M. MERCIER ET LE CLUB NATIONAL
L'année qui suivit son voyage à Toronto en compagnie du dénonciateur de notre clergé, M. Mercier assista à un banquet du club national à Montréal, C'était en mai 1885. Il eut la satisfaction de s'entendre rappeler ses idées sur l'instruction obligatoire. * Mes amis, s'éeria M. Raoul Danduraod, président du olub, si nous voulons sauver le peuple d’une ruine certaine et l’arracher des mains des cormorans politiques qui le pillent et le volent, il faut d'abord l'instruire en lui imposant un système d'éducatiou compulsoire aussitêt qu'un accident nous rAMeNEra AU POUVOIT soso | ‘ Le elub natiodal réetamait dans le programme qu'il élaborait un système d'éducation compulsoire en faveur duquel notre vaillant chef, !'Hon. M, Mercier, s'était déclaré En 1872" ersuese Pc $
M. Dandurand alla plus loin, Se rappelant sans doute les discours antérieurs de son vai//ant chef, en particulier-celui du 17 juin-188xr dans lequel M. Mercier attribuait au défaut d'instruction du peuple “ le. maintien de vicilles institutions, ” ‘“ la puissance ou
plutôt /4 souveraineté de certaines influences qui paralysent, qui étouffent la véritable sonverairuté, celle du peuple,” se ressouvenant aussi des paroles de M.Huntington dans le comté d'Argenteuil, qui dénonçait l'influence du prêtre sur la population, le président du club national, s'écria :
‘“ La majorité que Cartier s'était faite dans le pays et qu'il avait façonné lui-même, était eomposée des gens qui entendaient vivre du patronage du gouvernement, 1e ceux aux yenx desquels le grand chef faisait briller l'or des contracteurs, et suréout de la masse ignorante qui craignant l'enfer, votait comme monsieur le curé l'entendait."
M. Mercier ne protesta pas contre un langage aussi insultant ; la Patrie dit même que M. Dandurand fut applaudi.
Le premier miaistre pourrait nous dire si c'est comme marque de sympathie pour les principes radi- Caux de son ami Dandurand qu'il s'est empressé, en arrivant au pouvoir, de le nominer magistrat intérimaire à Montréal et de lui glisser dans le gousset un joli magot.
C'est M. Mercier qui écrivit un jour à un de ses amis cette phrase où se révèle le radicalisme de son auteur,
‘ M. Beaugrand aurait dû comprendre qu'il fallait marier la fille avant de faire la noce ; qu'il n’était pas bon d’effrayer le peuple avac des idées trop avancées. C’est pour cela que je me propose d'appeler mon nouveau journal Le Temps.”
Ces paroles ont une grande signification, et lorsque nous voyons M. Mercier faire des efforts pour gagner le clergé à sa cause, sembler ‘s'éloigner de la Patrie dans le moment, tout en conservant l’EZecteur qui vaut moins, nous nous demandons si ce n'est pas
| dans le but de marier la fille avent de faire la noce | ou en d’autres termes, tromper la bonne foi de notre | population pour, lorsqu'il croira de Zemps arrivé, se dévouer à la diffusion des doctrines dangereuses que nous avons signalées.
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