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Pour lui | Phébus | est sourd, | et Pé | gase est | rétif.
* Je n’ai aucune part à la rédaction de ce petit ouvrage, que je dois tout entier à un ami de l’édücation.
LR AR Er De 5 ES
On nomme ces vers grands vers, Alezandrins ou Héroïques. Le rythme de ces vers est noble, ferme et majestueux; ils conviennent à l’épitre, à la satyre, à la tragédie et au poème épique; en un mot on s’en sert dans tous les grands ouvrages.
Vers de dix syllabes.
1 2 8 4 1 56|[ 7 819 10 En moins | de rien | l’élo | quent a | nimal
(Hélas | jeunesse | apprend | trop bien | le mal!) L’ani | mal, dis-je, | élo | quent et | docile, En moins | de rien, | fut ru | dement | habile.
Ces vers ont beaucoup de douceur, de grâce et d'harmonie. Ils
conviennent au chant sur des sujets élevés; on les emploie aussi heureusement dans les pièces badines et burlesques.
Vers de huit syllabes.
1 2 83 4 65 6178 Que l’homme | est bien | durant | sa vie
Un par | fait mi | roir de | douleur, Dès qu’il | respire, | il pleure, | il crie Et sem | ble pré | voir ses | malheurs.
Ces vers ont besucoup de force et de grâce. Ils conviennent très bien aux sujets tristes et mélancoliques. Ils ont une espèce de force qui leur donne l’avantage de s’allier très bien aux grands vers, dans les pièces fugitives. Les autres rythmes ont rarement cet
avantage, excepté pourtant dans les fables, et les poésies libres et légères.
Vers de sept syllabes.
1 2 8 4 [5 6 | 7 Les cieux | instrui | sent la | terre, A ré | vérer | leur au | teur; Tout ce | que le.| globe en | serre, Célèbre | un Dieu | créa | teur.
Ces vers sont peut-être ceux qui conviennent le mieux à l’ode et aux pièces de chant sur des sujets graves et religieux; comme le
prouvent les beaux cantiques du fameux poète lyrique de la France, J. B. Rousseau.
nent e de yers,
cet es et
e et » le nce,
Vers de six syllabes.
1 2 8 41 56 A soi | même o | dieux
Le sot | de tout | s’irrite; En tous | lieux il | s’évite Et se | trouve en | tous lieux.
Vers de cinq syllabes.
De ces A prés da Qu'’arro | se la | Seine, Cherchez | qui vous | mène, Mes chè | res bre | bis.
Ces vers sont susceptibles de grâce et de délicatesse. Ils sont propres aux sentimens tendres et affectueux. On s’en sert pour les chansons gaies et les fêtes de circonstances, ic! au’un bouquet.
Vers de quatre syllabes.
1 2 13 4 Rien n’est | si beau
Que mon | hameau.
Vers de trois syllabes.
Sarra | zin, Mon voi | sin.
Vers de deux syllabes.
On ne trouve des vers de deux syllabes que dans des chansons, des contes et des fables.
Mais qu’en sort-il souvent?
1 2 Du vent.
TE FAST, Rs er
Fer
PRET LRU CRT
PRE ee
Ame +3
De la Césure.
La césure est un repos qui divise le vers en deux parties qu’on nomme hémistiches.
Dans les grands vers, le repos ou césure est placé à la sixième syllabe. Despréaux nous en donne la règle et l'exemple dans les deux vers suivans:
Que toujours, dans vos vers, —le sens coupant les mots, Suspende l’hémistiche,—en marque le repos.
Dans les vers de dix syllabes, le repos doit se trouver après la quatrième syllabe.
Ses yeux cavés,—troubles et clignotans,
De feux obscurs—sont chargés en tout temps.
Au lieu de sang—dans ses veines circule
Un froid poison—qui les gèle et les brûle.
Il n’est pas nécessaire que la césure soit toujours fortement marquée; mais il faut au moins que le mot qui commence le second hémistiche ne soit pas nécessairement lié à celui qui termine le précédent. C’est pour cette raison que la césure est défectueuse dans les vers suivans:
Dieu nous aime malgré—nos infidélités.…
N'oublions pas les grands—bienfaits de la patrie.
Ne m’a jamais rien fait—apprendre que mes heures. Mais elle est bonne dans les suivans:
Heureuse la vertu—douce, aimable, liante… Il peut dans son jardin—tout peuplé d'arbres verts Recéler le printems—au milieu des hivers.
