pet
1) Au mois de mars 1899 nous apprenons que le Gouvernement à Calcutta a proposé au Pouvoir législatif des Indes anglaises l'établissement de droits compensateurs et que cette proposition a été acceptée.
2) Die deutsclie ZuckerindustriCf numéro du 17 mars 1899 (statistique du marché, no 11, p. 138).
En résumé, on peut constater que le sucre colonial a largement profité de la législation américaine. Malgré la très forte diminution de la production sucrière de l'île de Cuba, les importations du sucre de canne à New- York se sont toujours continuées de plus belle 1). Ce sucre, préférant le marché américain, a en d'autres parties du monde cédé à son rival européen un marché moins rémunérateur.
Mouvement des 3. Au commencement de l'ère des droits diffépnx des deux su- pentiels, leur influence sur les prix des sucres rivaux a été à peu près nulle. Il existe dans les Etats- Unis un syndicat de raffineurs („sugar refining trust"); s'étant largement approvisionné d'avance, ce syndicat réussit à acheter pendant la seconde moitié de l'année 1897 à de très-bas prix le sucre de canne, dont les détenteurs épars se défirent à la hâte. Le 5 novembre 1897 les fameux commerçants de sucre, MM. Czarnikow, Mac Dougall & Co. à New-York, écrivaient encore dans une circulaire imprimée : „Les sucres de "banne n'ont pas encore bénéficié des droits ., différentiels sur le sucre de betterave, les prix ayant gardé „entre eux la même proportion". Cependant au fur et à
ores rivaux.
1) L'île de Cuba, qui en 1895 importa environ 2.200.000.000 livres dans les États-Unis, importa en 1897—1898 seulement 494.000.000 livres. Cet énorme déficit est principalement suppléé par les sucres coloniaux, provenant des Indes orientales, des Indes occidentales et de l'île de Hawaï.
Les importations de sucre aux Etats-Unis ont été (en livres américaines) :
1 oct. 1897- 31 sept. 1898
oct. li<96 — sept. 1897
oct. 1895sept. 1896
Sucre de betterave
Sucre de canne
Sucre au dessus de no 16
total en sucre brut en tonnes . . -
mesure que les stocks furent consommés, le prix du sucre monta à NeM^-York, et ce n'est qu'à un certain niveau de prix que la betterave put y entrer en concurrence avec la canne. En date du 28 novembre 1898 M. Czarnikow de Londres écrivait à un de mes amis : „I1 est prouvé par les „ mercuriales que les Etats-Unis, selon le tarif actuel et dans „le commerce régulier, achètent rarement le sucre de betterave „à moins que ce sucre ne se vende à un prix inférieur de „2 sh. 3 p. (sans impôt) à celui du sucre de canne, polari- „sant 96°; ces 2 sh. 3 p. se composent de 1 sh. 3 à raison „des droits compensateurs et de i sh. à raison de la diftc- „rence de polarisation". Je publie ces paroles avec l'autorisation de l'auteur. Or, cette différence de 2 sh. 3 p. par Cwt. (ôO^a kilog.) constitue 2V2 marks par 100 kilos ou le droit compensateur à la prime allemande.
A l'île de Java, le marché du sucre a recueilli les bénéfices de la politique américaine. Le prix des muscovados (89") s'y est élevé. Tandis que à Soerabaya en octobre 1897 le prix était de S^/g fi. à 6 fl. par pikol (= 61.76 kilos), on mande en novembre 1898 des prix de 7 florins 1), ce qvii trahit une hausse de 16 à 20 pet. En même temps, à Magdebourg, le prix du sucre de betterave 2) montait de 9.40 marks (16 octobre 1897) à 10.50 marks (17 octobre 1898) et à 10.30 marks (16 janvier 1898), ce qui fait une hausse de 0 à 11 pet. Si, malgré cet avantage dont la politique américaine fait de nos jours jouir le sucre de canne, les planteurs des Indes orientales et occidentales insistent pour la suppression des primes, c'est (comme l'a fait observer M. Nevile
1) Au journal hebdomadaire de Indische Mercuur, numéro du 4 février 1899. Le prix du sucre javanais à Soerabaya (no 1 1 —14) était le 28 déc. 1898 de 7 florins.
2) Voir la statistique des prix à Londres, à Paris et à Magdebourg, — avec cartogramme — , dans la deutsche Zuckerinduslrie, numéro du 7 octobre 1898.
LuBBOCK dans la deutsche ZucJcerindustric du 2 décembre 1898) parce que la politique américaine pourrait changer, notamment si un beau jour la i^roduction indigène des États-Unis suffisait aux besoins du pays, cette politique étant inspirée par le protectionnisme 1).
1) Le tarif des droits compensateurs des Etats-Unis pour la campagne de 1898 — 1899 se trouve reproduit en détail dans l'annexe de cette étude. Nous lui empruntons les données suivantes, en nous bornant aux sortes principales: