‹ Les princes de Morée ou d'Achaïe, 1203-1461Chapitre 6 sur 17 · Guillaume I. er , qui suit · texte numérisé non relu

Guillaume I. er , qui suit

2. N. une fille, mariée à Hugues de Bruyères, seigneur de Caryténa (2).

1218. Geoffroy II de Villehardouin, fils de Geoffroy I. er , prince de Morée et sénéchal de Romanie, comme son père. Né en France, il mourut en Morée vers 1245-1246 et fut inhumé à Andravida.

Femme, en 1217 : Eléonore ou Agnès de Courtenay, fille de Pierre, empereur de C. P. (3) qui se retira en France, lors de son veuvage.

1245-1246. Guillaume II, ou Guillaume I. er de Villehardouin, fils de Geoffroy I. ep , né à Calamata, dont il fut seigneur, succéda au duché d' Achaîe et à le sénéchaussée de l' empire de Romanie lors de la mort de son frère, en 1245 ou 1246. Il mourut le l. er mai 1278 (4) et fut inhumé à Andravida.

Première femme : Une fille de Narjot de Toucy, baile de l'empire de C. P., petite fille d'Agnès de France et de Théodore Branas, dont il ne parait pas avoir eu d' enfants.

Seconde femme : Carintana ou Caritena dalle Carceri, fille de Rizzardo dalle Carceri, seigneur tiercier de Négrepont, morte en 1255, sans laisser d' enfants.

Troisième femme, en 1259: Anne ou Agnès L' Ange-Comnène, fille de Michel II Comnène, despote d' Epire. Devenue veuve, elle eut pour douaire Calamata et la forteresse de Clairmont, aujourdhui Chloumoutzi. Elle se remaria, en 1280, à Nicolas II de Saint Omer, seigneur de Thèbes, et mourut vers 1284.

Enfants: 1. Isabelle de Villehardouin, née en 1262 ou 1263, mariée: en 1271 à Louis Philippe d'Anjou; en 1290 à Florent d' Avesnes-Hainaut et en 1301 à Philippe L er de Savoie, tous successivement princes d' Achaîe.

(1) Mss. de Du Cange; Buchon, Rech. et Mater., t. I, p. 93.

(2) J'adopte la généalogie de Geoffroy I er donnée par M Hopf, Chron. Romane t, p. 469. Cette fille est vraisemblablement celle que M. Buchon croit avoir été la femme de Geoffroy de Cicon, Rech. et Mater., p. 93.

(3) L' auteur du prologue des Assises de Romanie confond les noms et les alliances de tous ces princes. Canciani, Leg. Barb., t. III, p. 499.

(4) M. Buchon {Hist. des conq. et de V établies, des Français dans les Etats de Vanc. Grèce, in 8.°, 1. 1, p. 392), rapporte la mort de Guillaume I. tt à Tan 1277. Je crois cet événement de Tannée suivante. Un rescrit de Charles I." d'Anjou, donné à Saint Erasme prés Capoue le 29 mars 1278, mentionne le prince comme vivant: Guillelmus princeps Achaye, amicus noster. C. Minieri Riccio, Cod. diplomat., t. I, p. 154.

DE MOREE OU d' ACHAÏE 9

2. Marguerite de Villehardouin, née en 1266, dame des deux tiers d' Akova ou Mategrifon et autres seigneuries. Elle mourut en février 1315, prisonnière des barons de Morée. Elle avait épousé 1.° en 1294: Isnard de Sabran, fils d'Ermengaud de Sabran, comte d'Adria et d' Ariano en Vénétie, mort en 1297, dont elle eut Isabelle de Sabran, héritière de Mategrifon, qui épousa en 1314, Fernand I. er de Majorque, devenu prince de Morée en 1315, père de Jacques II roi de Majorque et de Fernand II de Majorque, gendre du roi Hugues IV de Lusignan ; 2.° en 1299, Richard Orsini, comte de Céphalonie, mort en 1314.