La raison en est qu’on peut faire une petite pause après un substantif suivi de plusieurs adjectifs, ou d’un adjectif suivi de son complément.
Un e muet, n'ayant point un son plein, ne peut terminer un hémistiche, à moins qu’il ne soit élidé; car alors il n’est plus compté pour syllabe. Comme dans ces vers:
Chantons sous ce feuillage, ou, si vous l’aimez mieux,
Dans cette grotte où règne un frais délicieux.
né ex
Si la dernière syllabe d’un hémistiche n’était qu’une voyelle seule, cela formerait un vers faible parce que le son n’en serait pas assez soutenu, comme:
Il est rassasi-é de vos beaux complimens, ou—De vos beaux complimens il est rassasi-é.
Je n’ai point parlé des vers de neuf syllabes, parce que les poètes ne les admettent point à cause que la césure se trouve au milieu d’un pied, c’est-à-dire après la troisième syllabe. Cependant il est nécessaire de les connaître, car il y a des pièces de chant qui exigent cette mesure. |
12| 3 4 5 6 7 8 9 J’enga | geai—ma | promesse | au bap | tême, Mais pour | moi—d’au | tres fi | rent ser | ment; Aujour | d’hui—je | m’enga | ge moi | -même, Je m'en | gage—au | jourd’hui | libre | ment.
De la rime.
La rime est l’uniformité de son dans les mots qui terminent deux ou plusieurs vers.
Les rimes sont masculines ou féminines; elles sont féminines quand le vers se termine par un e muet, soit seul, soit suivi de s ou de nt, troisième personne du pluriel dans les verbes. Mais les présents relatifs et les Conditionnels en aient ne sont pas des rimes féminines, parce qu'ils ne font entendre que le son de l’è ouvert.*
Exemples de rimes féminines.
La rime au bout des mots, assemblés sans mesure, Tenait lieu d’ornemens, de nombre et de césure..
* Il serait plus vrai de dire que ent dans aient n’est que le signe du pluriel, et que c’est pour cela que sotent est une rime masculine parce que la première personne de ce temps est que je sois. Au contraire, qu’ils voient est une rime féminine, parce que la première personne est que je voie. D'où l’on peut conclure quo ces deux mots ne peuvent rimer ensemble. Les vers suivans sont donc de rime masculine:
Des bataillons armés dans les airs se heurtaient, Sous leurs glaçons tremblans les Alpes s’agitaient. K
On voit courir chez lui leurs troupes éperdues, Comme l’on voit marcher les bataillons de grues... Sous leurs corps tremblotans leurs genoux s’affaiblissent, D'une subite horreur leurs cheveux se hérissent… Dans ces vers l’e muet que est à la fin ne sonnant que faiblement
n’est point compté pour syllabe.
Les rimes masculines sont toutes celles qui ne finissent point par un e muet.
Prenez mieux votre ton, soyez simple avec art, Sublime sans orgueil, agréable sans fard.
Des bataillons armés dans les airs se heurtaient, Sous leurs glaçons tremblans les Alpes s’agitaient. Les rimes, soit masculines, soit féminines, se divisent en rimes riches et en rimes suffisantes,
Les rimes riches sont celles dont les derniers sons sont les mêmes, et qui sont représentées, autant que possible, par les mêmes lettres. Mais dès qu’on veut tenter cette vaste carrière,
Pégase s’effarouche et recule en arrière.
Aux deux côtés du soc, de larges orillons, En écartant la terre, exhaussent les sillons. La rime suffisante est celle qui n’a pas une convenance de sons aussi exacte.
Dans un mortel chéri, tout injuste qu’il ese, C’est quelqu’air d'équité qui séduit et qui plait. Une voyelle longue rime bien mal avec une voyelle brève; ainsi Despréaux n’a pas fait preuve de son exactitude ordinaire en
écrivant:
Un auteur à genoux dans une humble préface Au lecteur qu’il ennuie a beau demander grâce.
Les rimes en é fermé, tant masculines que féminines, étant extrémement abondantes, ne peuvent rimer que lorsque cet é est précédé d’une même consonne ou d’une équivalente, comme s avec c et 7 avec g. Cette règle est sans exception.
O jours! à temps heureux! à si les destinées Etendaient jusques là le fil de mes journées...
sons
ainsi
Mais ces restes légers de nos malheurs passés Disparaîtront enfin, pour toujours effacés.
