LE PRONOM
Nous avons vu que le pronom est un mot qui hent la place du nom; on peut ajouter, de tout ce qui est joint à ce nom. Aïnsi cette phrase : Nulle paix pour l’impie; il la cherche, elle fuit, n’est pas correcte; parce que la et elle ne peuvent tenir la place de nulle paix. Il cherche la paix, il ne cherche pas nulle paix.
Il faut observer de plus qu’un pronom ne peut tenir la place d’un nom, si ce nom n’est pas accompagné de l’article ou d’un équivalent de l’article. Ainsi on ne pourrait pas dire: Chaque père de famille conduit la sienne comme il l'entend. Il faudrait prendre une autre tournure. Buffon a été contre cette règle lorsqu'il a dit: Le terme de vérité est vague; il n’est donc pas possible de Za définir généralement.
Usage et places des Pronoms.
Règles I.— Quand plusieurs pronoms accompagnent un même verbe, voici comme on les place: 1°. me, £e, se, nous, vous. 2°. le, la, les. 3°. lui, leur. 4°, y et en. Ex: Il me les donnera. Donnez-la-lui. Il nous y conduira. A l’Impératif, on met moi après le pronom y. Ex: Conduisez-y-moi.
Remarque.—A la première et aux secondes personnes de l’Impéra. tif, qui 1 a phrese est affirmative, le, la, les se placent les premiers. Ex: Rendez-les-moi.
II.--Celui qui parle se nomme ordinairement le dernier. Ex: Votre frère ct mot nous irons vous voir.
84 LES l'RINCIPES DE LA
IIL.— Quand on interroge, le pronom se met après le verbe dans les temps simples, et après l’auxiliaire dans les temps composés. Ex: Partirai-je? Irons-nous ? Avezvous vu cet homme? Est-ce votre maison?
Remarquez que je, mis après un verbe qui finit par un e muet, rend @et e fermé. Ex: Dussé-je. Aimé-je.
IV.—A l’'Impératif, quand la phrase est affirmative, on se sert de moi, toi, au lieu de me, te. Ex: Ldve-toi. Donnez-moi ce livre. Mais avec le pronom ex on met me, te, au lieu de moi, toi. Ex: Donnez-m'en. Informe-ten.
V.—Les pronoms elle, lui, eux, en régime indirect, ne peuvent se dire des choses: il faut alors se servir d’un des pronoms 7, en. Ex: Vous avez lu le Lutrin de Boileau, qu’en pensez-vous? Vous m'avez parlé de cette affaire, j’y aurai égard.
VI.—Pour régime du verbe étre, on ne peut se servir que des pronoms le, la, les, s’il s’agit de choses. Ex: Estce là votre demeure? Oui, ce l’est. Sont-ce là vos livres? Oui, ce Les sont.
L'usage cependant permet de se servir des autres pronos, quand il n’y a pas d’autres manières de s'exprimer. Ex: On doit aimer sa patrie au point de pouvoir tout sacrifier pour elle.
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Observations sur plusieurs Pronoms. Ë
Pronoms le, la, les.
Si le pronom le tient la place de toute une phrase, d’un verbe, d’un adjectif et même d’un nom pris adjectivement, il est invariable. Ex: Ferez-vous ce que je vous ai demandé? Je le ferai. Voulez-vous partir? Je le veux. Sont-ils Jaloux de leur autorité? Ils Le sont. Etes-vous mère de cet enfant? Je le suis.
Mais s’il tient la place d’un nom ou d’un adjectif précédé de l’article, il prend le genre et le nombre de ce nom
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ou de cet adjectif pris substantivement. Ex: Etez-vous la mère de cet enfant? Je la suis. Etez-vous les frères d'Edouard? Nous les sommes. Etez-vous la malade que je vis hier ? Je la suis.
Pronoms en et y.
Lorsqu'on parle de choses, on emploie les pronoms ex et y au lieu des pronoms possessifs, toutes les fois qu’ils peuvent entrer dans la construction de la phrase. On dira: Le Canada a ses droits, ses lois, sa constitution: les habitans ex sont heureux et paisibles. Dans le second membre de cette phrase, un met en parce qu’il y entre bien: dans le premier membre au contraire, il faut mettre le pronom possessif, parce que le pronom en n’y peut entrer. J'ai été à Québec, j'y ai vu la Cathédrale, et non sa Cathédrale.
Pronom soc.
Quand le sujet est vague et indéterminé, on se sert toujours de soë au lieu de lui, elle. Ex: Personne n’est prophète chez soi On ne doit guère parler de soi.
On peut aussi faire rapporter soi aux choses prises d’une manière déterminée, Ex: La vertu est aimable de soi.