1277. Isabelle de Villehardouin et Louis-Philippe d'Anjou, son premier mari, fils de Charles I. er d'Anjou.

Isabelle, née en 1262 ou 1263, fille de Guillaume I. er de Villehardouin et de sa 3. e femme, Anne Comnène; mariée, à l'âge de 11 ou 12 ans, à Louis - Philippe d'Anjou, âgé lui même de 15 ans, succéda, avec son mari, par la mort de son père, à la principauté de Morée, sous la suzeraineté de Charles I. er d' Anjou roi de Sicile, son beau-père, qui ajoutait à ses titres déjà nombreux celui de Prince d' Achaïe. Bientôt veuve (1278) et restée titulaire légitime de la principauté, pendant qu' elle résidait à Naples et que des bailes administraient réellement la Morée au nom de Charles d'Anjou, Isabelle apporta la seigneurie à son second mari, Florent de Hainaut en 1290; elle régna seule de nouveau de 1297 à 1301, sous la suzeraineté de Philippe I. er d'Anjou-Tarente son neveu (1); elle partagea la souveraineté avec son 3. e mari Philippe I. er de Savoie en 1301 ; abandonna de concert avec lui la principauté d' Achaïe au prince de Tarente en 1307, reçut, parait il, Calamata pour douaire en 1308 et mourut en 1311.

Premier mari, le 28 mai 1271 : Louis-Philippe d'Anjou, né en 1256, fils cadet de Charles I. er d'Anjou, roi de Sicile et de Béatrix de Provence; déclaré en 1274 Roi de Salonique, bien que la maison de Bourgogne fut en possession de ce titre depuis 1266. Il mourut entre les mois de janvier et de mars 1278 (2).

1278-1290. Isabelle de Villehardouin, veuve et héritière nominale, sous la suzeraineté de son beau-père Charles I. er d'Anjou, qui délégua l'administration de la principauté à des bailes (3). Le roi Charles II, en mariant Isabelle sa belle sœur à Florent de Hainaut, en 1290, renonça expressément au titre de Prince d' Achaïe (4) qu'il avait porté, comme son père (5), dans ses lettres patentes.

(1) Voy. Ci après, 1297 et 1301.

(2: M. Hopf et l'Art de vérifier les dates disent 1277; date inadmissible, à moins qu'on ne la considère comme de l'ancien style.

(3) M. Schlumberger a recueilli les noms des chevaliers qui furent Régents d' Achaïe pour Charles I. er et Charles II, de 1278 à 1290: Galerand d'Ivry, Philippe de Lagonesse; Guy de la Trémoïlle, sire de Chalandritza ; Guillaume de La Roche, duc d'Athènes, Nicolas II de Saint Orner, coseigneur de Thèbes, et Guy de Charpigny, seigneur de Vostitza. Numism. de V Orient latin, p. 294.

(4) Buchon, Doc. du 21 juillet 1290. Le Livre de la Conquête, dans les Rech. histor., t. I, p. 291. Cf. Hist. des Conq. et de V établis, des Franc, p. 425.

(5) Buchon, Rech. et Mater., t. I, p. 205, n. 1.

Miscellanea, Les princes de Morée etc. 2

1290. Isabelle de Villeiiàrdouin et Florent d' Avesnes-Hainaut, son second mari. Florent d' Avesnes, seigneur de Braine le comte en Hainaut, connétable du royaume de Sicile pour les rois Angevins (1), 6. e frère du comte de Hainaut Jean, et arrière petit fils de Y empereur Bandouin, devint prince de Morée, par son mariage avec Isabelle de Villehardouin, célébré à Naples le 26 septembre 1290 (2). Il mourut le 23 janvier 1297, à Andravida. En 1294, la suzeraineté de la Morée était passée, comme nous l'avons dit, du roi Charles II d'Anjou, à son fils Philippe I. er , prince de Tarente.

Enfant: Mathilde de Hainaut, née le 30 novembre 1292 (3), dame de Calamata en 1297, duchesse d'Athènes en 1305, par son mariage avec Guy II de La Roche sur Rognon, mort sans postérité le 5 octobre 1308 ; devint princesse d' Achaïe en 1313, quand le prince de Tarente, son suzerain, lui abandonna le principauté à T occasion de son mariage avec Louis de Bourgogne (4).

1297-1301. Isabelle de Villehardouin, seule, sous la suzeraineté de son neveu le prince de Tarente Philippe I. er d' Anjou, à qui le roi Charles II d' Anjou, son père, avait cédé le haut domaine de Morée en 1294. Richard Orsini, comte de Céphalonie, capitaine de Corfou, administra la Morée comme baile, au nom de la princesse. Dans un acte du 7 février 1301, antérieur de quelques jours à son nouveau mariage, Isabelle se nomme: Nos Isabeaus, princesse d' Achaïe (5). Ses monnaies portent à cette époque ces seuls mots en légende : Ysabella principissa Achaïe (6).

1301. Isabelle de Villehardouin et Philippe L er de Savoie, son 3.° mari, comte de Piémont depuis 1263, fils aine de Thomas III de Savoie, comte de Savoie et de Guye de Bourgogne.