Non, je ne prétends pas demeurer engagé Pour un cœur, où je vois le peu de part que j'ai.
Toute voyelle, qui n’est suivie d'aucune autre lettre, exige que la consonne qui précède soit la même pour la valeur des rimes. sesssssssssssesesss T'antôt dès que l'aurore Rallumera le jour dans l’onde enseveli, Que chacun prenne en main le moëlleux Abék.
On en excepte quelquefois o et u parce que ces terminaisons sont plus rares que les autres.
Et l’amant rebuté prend souvent pour vertu Les fiers dédains d’un cœur qu’un autre a corrompu. Les mots qui finissent par { riment avec ceux qui finissent par d, comme art avec fard; ceux qui sont terminés en c riment avec ceux qui finissent en g, comme jffanc avec sang :
Remplissez les autels d’offrandes et de sang, Des victimes vous-mêmes interrogez le ffanc.
Ainsi parent ne rimerait avec aucun de ces deux mots, ni avec an,
maman; mais il rimerait bien avec il attend et pardevant. Le Christ rime avec il dit, il fit.
On appelle rimes plurielles celles qui finissent par n#, signe du pluriel dans les verbes, et par s, x, z, dans les noms, que le nom soit au singulier ou au pluriel. Ainsi le mot temps, quoique singulier, n’en formerait pas moins une rime plurielle.
Une rime singulière ne peut jamais rimer avec une rime plurielle. Ainsi le mot temps ne rimerait pas avec content, il attend; mais il rimerait avec les instans.
Un mot et son composé ne peuvent point rimer ensemble; c'est pourquoi les vers suivans ne sont pas bons:
Toujours prête à s’unir avec ses ennemis Et changeant d'intérêts, de rivaux et d'amis.
Il serait encore plus défectueux de faire rimer le même mot avec lui-même; mais il n’en serait pas de même si l’on fesait rimer des mots semblables qui ont des acceptions différentes:
116 VÉRSIFICATION FRANÇAISE,
Toutefois, Acomat, ne vous éloignez pas, Peut-être on vous ferait revenir sur vos pas.
Pour l'harmonie des vers, il est à propos d'observer qu’on ne doit pas faire rimer les hémistiches d’un même vers, comme:
Aux Saumaises futurs préparer des tortures.
ni faire rimer les deux premiers hémistiches de deux vers qui se suivent:
Sinon, demain main, si vous le trouvez bon, Je mettrai, de ma main, le feu dans la maison.
Cependant cette rime des hémistiches pourrait devenir une beauté dans une répétition forte et véhémente, ou dans quelque figure qui marquerait une espèce de transport et d'enthousiasme,
Tantôt la terre ouvraié ses entrailles profondes, Tantôt la mer rompait la prison de ses ondes... Là, le corps immortel à notre ame obéit, Ici, le corps mortel l’aveugle et le trahit.
En général il faut que toute infraction aux règles soit rachetée par quelque beauté.
On ne peut pas non plus faire rimer le premier hémistiche avec le dernier du vers précédent ou du vers suivant:
Il faut, pour les avoir, employer tous vos soins;
Us sont à moi du moins tout autant qu’à mon frère...
Un fiacre, me couvrant d’un déluge de boue,
Contre le mur voisin m’écrase de sa roue,
Et, voulant me sauver, des porteurs inhumains
De leurs maudits bâtons me donnent dans les reins.
On doit encore observer qu'il est souvent désagréable de voir des
rimes masculines et des rimes féminines avoir la même consonnance, comme :
On voit en un instant des abymes ouverts,
De noirs torrens de souffre épandus dans les airs, Des bataillons entiers par ce nouveau tonnerre Emportés, déchirés, engloutis sous la terre.
ou do faire revenir trop vite les mêmes rimes. En voici des exemples tirés de Voltaire:
Soudain Potier se lève et demande audience, Chacun à son aspect garde un morne silence.
Dans ce temps malheureux par le crime infecté, 4. Potier fut toujours juste ct pourtant respecté. { Souvent on l'avait vu, par sa male éloquence, f De leurs emportemens réprimer la licence, ; Et, conservant sur eux sa vieille autorité, Leur montrer la justice avec impunité…
Des mots que le vers exclut.
