DE L’'ORTHOGRAPHE
L'ORTHOGRAPHE est la manière d'écrire lesmots d'une langue conformément à l’usage adopté par les meilleurs grammairiens.
Elle renferme la ponctuation, l'accent, l'apostrophe, etc.
Remarques sur les Lettres.
A—ne se prononce pas dans taon, Saone, (rivière.)
C—final ne se prononce pas dans estomac, broc, accroc, marc, échecs, (jeu), clerc, cric, etc. C'a la prononciation du g dans second, et le ch celui de g dans Machiavel et archiépiscopal.
D—$se prononce £ à la fin d’un adjectif suivi immédiatement du nom auquel il est joint, si ce nom commence par une voyelle ou par une # muette. Ex: Grand homme. C’est la même chose, s’il est à la fin d’un verbe suivi d’un mot commençant par une voyelle. Ex: Il pend à cet arbre. Perd-il?
E—ne se prononce pas dans Caen (ville) et se prononce a dans solennel qu’on prononce solanel.
F—ne se prononce pas au pluriel des mots nerf, bœuf, œuf, et même au singulier, quand ils sont intimement liés avec d’autres mots, comme : nerf de bœuf, etc. Dans neuf f se prononce v avant un nom qui commence par une voyelle ou par une À muette. Ex: Neuf hommes.
N'—se prononce dans chrétienté comme dans chrétiens. On n’en prononce qu’une dans innocent et ses dérivés. On fait sonner » final dans tous les adjectifs suivis immédiatement d’un nom qui commence par une voyelle ou par une h muette. Ex: Un bon auteur, un vilain homme. La même chose a lieu après rier et l’adverbe bien; pour ce dernier, seulement lorsqu'il est suivi immédiatement d’un adjectif ou d’un adverbe,
Mais 7 à la fin des noms ne sonne jamais avant un autre mot. Ex: Passion aveugle.
O—ne se prononce pas dans faon, paon, Laon (ville.) On dit avec aspiration: le onze de Janvier. Il dit le oui et le non. Mais on peut dire le onzième et l’onzième.
P—ne se prononce pas dans exempt, dompter, indomptable, etc., mais on le prononce dans exemption et symptôme.
Q—se prononce dans cog au singulier et au pluriel. Liquéfier se prononce likéfier ; mais on prononce liquéfaction ou lihéfaction.
S—entre deux voyelles se prononce, à quelques exceptions près, comme 2. Ainsi désordre se prononce dézordre. De même lorsque, dans la composition d’un mot; trans est suivi d’une voyelle, comme éransaction.
T—se prononce dans abject, contact, dot, exact, fat, granit, rapt, subit, tact, etc.
Majuscule,
On met des lettres majuscules: 1° Au commencement de toute phrase qui ne dépend pas d’une autre phrase; 2°. Dans la poésie, au commencement de chaque vers; 3° Au commencement des noms propres. Ex: Antoine, le Canada, la Tamise, les Alpes; 4°. Au commencement des noms d’arts, de sciences, de métiers, etc. s’ils ne sont pas présentés comme marquant simplement la qualification ; 5°. Au commencement des noms qui expriment le principal sujet du discours; 6°. Au commencement des mots qui désignent des peuples ou les sectateurs d’une religion. Ex: Les Français, les Anglais, les Canadiens, les Catholiques, les Protestans. Mais on doit dire, un français, des français, un catholique, etc.; 7°. Enfin les initiales de certains mots qu’on a c'utume d’abréger doivent être des majuscules, comme $S. M B. pour dire Sa Majesté Britannique, M. P. P. no. dire Membre du Parlement Provincial.
Remarque.—On ne met point ordinairement d’acceni sur les majuscules.
Apostrophe.
Dans certains mots qui finissent par a, e, #, on retranche ces lettres, toutes les fois que le mot suivant commence par une voyelle ou par une 4 muette, Alors pour marquer l’élision ou la suppression de la lettre, on met une apostrophe (’).
I.—A—se retranche dans l’article ?; :t dans le pronom la s’il ne suit pas un Impératif. Ex: L'entrée pour la entrée. Je l’honore, pour je la !onore.
IL —E£—S$e retranche: 1°. Tiins 7e, me, te, se, que, le, ne, ce, et dans l'adjectif grande suivi de certains noms, comme: grand'mère, grand’tante, etc.; 2°. Dans la préposition entre formant un verbe réciproque, comme s’en-
tr'aimer, et dans entr'eux, entr’elles, entr'autres; 3°. Dans F
jusque avant à, au, ici, où; 4°, Dans puisque, lorsque et quoique avant un pronom personnel, de même que lorsque ces conjonctions sont avant un et on. Ex: Puisqu’il part. Quoiqu'on dise; 5°. Dans quelque avant un et autre ainsi que dans ces expressions quelqu’il soit... quelle qu’elle soit.
III—]7—ne se perd que dans sé suivi 44, ils. Ex: Si vient, s’ils viennent.
Du Tiret.
Le Tüiret est un trait horizontal (-) que l’on met: 1°. Entre les mots que l’on veut unir pour n’en former qu’un seul, comme, arc-en-ciel, vis-à-vis.
