‹ Les primitiis: Études d'ethnologie comparéeChapitre 145 sur 264 · HOLLANDAIS ET ANGLAIS · texte numérisé non relu

HOLLANDAIS ET ANGLAIS

Jacobiles avec une inflexible rigueur. Les exploits de la Santa Hermandad au Malabar et à Geylan, les bûchers et les autodafés de Goa sont tristement célèbres. Nombre de Jacobites se réfugièrent à l'étranger, Tévèque s'échappa dans les montagnes, ce qui lui valut le sobriquet d« « prélat marron ». L'Inquisition travailla si bien qu'elle supprima la majeure partie des hérétiques, c'est-à-dire des tîhrétiens primitifs.

Les survivants accueillirent avec un soupir de soulagement les Hollandais qui, en 1663, s'emparèrent du Malabar. L'archevêque s'enfuit à son tour, mais en retroussant sa robe, lança les foudres de l'excommunication sur son confrère, l'évêque syriaque, et sur tout le vieux parti qui se réclamait de l'apôtre saint Thomas :

« Ah qu'il est beau de voir des frères, D'un même amour unis entre eux! »

A leur tour, les Hollandais avancèrent avec leur dogmatique; ils exigeaient des gardes champêtres et juges de paix une déclaration de conformité à la Confession helvétique; même pour signer un simple bail à ferme*, il fallait montrer patte blanche. Le Formulaire de Dordrecht était répété sous les manguiers où jacassaient les perroquets, où roucoulaient les pigeons.

Par-dessus vinrent les Anglais, qui à l'action des dominies substituèrent celle des révérends et missionnaires anglicans. Mais leur propagande manqua de zèle, et les coreligionnaires s'indignaient de leur tiédeur. En effet, les chrétiens disparaissaient comme par enchantement, on n'en trouvait plus en des districts où jusque-là on les avait comptés par milliers.

Page 1