La poésie exclut non seulement tous les mots prosaiques, bas et triviaux ; maïs elle proscrit encore des conjonctions qui ôteraient nl à l'expression quelque chose de sa rapidité et 1 de sa hardiesse, telles sont les suivantes : c’est pourquoi, pourvu que, de façon que, puisque, en sorte que, etc.
Il est un heureux choix de mots harmonieux, Fuyez des mauvais sons les concours odieux ; Le vers le micux rempli, la plus noble pensée, fi} Ne peut plaire à l’esprit quand l'oreille est blessée.
Re Un mot qui finit par une voyelle, excepté
le muet, ne peut être suivi d’un mot qui commence par une voyelle ou par une À muette :
c’est ce qu’on appelle lzatus ou baillement.
es
Gardez qu’une voyelle, à courir trop hâtée, ne Ne soit d’une voyelle en son chemin heurtée,
118 VENSIFICATION FRANÇAISE.
Quelques versificateurs veulent cependant en excepter oui répété, ou précédé d’une interjection qui finit par une voyelle, comme: Oui, oui, si son amour ne peut rien obtenir... Hé! oui, tant pis, c’est là ce qui m'atilige… Ces deux vers feraient bien voir que cette licence ne serait pas très favorable à la belle poésie,
La conjonction et, n’ayant que le son de l’éfermé, ne peut jamais être suivie d’une voyelle. On ne pourait donc pas dire en vers :
Qui sert et aime Dieu possède toutes choses.
Quant aux voyelles nasales, c'est-à-dire m et n finales précédées d’une voyelle, quoiqu'il ne soit pas strictement défendu de les faire suivre d’une voyelle, on doit pourtant l’éviter autant que possible; car elles occasionnent comme les autres voyelles un baiïllement qui ôterait à la poésie une partie de sa grâce et de sa mélodie, comme on peut s’en convaincre par les vers suivans :
Ab! j'attendrai longtemps, la nuit est loin encore. Un grand nom est un poids difficile à porter.
Cependant, s’il y avait un repos entre la voyelle nasale et le mot suivant, il n’y aurait point d’hiatus, et le vers ne serait aucunement défectueux. Comme celui-ci :
Celui qui met un frein à la fureur des flots, Sait aussi des méchans arrêter les complots.
L’e muet final peut être suivi d’une voyelle parce qu'il s’élide, et dans ce cas le vers n’en serait que meilleur, parce que l’e muet donne un son sourd et faible. Mais si l’e muet était précédé d’une voyelle, alors il faudrait absolument le faire suivre d’un mot qui commencerait par une voyelle pour l'élider, parce qu'il ne ferait plus qu’un mauvais effet :
La joie est naturelle aux ames innocentes… Qu’Eñnée et ses vaisseaux par le vent écartés Saient aux bords Africains d’un orage emportés.
L’e muet dans le corps d’un mot est compté pour rien, comme, à jouera, reniement, dévouement; et même il est permis à un poète d'écrire: #/ joëra, renîment, dévoñment.
Col
pété,
édées y faire sible ; nt qui omme
ore...
le mot nement
ide, et donne pyelle, nence-
qu’un
Cette règle ne s'entend pas de l’e muet à la fin des mots, quoique fl suivi de s ou de nt; comme les joies, les amies, qu'ils voient; ces Ÿ mots ne pourraient se trouver qu’à ln fin d’un vers comme rimes féminines,
Des licences qu’un poète peut se permettre.
C’est une règle générale qu’il n’est jamais permis à un
poète ou versificateur «’enfreindre les lois de la poésie, par exemple, d’une syllabe en faire deux, comme Di-eu pour Dieu; ou de deux syllabes n’en faire qu’une, comme Canadien pour Canadi-en, parce qu’alors la mesure du vers n’y serait point.
La plus grande licence que les poètes se permettaient LE du temps de Boileau, était de retrancher s dans les premières personnes du présent de l’Indicatif; ils écrivaient je voi, je di, j’averti, pour je vois, je dis, j’avertis.
Vous ne répondez point, perfide, je le voi ; Tu comptes les momens que tu perds avec moi... Un brouillon, une bête, un brusque, un étourdi, LE Que sais-je? un... cent fois plus encor que je ne di... #1 Ils retranchent e dans encore quand le mot suivant 4! commence par une consonne.
Et qui de quelque somme, amassée au bon temps, { Vivair encor chez eux, partie à ses dépens.
