‹ Les primitiis: Études d'ethnologie comparéeChapitre 86 sur 264 · LA VIE, UN£ FLAMME · texte numérisé non relu

LA VIE, UN£ FLAMME

éléments. La première tombe dans Tair, y suscite Ja puissauce créatrice ; la seconde tombe dans Teau, de là entrera dans les veines des animaux pour réveiller Tamour; la troisième tombe sur terre, fera bourgeonner les plantes ^

— ^ C'est bien cela! disent les Hyperboréens, mais nous allons vous conter la chose par le menu :

A l'an nouveau la Mère Gigogne du pôle monte de son

taudis enfumé, au fond de la mer, s'assied devant une

hutte, qui ouvre sur le Midi, aspire l'air frais, éternue,

renifle à plaisir. Restaurée, ravigotée, elle quiert sa grande

lampe, la garnit, versant de l'huile, versant encore, puis

elle allume quand tout déborde. L'huile flambe ; au con*

tact du sol, les flammèches et gouttes brûlantes se font

animaux qui respirent, herbes qui verdoient, boutons qui

fleurissent. Mère-Grand asperge les airs qu'emplissent les

bruissements des oiseaux prenant leur volée; Mère-Grand

asperge les eaux, et poissons de frétiller. Quand la Vieille

est de bonne humeur, elle s'amuse au jeu, fait pleuvoir le

lard fondu; en tant que Mère Abonde elle fait foisonner

toute créature; mais quand elle sa montre en Chiche

Face, vilaine Chiche Face, il faudra se serrer le ventre.

Pourquoi conduite si dissemblable? C'est que la même

est de bonne ou de mauvaise humeur ; de mauvaise,

quand les poux et autres acarus la piquent, lui causent

des impatiences. Aux angakout de prévoir la chose, et

dans la visite qu'ils lui font, de l'égayer par un bout de

causette, tout en nettoyant sa chevelure*.

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