Rieger, p
2. Status et communitas illiiis vegiii non ex aliquo débita, sed... eam electionem eligentes, nos in regeni Boliemiœ ex libéra et bona voluntate ipsonim hoc fecevimt. — Cité par Kalousek, Droit d'État boh., p. ig8.
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dans le mcmc document, de façon à provoquer une certaine confusion. Le 21 juin 1341, un épouvantable incendie éclata à Prague et détruisit la plus grande partie de la Mala- Strana ' et le château royal: les Tables du Pays, (lesarchives publiques et privées de la Bohême), furent dévorées par les flammes, La diète essaya de réparer le désastre et de reconstituer autant que possible les documents disparus. Ferdinand jugea l'occasion bonne : il demanda aux Etats de revenir sur la décision en vertu de laquelle il avait été librement élu et de ixconnaître le droit héréditaire de sa femme. En fait, le changement était insignitiant, — mais il atteignait les Seigneurs dans une de leurs prétentions constantes, celle de transformer la monarchie en royauté élective, et, de plus, que valaient les anciennes chartes, si les privilèges les plus solennels étaient ainsi mis en question ? L'Assemblée était déjà très mal disposée : les impôts étaient lourds, les passions religieuses fort excitées. Les États n'osèrent pas cependant repousser la proposition royale.
Qu'il ne fallût pas toujours compter sur de semblables aubaines, Ferdinand ne se le dissimulait pas. Aux périodes de prostration succéderaient des périodes de révolte : il n'avait à ce propos aucune illusion, mais pensait qu'il est toujours plus aisé de maintenir que de conquérir, et, prévoyant le combat, s'arrangeait pour le livrer dans de bonnes conditions. Le signe des véritables hommes d'État est que les obstacles mêmes leur servent pour arriver à leurs fins. Le péril turc et la nécessité de veiller en même temps aux intérêts fort compliqués et souvent très divergents de ses diverses provinces semblaient favoriser contre lui l'oligarchie tchèque : le roi sut au contraire trouver dans ces difficultés une force et un point d'appui.
Les Etats bohèmes avaient beau se désintéresser toujours plus de la politique extérieure, les nécessités de la situation leur imposaient certains sacrifices. Ils auraient
I. Le Petit-Cote. On appelait ainsi la cité qui s'était construite sur la rive gauche de la Vltava (Moldau).
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volontiers abandonné les Hongrois à leur destinée, mais les frontières du royaume étaient déjà menacées par l'invasion musulmane. Le roi ne les convoquait pas une seule fois sans leur demander des secours : ils se lamentaient, protestaient contre les charges qui devenaient en etfet écrasantes, et, de guerre lasse, cédaient. Les recrues que fournissait la Bohème étaient médiocres, quelques bons cavaliers, d'excellents soldats du génie, mais des fantassins peu disciplinés ' ; ce n'était pas le courage qui manquait aux Tchèques, mais l'habitude de la guerre et une bonne organisation militaire ; ils formaient de redoutables bandes de partisans, mais leurs bataillons improvisés ne résistaient pas au choc des Turcs. Les levées se faisaient mal; aucune règle uniforme : les uns donnaient des hommes, les autres se rachetaient; les Etats se réservaient une certaine autorité sur l'armée, exigeaient que le roi ne nommât les chefs que sur leur avis -. Ce n'était pas avec ces milices féodales qu'on arrêterait les Ottomans. Aussi Ferdinand préférait-il beaucoup obtenir de l'argent pour entretenir des mercenaires.
Double avantage: l'armée qu'il formait ainsi était bien à lui, n'obéissait qu'à ses ordres; pourvu que la solde fût payée, elle marchait où on l'envoyait et combattait ceux qu'on lui désignait. Ce n'était pas des troupes hongroises ou tchèques, mais une armée autrichienne : contre les rébellions possibles, ces soudards sans religion et sans patrie étaient l'instrument passif de la volonté du souverain. On a dit très justement que l'Autriche était une diplomatie plutôt qu'un État; elle était dès lors aussi, elle est encore surtout une armée.
Et, en même temps, l'entretien de cette armée entraînait la création de finances régulières. Avant Ferdinand, les dépenses publiques étaient en général couvertes par les revenus des domaines de la Couronne ou les redevances