Pour la commodité des commençans, j’ajouterai quelques règles sur la division des diphthongues en deux syllabes. Nos poètes Canadiens se donnent trop de licence là dessus: souvent une pièce qui aurait réussi tombe parce i que la mesure des vers n’y est point observée, Par de exemple, le vers suivant: |
Qu'il se dise Gallois, Ecossais, Canadien. 14 forme treize syllabes; ce n’est donc pas un vers. Ilya
plusieurs diphthongues en prose qui forment deux syllabes en vers Je tâcherai d'être le plus court et le plus méthodique qu’il me sera possible dans ces préceptes qu’il est difficile de réduire à des règles générales. D’abord:
Les verbes en ter font deux syllabes, comme li-er; ce qu’il faut observer dans tous leurs temps et modes, ainsi que dans les noms qui en sont formés: nous li-ons, vous li-ez, li-ant, li-en.
lons, iez, ne forment qu’une syHabe dans les présents relatifs et les Conditionnels: nous aimions, vous aimiez, vous aimeriez; mais s'ils sont précédés de br, tr, dr, vr, ils forment deux syllabes: nous mettri-ons, vous voudri-ez. Cette règle est aussi générale dans les nomsen ter, auvri-er,
Za et ie ne forment qu’une syllabe, dans les mots courts, qui d’après cette règle deviennent monosyllabes: fiacre, diacre, diable, ciel, Dieu, bien, rien, sieur et son composé monsieur et pieu, (morceau de bois.) ÆFi-eux venant de
pius, fait deux syllabes, Les diphthongues françaises qui viennent du latin ou de quelque langue étrangère, où elles forment deux syllabes, font aussi deux syllabes dans les vers français: offici-el, de offici-alis,
Ja, ie font deux syllabes dans les mots longs: di-amant, Machi-avel, intéri-eur, sci-ence, caprici-eux, insati-able.
Ié fait deux syllabes quand il est suivi d’un £, pi-été. Autrement il ne fait qu’une syllabe, pi-tié.
Zen fait deux syllabes dans tous les noms de peuple: Canadi-en, Phrygi-en; ailleurs il ne fait qu’une syllabe, le sien, la sienne, soutien, il devient.
Jon forme deux syllabes dans les noms: uni-on.
Oe fait deux syllabes dans po-ète et dans ses composés, et une dans moëlle, moëlleux.
Ue fait deux syllabes: casu-el.
Ui ne fait qu’une syllabe: détruire, lui, luire. Toutc voyelle précédée de ou fait deux syllabes: Lou-is,
es
0 Hou-en, jou-er, jou-ir. On en excepte oui, qui ne fait
st qu’une syllabe.
ié Aoust, qu’on prononce o4, et vient n'ayant que le son ‘1
si de l’è ouvert, sont des monosyllabes. 1
us Les mots qui ont vieilli en prose, n’en sont que plus j poétiques, comme naguère, mensonger, un pleur, un 1}
sé penser, prospère. Mais il n'est pas permis à chacun de ‘1
ee, créer des mots nouveaux, et même en les employant il |
"hs faut user de réserve et prévoir que ces mots puissent |
a. faire fortune dans la postérité.
er, Depuis Malherbes les poètes se sont constamment 1
rts, astreints à ne point faire enjamber un vers sur un autre ']
or, vers, c’est-à-dire à commencer un sens dans un vers età |
sur: le finir dans une partie du vers suivant; voilà pourquoi
de Boileau a dit:
= Et le vers sur le vers n’osa plus enjamber.
ans Cependant on tolère cet enjambement dans les fables | et dans les vers du style familier; c’est même cela qui |
ant, contribue à donner à Lafontaine cet air de grâce, d’ai- y
ble. sance et de naïveté qu'on remarque dans ce poète.
été. L’Abbé Delille, qui est peut-être le meilleur versificateur li] de la France, (car ce n’est qu’en cette qualité qu’on peut
le: regarder les poètes dans un ouvrage de ce genre-ci,)
s’est permis avec avantage plusieurs enjambemens pour peindre-la nature même par Ja force de ses expressions. Cette manière de peindre en écrivant s’appelle poésie imitative ; en voici quelques exemples:
em.
L'univers ébranlé s'épouvante—le Dieu De Rhodope ou d’Athos réduit la cime en feu.
Soudain le mont liquide, élevé dans les airs,
Retombe—un noir limon bouillonne au fond des mers... \# L è
Là du sommet lointain de roches buissonneuses, Je vois la chèvre pendre...