Pronom Relatif.
I.— Qui relatif ne se dit que des personnes et des choses personnifiées, lorsqu'il est régime indirect. Ex: Voilà l’homme à qui j'ai confié cette affaire. Mais on ne pourrait pas dire: L'ouvrage à qui je m’applique; il faut auquel.
IL.— Qui relatif est toujours du même nombre et de la même personne que son antécédent. Il faut dire: Moi qui ai vu; toi qui as vu; lui qui a vu; nous qui avons vu; vous qui avez Vu; eux qui ont vu. Il y a donc une faute dans cette phrase: Sur la terre il n’est que moë qui s'intéresse à ta personne ; il faut qui m'intéresse.
Pour la même raison, il ne serait pas correct de dire: Vous parlez en homme qui vous y entendez; il faut, qui s’y entend. Je suis le premier qui vous ai connu; il faut, qui vous a connu. C’est coinme s’il y avait: Vous parlez en homme lequel homme s’y entend. Je suis le premier lequel premier vous a connu. |
III. —Si entre deux verbes il y a un pronom relatif, le second verbe se met à l’Indicatif, si le premier marque quelque chose de positif. Ex: Montrez-nous le chemin qui conduit à Québec.
Mais le second verbe se met au Subjonctif, si le premier marque quelque chose d’incertain. Pareillement si le pronom relatif est précédé d’un superlatif relatif, Ex: Montrez-nous un chemin qui conduise à Québec. L’imprimerie est un des plus beaux arts que l’esprit humain ait inventés.
Pronom absolu qui ?
Qui ? absolu, ne se dit que des personnes. Ex: Qui vient à? c’est-à-dire, quel homme vient à ? On ne pourrait pas dire: Vous m'avez promis de me rapporter .es faits: qui sont-ils ? il faut, quels sont-ils?
Les)
Pronom Démonstratif ce.
Î.—-Quand le verbe étre a pour sujet le pronom ce, il se met au singulier, à moins qu’il ne soit suivi d’un nom ou | d’un pronom de la troisième personne du pluriel. Ex: (l s C'est moi; c’est toi; c’est lui; c’est nous; c’est vous ; ce | sont eux; ce sont elles. Ce furent Romulus et Rémus qui fondèrent Rome.
II.—Après un nom ou un pronom précédé d’une pré- : | position et de ce suivi du verbe étre, il faut mettre la con- | jonction que. Ex: C’est à vous que je veux parler. Ce n’est que des tyrans que je me plains aux Dieux. 4 qui | | je veux parler et dont je me plains aux Dieux, seraient des fautes grossières,
our-
il se
ou Ex :
; ce mus
préon- Ce qui ient
LANGUF FRANÇAISE.
Pronoms celui, celle, ceux, celles.
Les pronoms démonstratifs, celui, celle, ceux, celles, ne doivent jamais être suivis immédiatement d’un adjectif, d’un participe ni d’une préposition. Ainsi cette phrase : Regardez parmi mes livres, apportez-moi celui couvert en maroquin rouge, ne serait pas correcte: il faudrait dire, celui qui est couvert, etc. On ne pourrait pas dire non plus: Parmi les lois passées dans le parlement, celle pour autoriser etc., il faudrait dire, celle qui autorise.
Pronom Indéfini on.
On est toujours sujet et ordinairement singulier masculin, Ex: On est léger dans la jeunesse. *
Ce pronom doit se répéter avant chacun des verbes dont il est sujet. Ex: On s'inquiète, on s’agite en tous sens, mais on ne peut trouver le bonheur.
Il faut remarquer cependant qu'il n’est pas correct de répéter plusieurs fois le pronom on, lorsqu'il tient la place de différentes personnes. Ainsi cette phrase: On dit qu’on a pris la ville, n’est pas française, parce que ce ne sont pas les mêmes personnes qui disent et qui ont pris. Li faudrait dire : on dit que la ville a été prise.
Pronom Indéfini chacun.
Chacun, quoique toujours singulier, est tantôt suivi de son, sa, ses, et tantôt de leur, leurs. On emploie son, sa, ses, lorsque chacun est après le régime, et leur, leurs, lorsque chacun est placé avant le régime. Ex: Sully et Turenne étaient deux grands hommes, chacun en son genre. Sully et Turenne avaient, chacun, leur mérite particulicr.
* Si le pronom on est précédé d’un des mots ot, si, et, l’on met ordinairement une /’ devant. Ex: Le lieu où l’on est. Si l'on veut. On y rit et l’on y pleure. Le goût exige encore ordinairement qu’on mette /” dans ces phrases et autres semblables : Quoique l'on fasse, J1 faut que l’on sache,
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