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rémonies les changements que désiraient leurs ouailles.

Dans les villes où le Catholicisme avait résisté plus longtemps, le changement était plus apparent encore. L'attitude de Plzen, Boudjéovitse, Most, Ousti et Cheb en 1547, prouve que jusqu'à ce moment elles étaient demeurées réfractaires à l'hérésie; en vingt ans, tout change. En i56i, un pasteur protestant prend possession de la principale église de Cheb; en i562, les hérétiques et les ministres évangéliques sont si nombreux à Ousti que les sous-chambellans croient nécessaire d'intervenir, — fort inutilement du reste; au bout de quelques années, la ville rompra toutes relations avec le Consistoire et passera officiellement à la Réforme '. Deux villes en tout restent catholiques, Plzen et Boudjéovitse : mais, perdues au milieu d'un pa3's complètement gagné au Protestantisme, leur défection n'est plus qu'une question de temps. Déjà l'ennemi est dans la place. A Plzen, on n'observe pas les fêtes consacrées, et les habitants veulent prescrire à leurs curés certaines innovations dans le service divin, la messe, la confession. A Boudjéovitse, les Protestants sont ensevelis en terre sainte; réprimandé, le prêtre qui a assisté aux cérémonies s'excuse par les menaces dont il a été l'objet, les ordres des magistrats 2. Le zèle du nouvel archevêque de Prague n'enraye pas plus le mal que les ordonnances royales. Les règlements sur l'imprimerie ne sont plus observés et les livres hérétiques sont répandus partout. En i562, un certain Gelastus, prêtre utraquiste zélé, veut en quelque sorte forcer la main au souverain et réveiller sa surveillance endormie; d'accord avec quelquesuns de ses collègues, il cite devant le Tribunal du roi une

1. Wolkan, Beitrœge ^u einer Gesch. der Rcform. in Bœhm., p. 4, 9 et sq. Dans cette région de Ousti, Teplitse et Kroupiia (Graupcn), écrit le jésuite Jean Miller, l'hérésie a fondé une série de nids et souillé de son venin tant de disciples, — comme en général l'ivraie grandit vite et facilement, — que, en quelques années, on trouva dans les villes, les villages et les bourgs plus de mauvais que de bons chrétiens.

2. Borovy, Antoniyi Brous de Mohelnitsc {^\u.s,\\\.z) archevêque de Prague, (en tchèque), p. 114; Prague 1873. Les travaux de M. Borovy constituent une des plus précieuses contributions à l'étude de la situation religieuse en Bohème à la fin du xvi' siècle.

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trentaine de prêtres, et parmi eux les titulaires des plus importantes cures de Prague ou des principales villes. L'hérésie est partout, dit-il dans son acte d'accusation, à l'Université où presque tous les professeurs enseignent les doctrines luthériennes, dans le Consistoire qui trahit la cause qu'il est chargé de défendre, dans les conseils municipaux, à la diète, parmi les grands officiers. En général, ceux qu'il dénonçait ne contestent pas les paroles qu'on leur reproche, et Ferdinand n'ose même pas les condamner, ajourne sa décision, ne protège pas sans peine Gelastus contre les représailles '.

Et les villes dans lesquelles se propageait ainsi ouvertement l'hérésie, étaient sous la surveillance immédiate des capitaines ro3^aux, encore sous le coup de la terreur de 1 547. Par ce qui se passait dans leurs murs, on devine sans peine ce que se permettaient les seigneurs. Il n'est pas possible d'entrer dans le détail infini des incidents, mais les actes du Consistoire et les Missives de l'archevêque permettent d'affirmer que dans les vingt années qui s'écoulent de i555 à 1 575 la Bohême se convertit réellement au Protestantisme : alors s'accomplit définitivement la transformation commencée de i52D à 1545 et interrompue pendant une dizaine d'années.

Les seigneurs ont moins de scrupules encore que les bourgeois : tous les moyens leur sont bons pour chasser les curés qui leur déplaisent, injures, menaces, confiscations, violences même. — Le curé de Rokytsany se plaint qu'on a voulu le forcer à sonner la cloche et à dire la messe pour la fête de Hus, « le patron de la Bohême » ; à plusieurs reprises, il a couru risque de la vie. D'ordinaire, les choses ne prennent pas une tournure aussi tragique : les nobles se contentent de mettre la main sur les revenus ecclésiastiques, confisquent les biens du curé, encouragent les paysans à ne pas payer les dîmes, leur partagent même quelquefois les domaines de l'église. Les curés

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