FAMILLE MATERNELLE
Quelle était donc cette « famille maternelle )> qui se maintint à travers tant d'obstacles, tant d'invasions et de si longs siècles, cette famille à laquelle les Naîrs et la plupart des enfants du Malabar se montraient si fort attachés?
Depuis que les mémorables travaux de Bachofen et Mac Lennan ont ouvert à la science sociale des horizons nouveaux, on sait que ce fut sous l'influence, non de la famille paternelle, mais de la maternelle, que l'humanité émergea des promiscuités premières. Longtemps on ignora la paternité, longtemps la part que l'homme prend dans l'acte de la génération passa pour secondaire ou pour impossible à déterminer. Ce fut sous l'influence de la maternité, fait tangible, que s'élaborèrent et se développèrent les notions de race, de famille, de partages et d'hérédité.
Au début, toutes les femmes appartenaient à tous les mâles de la tribu, indistinctement. Entre les enfants qui n'avaient d'autre père que l'ensemble des guerriers, il ne pouvait être distingué que par les mères, d'où les clans maternels qui longtemps existèrent sans rivaux. Ils se sont maintenus chez la plupart des peuplades sauvages ou demi-barbares, ils étaient de règle chez les anciens Étrusques, Gampaniens, Athéniens, Argiens, Arcadiens, Pelages, Lyciens et Cariens, pour ne nommer que ceux-là. Encore sous la trente-troisième année de Ptolémée Philadelphe, la métronymie faisait loi en Egypte ; les parties qui intervenaient dans les actes publics apparaissaient comme fils de leur mère, ne mentionnaient pas leur père; même le nouveau marié perdait son nom pour prendre celui de sa femme S abandonnait à l'épouse tout ce qu'il