2°. A la fin d’une ligne pour marquer que le mot n’est pas fini.
8°. Entre deux adjectifs de nombre, si le dernier ne passe pas dix. Ex: Vingt-deux, soixante-dix, mil huit cent érente-un. On écrit encore de même quatre-vingt.
4°, Dans le dialogue, pour éviter la répétition de dit-il, dit-elle.
5°. Entre le pronom personnel et le mot même, comme, moi-même. |
6°. Lorsqu'un Impératif a pour régime un des pronoms 0, loi, nous, vous, le, la, lui, les, leur, y, en, et qu’il en est suivi. Ex: Aimez-le. Donnez-le-lui. Allez-vous-en.
7°. Entre le verbe et le pronom sujet, si ce dernier est après le verbe. Ex: Viendrez-vous ? finit-on ? est-ce lui? Mais, si le verbe finissait par une voyelle et que le pronom fût 4, elle ou on, il faudrait mettre un éentre le verbe et le pronom de cette manière, parle-t-ilf va-ton ?
Du Tréma.
Le Tréma n’est autre chose que deux points (-) que l'on met sur l’une des voyelles e, ?, #, pour avertir de la
‘sque
que Duis- 1t Ur Dit...
. S'il
s proen, et
Al-
ernier est-ce et que entre va-tl-
) que de la
prononcer séparément d’une autre voyelle qui est avant, comme : ciguë, hair, Antinoüs.
Remarque.—On n’écrit pas ou l’on n'écrit plus avec un tréma les
mots où l’e peut prendre un accent. Ex: Poème, poète, poésie, Chloé.
De la Cédille.
La Cédille est une petite figure (,) que l’on place sous le c, pour avertir qu’il doit prendre le son de l’s, comme: Français, je reçus.
Des Guilmets.
Les Guibmets (‘) se mettent au devant de toutes les lignes d’un discours cité et à la fin de la citation. Fénélon a dit: “ Les rois sont faits pour les peuples et non ‘“ les peuples pour les rois.”
De la Parenthèse,.
La Parenthèse est une figure ( ) qui sert à clorre une espèce de note renfermée dans une phrase: Ex: Darius (c'était le nom du roi) répondit etc.
De la Ponctuation.
La Ponctuation est l’art d'indiquer dans l'écriture, par des signes reçus, les pauses plus ou moins grandes que l'on doit faire en lisant.
Les signes de la ponctuation sont: la virgule (,) le point-virqule (;), les deux points (:), le point (.), le point interrogatif (?), le point admiratif (!), les points suspensifs (..) et l'alinéa.
La virgule indique la moindre de toutes les pauses. Ex: Ses regards pénétrans, son vaste souvenir, embrassent le présent, le passé, l'avenir. Il n’entend ni les cieux qui
grondent sur sa tête, ni le bruit des rochers battus par la tempête.
So. # 4 Se: à 5 + pi. me Ps 5 “À Fe he ee
LE RESE à
Remarques. —On doit mettre entre deux virgules la phrase incidente explicative, et sans virgule la phrase incidente restrictive ou déterminative. Ex: Les richesses, qui sont passagères, ne sont pas dignes d’occuper le cœur de l'homme. Les seules richesses qu'il doive désirer, sont la vertu et l’estime de ses semblables.
On connaît que la phrase incidente est explicative, quand on peut la retrancher sans changer ou détruire le sens de la phrase. Ex : La vertu, qui émane de Dieu, fait le bonheur de l’homme même en cette vie.
On connaît qne la phrase incidente est restrictive ou déterminative, quand on ne peut la retrancher sans changer ou détruire le sens de la phrase. Ex: Les maladies qui sont le plus à redouter, sont celles de l’ame.
Le point-virgule marque une pause plus grande que celle de la virgule. Ex: Non, ma mère, vous ne vous êtes pas trompée; celui-ci est aussi un Alexandre.
Les deux points expriment un repos encore plus considérable que celui du point-vergule. Ex: Il y a certaines choses qu'on apprend sans les étudier : il y en a d’autres qu’on étudie sans les apprendre.
Le point indique le plus grand repos. Ex: Le sage est ménager de temps et de paroles.
Le point interrogatif se met à la fin des phrases qui expriment une interrogation. Ex: Combien en avez-vous apporté? Avez-vous vu cet homme ?
Le point admiratif se place après un mot ou après une phrase qui marque quelque mouvement de surprise, de douleur, d’admiration, etc. Ex : 4h! Que de la vertu les charmes sont puissans ! ÿ
Les points suspensifs se mettent, lorsque l’ame, comme oppressée par la douleur ou par la joie, ne laisse échapper que des phrases interrompues et sans suite. Ex:
J’ai vu... sans mourir de douleur,
J'ai vu... siècles futurs, vous ne le pourrez croire ! Ah ! j'en frémis encor de dépit et d'horreur ;
J'ai vu... mon verre plein, et je n’ai pu le boire.
L'alinéa a lieu, lorsqu'on quitte une ligne où l’on vient de finir une phrase, pour en commencer une nouvelle à ia ligne suivante.
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