De l’arrangement des vers entr'eux.
C’est la différence des rimes masculines et féminines qui sert de base à l’arrangement des vers.—Les vers sont à rimes plates, ou à rimes croisées, ou à rimes mêlées.
Les vers à rimes plates sont ceux où deux vers masculins sont suivis de deux vers féminins, après lesquels reviennent deux autres vers masculins, et ainsi de suite. Comme:
Enfin Malherbe vint, et, le premier en France, Fit sentir dans les vers une juste cadence; D'un mot mis en sa place enseigna le pouvoir, Et réduisit la muse aux règles du devoir.
Par ce sage écrivain, la langue réparée N'offrit plus rien de rude à l'oreille épurée, Les stances avec grâce apprirent à tomber,
Et le vers sur le vers n’osa plus enjamber.
Tout reconnut ses lois, et ce guide fidèle
Aux auteurs de ce temps sert encor de modèle.
Le poème épique, la tragédie, la comédie, l’églogue, la satyre et l’épître dans le genre sérieux et noble, sont à rimes plates.
Il est assez d'usage, dans ces sortes de pièces, de commencer par une rime féminine et de terminer par une rime masculine; mais ce n’est pas une règle qu'on soit obligé de suivre à la rigueur.
Les vers à rimes croisées sont ceux où trois rimes masculines et trois rimes féminines sont ertrelacées une à une de la manière suivante:
Sa voix redoutable Trouble les enfers, Un bruit formidable Gronde dans les airs, Un voile effroyable
Couvre l’univers.
Ces rimes sont d’un grand usage dans le triolet et l'opéra.
Les vers sont à rimes mêlées, quand on n’observe d’autre règle que celle de ne pas mettre de suite plus de deux vers masculins ou féminins, et qu’on fait suivre un vers masculin ou féminin d’un ou de deux vers d’une rime différente; comme dans l’exemple suivant:
O que tes œuvres sont belles!
Grand Dieu, quels sont tes bienfaits!
Que ceux qui te sont fidèles,
Sous ton joug trouvent d’attraits.
Ta crainte inspire la joie,
Elle assure notre voie,
Elle nous rend triomphans;
Elle éclaire la jeunesse,
Et fait briller la sagesse
Dans les plus faibles enfans.
On appelle vers libres ceux qui n’ont aucune uniformité ni pour les rimes, ni pour le nombre des syllabes. On s’en sert pour les cantates, les fables, les poésies fugitives et les pièces qui sont pour être mises en chant.
Cependant dans les pièces soutenues, il n’y a que les vers de huit syllabes qui s’allient naturellement avec les grands vers:
Arbres dépouillés de verdure, Malheureux cadavres des bois, :
Que devient aujourd’hui cette riche parure, Dont je fus charmé tant de fois!
Je cherche vainement, dans cette triste plaine,
Les oiseaux, les zéphirs, les ruisseaux argentés,
Les oiseaux sont sans voix, les zéphirs sans haleine
Et les ruisseaux dans leur cours arrêtés.
Les aquilons fougueux règnent seuls sur la terre, Et mille horribles siflemens Sont les trompettes de la guerre,
Que leur fureur déclare à tous les élémens.
Dans les rimes mêlées on peut faire rimer ensemble trois vers,
pourvu qu'ils soient séparés par un ou deux vers d’une autre rime, comme:
Faite en cette critique année, Où le Perroquet révérend Alla jaser publiquement, Entraîné par sa destinée Et ravi je ne sais comment............
Mais les rimes suivantes sont défectueuses, parce qu’il s’en trouve trois de suite du même genre. |
Sans autre forme de procès, Brûler ces vers abominables, Comme erronés, comme exécrables, Jansénistes, abominables.
Des Stances.
Les Stances sont un certain nombre de vers après lequel le sens est fini. Une stance
ne peut avoir ni moins de quatre vers ni plus de dix.
Ce qu'on appelle couplets dans les cantiques n’est autre chose qu'une stance en style de poésie. On trouve des stances de douze et même de qua‘orze vers; mais ce sont plutôt 17 stances reunies en une.
ine
ers, me,
Juve
ae ce
Les stances sont régulières ou irrégulières. Elles sont régulières lorsqu’elles ont le même nombre de vers, un croisement égal de rimes, une distribution uniforme de grands et de petits vers, et de plus lorsque le dernier vers d’une strophe et le premier de la suivante ne sont pas sur des rimes du même genre. Les stances sont irrégulières | quand elles manquent de quelqu’une de ces convenances. |
Pour que les stances soient sans défaut, il faut: 1°. Que le sens soit complet et fini aux derniers vers. 2°. Que le dernier vers d’une stance ne rime pas avec le suivant. 3°. Que les mêmes rimes ne reviennent point dans deux stances consécutives.
