‹ Les premiers HabsbourgsChapitre 166 sur 248 · Brzézan, p · texte numérisé non relu

Brzézan, p

tent en rien. Le biographe de Rosenberg le loue de dépenser pour ses livres ou ses collections plus d'argent que les princes italiens ou allemands pour leur cour ou leurs mercenaires. Certes, nous admirons la générosité du prince et sa bibliothèque de dix mille deux cent quinze volumes qui était rare et précieuse : à certains moments cependant, les soldats sont plus utiles que les livres. La Bohême avait été invincible, tant qu'elle avait eu une armée nationale ; dans la révolte contre les Habsbourgs, on ne saurait même pas dire qu'elle fut vaincue, elle fut absente du champ de bataille ; elle crut assez faire en soldant quelques milliers de mercenaires, ne sut pas trouver d'officiers pour les encadrer et de général pour les commander.

Ces mercenaires, encore fallait-il les payer. Il est évident que, dès qu'il ne s'agissait plus d'une levée en masse, mais d'une guerre ordinaire, conduite suivant les procédés habituels, les révoltés, obligés d'improviser leur outillage, avaient un désavantage marqué, et leur situation était d'autant plus critique que leurs souverains auraient derrière eux l'Espagne, la papauté et les puissances catholiques en général. Il n'eût pas été impossible cependant de rétablir l'équilibre, — au moins dans une certaine mesure, — par des sacrifices matériels. Malheureusement, la situation financière, sans être aussi désespérée que la situation militaire, était loin d'être bonne.

La longue paix dont avait joui le royaume avait dû favoriser les progrès de la fortune publique. — Stransky, après avoir énuméré avec complaisance les revenus énormes d'un grand nombre de seigneurs et les deux, trois ou quatre mille paysans qui cultivaient leurs domaines, en conclut que les Catholiques n'auraient jamais été victorieux si, comme le devoir et même l'intérêt bien compris l'exigeaient, les Evangélistes avaient sacrifié leurs biens à la patrie et à la foi '. — Il n'est pas douteux qu'il n'y eût alors en Bohême un assez grand nombre de grosses fortunes. A

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