‹ Les princes de Morée ou d'Achaïe, 1203-1461Chapitre 3 sur 17 · VIII. Maison des Paléologue · texte numérisé non relu

VIII. Maison des Paléologue

Durant les. trois siècles qu' embrasse Y histoire de ces princes, il faut toujours distinguer la souveraineté directe et immédiate de la Principauté de la suzeraineté, qui en était le domaine supérieur, mais non purement honorifique, car certains avantages politiques et territoriaux, assez peu définis d' ailleurs, y étaient attachés. Plusieurs fois réunis dans la môme main, plus souvent séparés, les deux droits étaient bien distincts. Ils furent V un et Y autre Y objet de compétitions et de transactions différentes, aux époques mêmes où ils se trouvèrent momentanément possédés par le même souverain.

Dès la constitution de la principauté en faveur de Champlitte et des Villehardouin, la suzeraineté en appartint naturellement aux empereurs de Constantinople. Peu de temps après la chute de l'empire latin, en 1267, Baudouin II, resté pour la Chrétienté, malgré la perte de son trône, l' empereur de Constantinople, céda, du consentement de Guillaume de Villehardouin, la suzeraineté de la Morée aux rois de Naples, qui eussent été bien à portée de la défendre, si d' autres difficultés ne les avaient bientôt absorbés. Le roi Charles L er transmit la suzeraineté à son fils Charles II, qui la céda en 1294, à son propre héritier Philippe L er d'Anjou, comme un apanage honorifique de la principauté de Tarente, reconstituée en sa faveur. Philippe de Tarente, réunit en 1307, à la suzeraineté qu'il possédait déjà, la souveraineté directe de la Morée, par la cession que lui en consentirent Isabelle de Villehardouin et Philippe de Savoie, son mari. En 1313, Philippe, devenu l'empereur Philippe II, par son mariage avec Catherine de Valois, détacha l' Achaïe de ses droits souverains, et la donna à Mathilde, fille d' Isabelle et de Florent de Hainaut, en réservant expressémment la suzeraineté pour lui et ses successeurs à l' empire nominal de Constantinople. Les choses restèrent en cet état jusqu' au temps de Jacques de Baux, qui replaça la principauté sous la suzeraineté des rois de Naples; un

PRÉFACE 5

Paléologue s 1 en empara peu après, en épousant la dernière princesse de race latine.

On s 1 étonne que la ville de Corinthe, conquise sur les Byzantins dès 1247, n'ait pas été, en raison de sa position et de sa force, la capitale de la principauté. Les circonstances en décidèrent autrement. Andravida, petite ville de T Elide, au XIII e siècle, Clarentza et Calamata au XI V. e et au XV. e furent les villes où les Princes Moréotes des différentes dynasties séjournèrent de préférence, frappèrent monnaie et maintinrent le siège de leur gouvernement. Le voisinage de Naples et de Venise les attira toujours dans la partie occidentale de la péninsule hellénique, où les progrès des despotes grecs de Sparte finirent par les cantonner.

Depuis la fin du XI V. e siècle, les Paléologue de la Laconie, issus de Y empereur Jean V, étaient parvenus à étendre leur autorité sur toute la région orientale ; ils s 1 intitulaient Despotes de Morée ou Despotes des Grecs, plus souvent que Despotes de Mistra ; et partageaient ainsi le Péloponnèse avec les princes latins, qui ne régnaient plus en réalité que sur la région maritime de Y Elide et de la Messénie.

Luigi co. de Mas Latrie.

LES PEINCES DE MOREE

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