ACTE TROISIÈME
HARPIN.
Oh! la î la! monseigneur!
LA ROSE, surpris.
Monseigneur?
CONTI, haut, à Harpin.
Savez-vous ce qu'elle m'a valu ce matin, la belle éducation que vous me donnez?... de me faire bafouer, par d'honnêtes bourgeois, souffleter par une jolie fille et...
(Frappant sur l'épaule de La Rose, )cOrriger à COUpS d'épée par UH
soldat de mon propre régiment!...
HARPIN, effrayé.
Un duel!...
LA ROSE, aliurl.
Avec mon colonel.
Il se met au port d armes, CONTI, lui montrant sa main.
Et voici le cachet de la le(;on, monsieur Harpin.
HARPIN.
Ah ! monseigneur!... je vous admire.
CONTI
Je vous défends de m'admirer !
HARPIN, les bras levés.
Mon enthousiasme !.. .
CONTI
Je vous défends l'enthousiasme. (Harpin rabat les mains piteusement.) Et si vous voulez que je vous pardonne, vous allez m'aider à réparer toutes mes sottises de ce matin et à me réhabiliter aux yeux de ces braves gens. Il n'y a plus ici de monseigneur. Il n'y a plus que monsieur Harpin, tonnelier au faubourg Saint-Antoine, et son neveu Gabriel qui vient d'être surpris, par son oncle, en flagrant délit d'école buissonnière.
HAUPIN.
Mais, monseigneur...
CONTl, reprenant ses livres.
Allons, dépêchons! faites semblant de me corriger, criez... pestez... jurez!... et attirez ici tout le monde! Y tommes-nous?
HARPIN, se relevant.
Oui, monseigneur!.. Polisson!
CONTI, surpris d'abord.
Hein !
LA ROSE, saillant sur lui et le bourrant de coups de poings.
Comment... drôle, vous vous permettez... mon colonel?
HARPIN, bourré par La Rose.
Mais puisque c'est lui qui l'exige...
LA ROSE; s'arrêtant.
Ah ! oui , pardon. Ça ne compte pas ! je retire tout ce quej'ai dit.
HARPIN, se frottant et faisant la grimace.
Merci !
CONTI
Allons ! marchez ! ...
HARPIN.
Scélérat, bandit !
S'arrêtant .
LA ROSE
Mon colonel me permet-il ?
CONTI , frappant sur les mollets de Harpin avec la courroie de ses livres
Oui ! oui!
LA ROSE
Marchez donc!! et des jurons! chaud! chaud!
HARPIN, il remonte et crie vers le quinconce.
Et des jurons !... mille tonnerres de tonnes de tonneaux !