LA LAMPE
(les sacs, comme en ont les équarrisseurs, renferment des viandes qui, pour se conserver fraîches, devraient rester consiamment gelées, mais qui ne tardent pas à exhaler des miasmes puissants et subtils, qui transforment bientôt le taudis en un charnier inhabitable pour des Européens. Môme dans leurs cabines é tanches, les officiers de V Alerte accueillaient mal toute hausse du thermomètre. Vêtus de leurs fourrures, la chaleur les fatiguait, dès que la température extérieure montait à plus d'une quinzaine de degrés au-dessous de zéro*.
La saison la jplus malsaine, nous dit-on, est le printemps, alors qu'il fait trop chaud pour rester, trop froid pour sortir. Dans ces huttes soigneusement calfeutrées, où Ton ne pénètre que par des passages souterrains, la chaleur que dégagent la respiration et la combustion des huiles et graisses dispense presque de toute autre source de chaleur. Au milieu du bouge brûle une lampe sur laquelle on met à fondre la neige qui servira de boisson. Au dessus, le mari fait aussi sécher ses bottes, dont le cuir raccorni est ensuite ramolli par l'épouse, qui le mâchera bravement entre ses puissantes molaires. On cuisine à cette lampe, on s*y éclaire pendant la longue nuit, qui, du soleil couché à son lever, ne dure pas moins de quatre mois.
Spectacle digne d'intérêt que ces pauvres gens groupés autour d'un lumignon fumeux. Tous les auteurs ont fait remonter les civilisations à l'invention du feu, et ils n'ont pas eu tort. L'humanité, autre que la bestiale, naquit sur la pierre du foyer. Le feu rayonne la chaleur et la lumière, double manifestation d'un même principe de mouvement.
]. A.-Il. Markham, /a JTer Glacée du pôle t
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Sans trop rétiéchir, on a donné à Taction calorique une prédominance qui appartient plutôt, nous senible-t-il, à faction éclairante. Nous le voyons bien par l'exemple de ces Ilyperboréens, qui, semblerait-il, auraient plus que personne besoin de recourir aux sources artificielles de chaleur; ce qu'ils ne font guère. Mais ils ne se passent point de lumière. Et s'ils s'en passaient, on ne voit pas en quoi ils seraient réellement supérieurs aux ours, leurs rivaux, et aux phoques dont ils font leur pâture. Nous attribuons à la lampe, plutôt qu'au foyer, moins à la chaleur qu'à la lumière, la transformation en hommes des anthropoïdes plus ou moins velus.
L'énorme alimentation développe une chaleur intérieure qui a pour résultat inattendu de rendre Esquimaux et Esquimaudes remarquablement précoces. Ences contrées arctiques, la puberté s'acquiert presque aussi rapidement que dans les pays tropicaux, et il n'est point rare de voir des fillettes, même de dix à douze ans, se marier avec des garçons à peine plus âgés. Les éphèbes des deux sexes se tiennent à part autant que possible, tout au moins pour les jeux ; une stricte réserve leur est imposée.
La maisonnée n'aime pas à renoncer aux services de ses jeunes filles. Nombre de contes populaires nous les montrent empêchées par les frères d'épouser l'amoureux ^ Ce n'est pas la dot qui arrête : elles apportent un couteau comme en ont nos selliers, un coupoir, un ra:-