LES MARCHANDS
Attention, l'heure approche. . .
Les écoliers vont venir.
Au premier coup de cloche Le collège va s'ouvrir»
Les élèves arrivent, chaque marchand lui propose sa marchandise,
— Achetez un tire-ligne,
— Un beau canif, un grattoir,
— Des plumes d'oie ou de cygne,
— De l'encre du plus beau noir!
— Un bouquet de violettes
— Achetez des tartelettes,
— Prenez vite des gâteaux,
Ils sont tout frais et tout chauds.
Pendant le chœur, Conti arrive par le fond à gauche, vivement, suivi de Harpin et de deux domestiques en grande livrée, dont l'un tient ses livres et l'autre un parasol ouvert sur sa tête.
HARPIN, essoufflé^ s' essuyant le front *.
Monseigneur, était-ce la peine De courir au triple galop. . .
Et de nous mettre hors d'haleine, Pour arriver beaucoup trop tôt?
CONTI, voyant les écoliers qui jouent.
Ah! tiens! on Joue à la toupie...
Je veux jouer aussi...
* Harpin, Conti.
HARPIN, lo retenant.
Fi, monseigneur!
Le peuple toujours vous épie...
Vous leur feriez trop grand honneur!
CONTI, innpatient.
Non, non, vraiment, ce n'est pas vivre.. Que de passer soir et matin, Entre ce pédant et son livre, Pour faire de mauvais latin !
Hx\RPlN, le retenant de nouveau.
Mais, monseigneur...
CONTI, sévèrement. '
Monsieur Harpin?
COUPLETS
Il faut enfin, vous rapprendre!...
N'espérez plus me cacher Que l'oreille est pour entendre.
Et la jambe pour marcher!
Si j'ai des yeux, c'est, je pense, Pour regarder devant moi, Le pied est fait pour la danse, Le cœur... je saurai pourquoi?
Je ne suis point une fille, \ Je veux vivre à ma façon! i D'être libre enfin, je grille, > Traitez-moi comme un garçon, I Traitez-moi comme un grand garçon! ;