Revue de T Art, 1909 (1), p
2. Dibdin (Th. -Fr.), The bibliographical Decameron, Londres, 1817, 3 vol. in-8, t. III.
Fig. 67. — Frontispice du Liore des Privilèges de Majorque, signé par Romeu Despoal,
(Archives municipales de Palma.)
LES CORPORATIONS LAÏQUES (ia6o-i39i)
Ce nom de Grise, nous le retrouverons dans un siècle, à Bruges, où un Jacques de Gryse, sera vinder des maîtres enlumineurs en i4a6, 1428, i43o‘.
L’année 1 3 3 9 voit une innovation fort importante. Jusqu’alors les copistes seuls ont payé une taxe. A ce moment les enlumineurs fusionnent avec eux et entrent dans la famille universitaire8.
Rien ne sépare donc plus le scribe du miniaturiste et dès lors on ne saurait expliquer pourquoi le scribe « lorsqu’il lui arrivera d’inscrire son nom dans une souscription finale, ne se préoccupera jamais d’y associer le nom de l’enlumineur. » Leurs privilèges étaient en cllet parfaitement égaux, car les uns comme les autres suivent depuis celte date les destinées des membres de l’Université3.
Le nom de Geffroy de Saint Ligier que nous lisons dans la Bible enluminée le 5 juillet i346, de la bibliothèque Sainte-Geneviève (af. 2), n’est ni dans une miniature, ni à la fin du volume, ni suivi de me illuminavit. Mais comme plusieurs miniatures sont marquées d’un G et que la signature de Geffroy de Saint- Ligier est aux fi” 37 v° et 56, tous les bibliographes le regardent comme l’enlumineur du manuscrit. Certes, c'est un miniaturiste ordinaire; néanmoins dans son Adam et Eve chassés du Paradis terrestre (L 10 v°) (fig. 68), nous voyons une technique intéressante. Moins fine que celle de Pucelle dont elle est tout à fait différente, elle tient beaucoup plus de la fresque que de la miniature. A ce point de vue très particulier, il était indispensable de la reproduire et d’insister sur son importance.
Fig. 68. — Une des pages enluminées par Geffroy de SainULigier.
(Bibl. de Sainte-Geneviève, Paris, ms. AF. a .)