigeant et dur '.

Les nobles essayent de rejeter sur le peuple tout le poids des charges publiques : pendant un quart de siècle, ils ne payent pas l'impôt -. Les laboureurs, enfermés dans un cercle infranchissable de règlements arbitraires, ruinés par des taxes toujours plus lourdes et mal réparties, se découragent et s'abandonnent. Les synodes des Frères se plaignent qu'un grand nombre de fidèles adoptent des métiers dangereux, ouvrent des cabarets : ils n'osent cependant pas les condamner trop rigoureusement : il faut bien vivre, les temps sont durs. Le seigneur de Trzébitse accorde une charte à ses paysans, parce qu'il a reconnu « qu'il y a chez eux un grand malêtre ^ ». Les déclarations de la diète de 1574 sont navrantes : la diète voterait-elle l'argent que lui demande Maximilien, il serait impossible de le percevoir; « les habitants sont absolument sans ressources ; dans les régions montagneuses, beaucoup de sujets meurent de faim, donnent leurs enfants à des étrangers en les suppliant de les garder, pour qu'ils ne meurent pas

1. Je le répète, chaque phrase a besoin d'un correctif. Les exigences des maîtres sont relatives. Les grands seigneurs ne sont pas cruels, tant s'en faut, et ne demanderaient pas mieux que d'améliorer la situation de leurs laboureurs : mais, le plus souvent, ils n'en ont ni le loisir ni les moyens. La condition nécessaire de la générosité vis-à-vis des pauvres est la modération des besoins et l'ordre dans l'administration. Il y a à ce point de vue une analogie frappante entre la noblesse tchèque au xvi° siècle et la noblesse française au xviii° siècle. Ce n'est pas par avidité que les courtisans sollicitent des pensions, mais parce que leurs dépenses sont excessives.

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