M. Datta écrit dans sa savante histoire des princes de Savoie- Achaïe, que le mariage d' Isabelle et de Philippe fut célébré à Rome entre le 7 et le 27 février 1301 (7). Les documents publiés récemment par M. Saraceno permettent de préciser un peu plus certaines circonstances de cette union, qui fit passer le titre d' Achaïe dans la maison de Savoie. Le comte de Piémont quitta ses états pour se rendre à Rome, où il devait épouser Isabelle, le mercredi 11 janvier 1301 (8). Il arriva à Rome avec son frère Thomas et leur suite le mardi 31 janvier (9). Le 7 février suivant la princesse, nommée ici : Nos Isabeaus, princesse d' Acfiaye, à Y occasion des « parolles de mariage » échangées par mandataires entre elle et le comte Philippe, don-

(1) Camille Minieri Riccio, Li grandi vffiziali del regno di Sicilia, 1872, p. 8.

(2) Buchon, Hist. des Conçu. , p. 424.

(3) Buchon, Rech. et Mater. , t. I, p. 223, 233, 335.

(4) Mais, voy ci dessus p. 4, et ci après p. 16.

(5) Guichenon, Hist. de Savoie, Preuves, t. IV, p. 102.

(6) Buchon, Rech. et Mater. , t. I, p. 224.

il) Storia dei principi di Savoia del ramo d' Acaïa. t. I, p. 35.

(8) Saraceno, Regesto dei principi di casa d' Acaia, p. 35.

(9) Saraceno, p. 36.

ne à son futur époux la seigneurie de Corinthe, alors réunie au domaine ducal (1). Nous ne voyons indiqué nulle part le jour précis de la bénédition nuptiale. Probablement la cérémonie eut lieu le jour même (ou le lendemain matin), quand se donna à Rome, le festin des épousailles, convivium de sponsalibus, c' est à dire le dimanche de la Quinquagésime, 12 février, avant le mardi gras (2). Dès le lendemain en effet, le lundi 13 février, les époux se réunissent et s' établissent dans leur domicile commuu (3). Le jeudi 23 février, en l'hôtel qu'habitait Charles II d'Anjou, rue Saint Jean de Latran, le nouveau prince d'Achaïe reçoit, par un anneau d'or l'investiture de l' Achaïe des mains du roi Charles, agissant au nom de son fils Philippe I. or , prince de Tarente (4), à qui appartenaient la suzeraineté et l' hommage de Morée (5). Le prince d'Achaïe quitte Rome avec sa femme le 10 mars, pour retourner en Piémont où il arrive le 27 (6).

Depuis son investiture, Philippe se qualifiait prince d' Achaie, et quand il agissait en commun avec Isabelle, sa chancellerie le nommait le premier : Phelippes de Savoie, princes d* Achaye vt Yssabiaus, princesse de celle meisrne princée, sa loyale éspouse (7). Il ne dut pas tarder à se rendre avec sa femme en Morée. Isabelle y accoucha, vers la fin de l'année 1302, au château de Beauvoir, situé vis à vis de l' île de Zante, de la princesse Marie ou Marguerite (8), unique enfant née de leur union.

Ni Philippe ni sa femme ne paraissent s' être attachés à la Morée et avoir eu la pensée d' en faire leur terre de prédilection et leur résidence. Ils quittèrent la Grèce pour retourner en Piémont au mois de novembre 1304, en laissant comme leur baile dans le pays Nicolas de Saint Orner (9). Dès le mois de juin suivant, le prince de Tarente, Philippe d' Anjou, par ordre du roi Charles II son père, apparut dans la principauté pour y faire reconnaître et constater sa suzeraineté (10). Il ne tarda pas même à en obtenir la possession réelle.

En effet, le 11 mai 1307, Philippe de Savoie et Isabelle, sa femme abandonnèrent tous leurs droits sur l' Achaïe au roi Charles II, et particulièrement à son fils Philippe de Tarente, leur suzerain (11). En échange de cette renonciation, Isa-

(1) Rome, le 7 février 1301. Dans Guichenon, Preuves, t. IV, partie I. ère , p. 302; Datta, t. I, p. 35, 36.

(2) Saraceno, p. 38.

(3) Conjunœerunt et adunaverunt D. et D. a hospicium suum.

(4) Acte dressé à Rome le 23 février 1301. Guichenon, Preuves, t. IV, part. I.*», p. 103.

