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28 LES INOÏTS ORIENTAUX.

Autre observation importante : Ces Itayens n'ont aucune espèce de bateaux. Ross n^en revenait pas. Gomment une population du littoral maritime, comment une population de pêcheurs peut-elle être dénuée des moyens de navigation qu'on possède dans le voisinage? Gomment n'ont-ils pas imité un instrument nécessaire, un instrument des plus simples, au moins en apparence, et qu'ils connaissent de vue ou par ouï-dire?

Kane conGrme ce renseignement, dit qu'ils ne connaissent les kayaks que par tradition, bien que les Esquima,ux comptent parmi les plus hardis marins, les plus experts canotiers, et que leur existence soit tellement liée à la mer que la barque constitue leur unité sociologique. Dans un village hyperboréen, on compte les barques, comme ailleurs on compte les feux : tout chef de famille doit être maître de bateau. — « Si les Itayens avaient des barques, observe Bessels, ces pauvres gens poursuivraient les bandes de narvals, se livreraient à de fructueuses pêches, s'épargneraient des famines longues et cruelles. Et quand ils sont à bout de ressources et réduits à la dernière extrémité, ils feraient mieux qu'attacher leurs traîneaux les uns aux autres, les lancer à l'eau, système dangereux autant qu'incommode... » Notre observateur ne s'explique ce manque de bateaux que par l'hypothèse d'une dégénérescence : la peuplade, mieux lotie autrefois, aurait connu l'art de la navigation; pour une cause ou une autre, elle l'aurait désappris.

Celte insouciance extraordinaire semble dépasser le vraisemblable, chez des gens qu'on ne voit en aucune autre matière se montrer plus stupides que leurs congénères et proches voisins. Jusqu'à mieux informé, et sans prétendre trancher la difficulté qui embarrassait des observateurs

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aussi fins que Ross et Bessels, nous adoptons Texplication suggérée par Rink. Tout au nord, dit-il, la mer est gelée trop souvent pour que les bateaux et kayaks y soient de profitable usage. Poussant très loin la division du travail, les Itayens se seraient jetés exclusivement dans les pratiques de Ja chasse, négligeant celles de la pèche, estimant, peut-être à tort, qu'iJs perdraient leur temps àj a construction et la manœuvre difficiles des kayaks, bàïdarkas et oumiaks.

Très pratique dans son genre, le costume des Ino!ts est même susceptible d'élégance, — demandez plutôt aux officiers et matelots qui ont eu Thonnexir de danser avec de coquettes Groenlandaises. A première vue, il paraît de coupe identique pour les hommes et les femmes, mais ces dernières rallongent en forme de queue, et le garnissent d'un plus large capuchon où la mère loge son'pétit qui s'y blottit confortable rhent, à moins qu'elle ne le- fourre dans une de ses bottes. Le surtout S fabriqué avec des intestins de phoque, égale en imperméabilité nos meilleurs caoutchoucs, et les surpasse en légèreté. En certaines localités, le sexe masculin adopte un vêtement de plumes, le féminin, de fourrures; ailleurs, l'habit est double : plume par-dessous, poil par-dessus. Les jeunes personnes portent des bottes de peau souple et douce, tout blanches, les mariées des bottes rouges. Pour indiquer leur tribu, les hommes se taillent les cheveux, et les femmes se font à la figure des tatouages spéciaux.

Sans recourir au peigne, la maman fouille les cheveux du mioche et se paie de sa peine par le gibier qu'elle recueille. Souvent, les commères s'accroupissent en cercle

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