SCÈNE II
FRIQUETTE, GRÉGOIRE*.
FRIQUETTE, en camisole.
Bonjour/ voisin!
GRÉGOIRE, trempant son pain.
Bonjour, mam'zelle Friquettel
FRIQUETTE^ de même.
Voilà une jolie journée de printemps, n'est-ce pas?
GRÉGOIRE
Oh! il fera chaud tantôt!... Je ne vous demande pas si vous allez bien!... Vous êtes fraîche comme une rose!... et gaie!... c'est une joie de vous entendre chanter du matin au soir!...
FRIQUETTE, même jeu, galment.
Et pourquoi ne serais-je pas gaie, voisin, avec ma santé, une figure pas trop laide, la boutique de fleurs la mieux achalandée de tout le quartier Saint-Michel, pas de mari?... pas d'amoureux?...
* Grégoire, Friquelte.
GRÉGOIRE, se récriant.
Oh! ob ! oh ! pas un petit, tout petit ?...
FRIQUETTE.
Oh ! mais, — pas ça ! —
GRÉGOIRE
Ça complète si bien une jolie fille !
FRIQUETTE.
Non, non!... je veux être ma maîtresse!...
GRÉGOIRE
Ce n*est pds faute de soupirants, toujours!...
FRIQUETTE.
Oh ! des enjôleurs !... mais moi, tout pour le sentiment !... et celui qui me plaira! £b bien, voilà!... Je vais retirer mes volets. ^
Elle ya poser soa bol sur sa fenêtre et commence à ouvrir ses yolets. GRÉGOIRE, déposant vivement son bol et allant pour l'aider.
Attendez que je vous aide!..
FRIQUETTE, continuant.
Non ! non ! vous avez assez des vôtres !. . .
GRÉGOIRE
Nous n*ouvrons pas ce mutin.
Il prend la place de Friquette et ouvre ses- volets. FRIQUETTE, surprise.
Bah!
GRÉGOIRE, continuant.
Non ! c'est aujourd'hui la fête de monsieur Nicole, mon patron '
FRIQUETTE.
Ah ! c'est donc ça que vous êtes frisé de si bonne heure!...