(5) L'acte d'investiture déclare expressément que V hommage et la féauté de l 1 Achaïe étaient dus au prince de Tarente. Charles d'Anjou, en délivrant le l. cr mars 1301 des lettres patentes au prince Philippe de Savoie sur l'hommage qu'il en avait reçu (Saraceno, p. 37), agissait donc au nom de son fils.

(6) Saraceno, p. 37.

(7) Datta, t. II, p. 30 et suiv.

(8) Guichenon, Preuves, t. IV, part. I ére , p. 110.

(9) Chron. de Morée, Buchon, t. I f p. 473.

(10) « Si vint Philipes de Tharante, et entra en Seignorie de la Morée pour le comandement et pooir dou roy Charles son père ». Chron. de Morée, p. 473.

(11) Du Cange, Hist. de C. P., t. II, p. 124; Hopf, p. 469; Schlumberger, Num. de l'Or, lat., p. 298. Les détails circonstanciés donnés par Du Cange sur cette cession de l' Achaïe ne per-

belle et Philippe reçurent le comté <T Alba et de Telese, alors dans les Abruzzes (1), que Charles II érigea Y année suivante en principauté (2). L' acte d' érection, dressé à Marseille le 31 janvier 1308, avait pour but principal de mettre fin aux difficultés survenues à l'occasion des affaires du Montferrat. Il ne mentionne point l'abandon qu' aurait consenti antérieurement Philippe de ses droits sur l' Achaïe ; moin en ne donnant pas à Philippe le titre de prince d' Achaïe et l'appelant seulement Philippus de Sàbaudia consanguineus régis, il implique plus qu' il n' infirmé la réalité de la cession de 1307. A la fin, l' acte stipule la promesse d' une terre de deux cents onces d' or de rente dans le voisinage d' Alba, en faveur de Marie, nommée ailleurs Marguerite, fille de Philippe de Savoie et d' Isabelle de Villehardouin, soit pour l' époque de son mariage, soit pour le temps où elle atteindrait l' âge de sa nubilité.

Le décès d'Isabelle de Villehardouin, morte en 1311, sans laisser de postérité maie, vint supprimer les raisons légales qu' aurait pu Invoquer Philippe de Savoie au titre de prince d' Achaïe, alors même que la cession de 1307 ne les eut pas antérieurement anéanties. Néanmoins, et bien que retiré en Piémont, bien qu' il y fut uniquement occupé de ses intérêts italiens, Philippe ne voulut pas abandonner le titre qu'il avait eu déjà en Morée. Non seulement il ne cessa de le prendre dans ses actes publics, mais il le donna à sa seconde femme Catherine de Viennois qu' il épousa en 1312, et Catherine, devenue veuve en 1334, ne cessa de le porter jusqu'à sa mort : Catherina de Vienna principissa Achaïae, Catelina de Viennesio principissa AcJuzïae (3) C est ainsi que le titre d' Achaïe est passée et a été longtemps porté dans la maison de Savoie (4).

mettent pas de douter qu'il ne les ait recueillis dans l'acte môme du 11 mai 1307, bien que, contrairement à ses habitudes, Du Cange n'indique pas l'origine du document. Les historiens de la maison de Savoie paraissent n'avoir pas connu cette renonciation, dont l'acte original put être annulé ou supprimé plus tard, lorsque Philippe de Savoie, à la sollicitation même des barons de Morée, conçut le projet de se rendre avec quelques troupes dans la principauté.

(1) Du Cange le dit expressémment, t. II, p. 125.

(2) L'acte d'érection est donné par Guichenon, t. IV. Preuves, part. I. ére , p. 104.

(3) Datta, t. II, p. 142, 145, 147; Saraceno, p. 115.

(4) Princes titulaires d' Achaïe, issus de Philippe de Savoie, comte de Piémont, troisième mari d'Isabelle de Villehardouin. — Cette généalogie, dressée d'après le livre de M. Datta, manque à l'Art de vérifier les dates.

1282. Philippe de Savoie, dit aussi Philippe ir d' Achaïe, comte de Piémont, fils de Thomas III, fut prince réel d' Achaïe durant sept années, de 1301 à 1307; peut être encore, jusqu'en 1311, date de la mort de sa femme Isabelle. Il mourut lui môme le 25 sept. 1334 (Datta, t. I, p. 116).

Première femme, 1301: Isabelle de Villehardouin, princesse d' Achaïe, morte en 1311.

Enfant: Marguerite de Piémont, femme de Renaud de La Forêt.

Deuxième femme, 1312 (Datta, t. I, p. 67): Catherine de Viennois.

Enfants: 1. Alix de Savoie ou de Piémont, femme du marquis de Saluées.

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