Un morceau, composé de plusieurs stances, retient le nom de stances, lorsque le sujet est simple, l'expression aisée, et les sentimens calmes et sensibles; mais si le sujet | a de la grandeur, et que le poète donne à son style de la force et de l'élévation, s’il multiplie les trophes et les !| images, s’il y à de temps en temps un certain désordre qui | naît de l'enthousiasme, alors ce morceau s’appelle ODE et les stances prennent le nom de strophes. La lecture de il Malherbe, de J. B. Rousseau et de Le Franc de Pompignan fera mieux connaître le mécanisme et l’harmonie de cette espèce de poésie que tous les exemples qu’on en pourrait donner.
Une stance qui se trouve seule forme un petit poème et prend son nom du.nombre de vers qui la composent, comme éercet, quatrain, sixain, dixain.
T'elles sont les principales règles de notre versification; règles non seulement nécessaires à ceux qui veulent composer des vers, mais encore indispensables à tous ceux qui veulent juger d’une pièce de poésie, en goûter les | benutés et en apprécier le mérite. Sans connaître le 1 |
mme. hit
126 VÉRSIFICATION FRANÇAISE,
mécanisme des vers, il est impossible de les lire avec grâce et cadence; et cependant tout poème bien récité doit être une espèce de chant. Qu'il est pénible et fatiguant d’entendre lire une belle pièce de vers, sans goût et sans mesure! Alors les plus beaux morceaux ennuïient ceux qui les écoutent, et l’on croit n’entendre autre chose que de la mauvaise prose.
L'étude de la versification entre donc nécessairement dans le plan d'éducation de toute langue, qui a une poésie. Ne serait-ce pas un sujet de honte pour un jeune homme qui voudrait paraître avoir quelque connaïssance en fait de littérature, s’il se voyait obligé d’avouer qu’il ignore les règles qui ont rapport à la plus belle partie de la littérature de sa langue? Cela serait encore plus impardonnable pour celui qui, connaissant la poésie des langues étrangères, ignorerait celle de sa propre langue. Un geune homme ne doit donc pas regarder comme perdu le temps qu’il emploie à étudier cette belle partie de notre littérature, quand bien même son astre en naissant ne l'aurait pas formé poète. Quant à ceux qui ont un goût décidé pour la poésie, je ne puis mieux finir ce petit traité qu’en leur répétant ces vers de l’Abbé Delille, où l'exemple se trouve si bien d’accord avec le précepte:
Peins-moi légèrement l'amant léger de Flore.
Qu’un doux ruisseau murmure en vers plus doux encore. Entend-ou de la mer les ondes bouillonner,
Le vers, comme un torrent, en roulant doit tonner. Qu’Ajax soulève un roc et le lance avec peine,
Chaque syllabe est lourde et chaque mot se traîne.
Mais vois d’un pied léger Camille effleurer l’eau,
Le vers vole et la suit aussi prompt que l'oiseau.
VÉRSIFICATION FRANÇAISE. 127
Me Et ceux-ci de Boileau dans son Art poétique, que les fati- jeunes étudians devraient méditer sans jamais s'en lasser: | goût HÂâtez-vous lentement, et, sans perdre courage, | iient Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, | hose Polissez-le sans cesse et le repolissez, | Ajoutez quelquefois et souvent effacez.
ment ésie.
mme , fait ;nore de la aparigues Un du le notre nt ne at un FINIS. ir ce Abbé rec le ERKATA.
l'age Ligue Au lieu de Lisez 6, 3 et 4, sabbut, sabbat.
6, 6, revert, revers, core. 8, 6, amanranthe, umaranthe.
9, 24, acrocéranniens, acrocérauniens.
42, 29, détruit, défait, !
62, 14, qui le ne, qui ne le.
64, 8, chrétiens, chrétien. } 92, 80, Pareillement, Par conséquent.
107, 15, Nort, | Nord.
117, 20, les concours, le concours.
trophes, tropes.