‹ Les primitiis: Études d'ethnologie comparéeChapitre 169 sur 264 · MARIAGES · texte numérisé non relu

MARIAGES

plades dévotes ne pouvaient supporter l'idée qu^une race impure s'arrogeât un droit de propriété sur des animaux d'un sang aussi pur que taureaux et génisses ; elles ne pouvaient admettre que des hommes de vile extraction et d'ignoble vie usurpassent les saintes fonctions de trayeurs de vaches. Chose fort pénible que de voir le voisin s'enrichir! Les compères Gouroumbas sont aussi de cet avis, s'il est vrai qu'ils ont tué des camarades coupables de s'être, à la façon des hamsters, creusé des caches à provisions. — Mais, sans doute, les enfouisseurs qui ne voulaient point partager leur abondance avaient, en temps de disette, vécu sur l'association. Prenant sans rendre, ils se comportaient en voleurs de la pire espèce, et leur exécution était légitime, autant que celle décrétée à Jérusalem par les apôtres contre Ananias et Saphira ^, les faux dévoués. Fourbe et traître, qui, dans la vie communautaire, sournoisement s'amasse un magot.

Le Gouroumba qui prend femme se fournit d'une pièce d'étoffé neuve à offrir en présent. Avec les amis et amies, on mange plus copieusement que d'habitude, on danse et on s'amuse, on se baigne de compagnie, puis, tout est dit.

Quant aux Iroulas, ils se marient devant une fourmilière, sans doute pour gagner par son influence une puissante fécondité, une postérité innombrable. Après avoir allumé un morceau de camphre, le futur passe une ficelle au cou de l'épousée et l'emmène. Un somptueux

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