‹ Les prés Saint-Gervais, opéra-bouffe en trois actesChapitre 96 sur 106 · DUO · texte numérisé non relu

DUO

Monsieur, je crois que c'est mon verre Que vous venez de prendre là.

CONTI

Ne vous montrez pas trop sévère, Qu'est-ce que c'est que ça ?

FRIQUETTE, à part.

C'est vrai, c'est peut-être sévère.

Haut.

Oui, pass' pour ça.

CONTI

J'y prends le baiser que ta bouche * De ses deux lèvres y laissa !

Il cherche à lui prendre la taille, FRIQUETTE.

Eh! mais, voilà qui m'effarouche, Non, non, pas d'ça.

* Friquette Conti.

Conti, Friquette.

LES PKÉS SAINT-GERVAIS CONTI

Quoi! se peut-il qu'on s'effarouche Pour si peu qu' ça?

FRIQL ETTE.

Non, non, pas d'çà.

CONTIj lui prenant la main.

Après tout, est-ce un si grand crime Qu'un baiser sur cette main-là?

Puisqu'avec respect il s'exprime, Oui, pass' pour ça.

CONTI, se rapprochant.

Mais aussi sur ce cou d'albâtre, Je voudrais... qu'est-ce que cela?

FRIQUETTE, se dégageant.

Souffrez un pas, on en fait quatre, Non, non, pas d'ça.

CONTI, ensemble.

Pour si peu, faut-il donc combattre.

Qu'est-ce que c'est qu'ça?

CONTI, plus sérieux.

Eh bien! Friquette, il faut donc le dire. Je meurs d'amour, et, sous mon air moqueur. Il est une âme ardente, qui soupire, C'est le printemps qui s éveille en mon cœur.

FRIQUETTE.

C'est singulier, sa voix n'est plus la même, Et ses accents me troublent malgré moi.

CONTI, passionné.

Je n'ose plus te dire que je t'aime, Mais à présent je ne vois plus que toi !

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