‹ Les principes de la vie religieuse, ouChapitre 7 sur 154 · DES DIVERSES SORTES DE VŒUX DE RELIGION · texte numérisé non relu

DES DIVERSES SORTES DE VŒUX DE RELIGION

D Tous les vœux de religion sont-ils d'une seule et même espèce?

R. Non : parmi les vœux de religion, on distingue les vœux solennels et les vœux simples ; et les vœux simples peuvent être encore, ou des vœux perpétuels, ou des vœux temporaires, selon que la sainte Eglise Ta approuvé dans les divers instituts.

D. Qu'est-ce que les vceux solennels de religion ?

R. Ce sont des vœux perpétuels, faits par les religieux d'une manière absolue, et acceptés de la même j/îfl«ière par r Eglise, ou par Tordre en son nom, en sorte qu'ils ne sont point susceptibles d'une dispense jordinaire ; seulement le chef de l'Eglise, dans des cas exceptionnels et très rares, peut ou déclarer qu'ils n'existent plus, ou suspendre partiellement leurs effets, ou même en dispenser extraordinairement au nom de Jésus-Christ dont il est le Vicaire

Les vœux solennels de religion ne se font que dans les ordres reli.ieux proprement dits.

Il faut dislinsuer deux sortes de solennités dans l'émission de^ vœux de religion : l'une accidentelle, l'autre substantielle. La première consiste dans les cérémonies extéripures, qui peu. ent accompagner môme l'émission des vœux simples, sans rien leur ajouter. L'autre solennité, que nous

appelons subslantirlle, ne dépend point des Cf^r^monies extérieures, mais de la volonté de TEi^'Iise qui reconn;^îi et arcople certains vœux comme solennels, tand ««que If n'en accepte d'autres que comme vœux simples, quoi(ju'ils puissent être également perpétuels.

D. Quels sont les vœux simples de religion ?

ft. Ce sont des vœux que l'Eglise accepte d'une manière moins absolue, et qu'elle ne reconnaît point comme solennels.

D. Quelle sorte de vœux fait-on dans les congrégations religieuses ?

R. Pour de sages raisons, suggérées par l'esprit de Dieu, on n'y fait que des vœux simples, et encore le plus souvent ils ne sont que temporaires. Ainsi, apr. s le temps fixé pour l'épreuve préparatoire, selon les statuts de chaque congre'gation, le religieux prononce les trois vœux pour un temps, par exemple pour un an, et, après le temps expiré, \\\es renouvelle, c'est-à-dire qu'il les fait denonveau avec l'assentiment des supérieurs.

Dans plusieurs congrégations on peut, au bout d'un certain nombre d'années, être admis à faire aussi des vœux perpétuels; et alors la rénovation annuelle n'est plus qu'une cérémonie destinée à se renouveler soi-même dans la volonté d'être toujours plus fidèle à les garder.

D. Ne serait-il pas mieux de se consacrer toujours à Dieu par des vœux perpétuels et même solennels ?

R. Ce qui est mieux pour chacun est dVi tendra l'appel du Seigneur, et d'y répondre en toute fid» litô, générosité et constance.

Sans doute lc> vœux perpétuels et solennels sont en soi d'un plus grand prix, puisqu'ils sacrifient davantage et fixent plus'complélemfut dans l'état de perfection ; mais chaque reliiiieux, dans sa vocation, doit se rappeler que les dons de TK-prit-Saint sont divers, et qu'il fst de notre véritable avantage, comme de notre devoii-. d'accepter avec reco:maissance, et de faire fructifier avec fidélité ce qu'il a daisné nou-i donner. Ici surtout, rien n'est plus dangereux que l'inronstance et la tentation suggérée par Tennemi du salut, sous le prétexte d'une plus grande perfection . En effet, quoiqu'à parler en général, Dieu"^pui5^e apppler une âme encore plus haut, et qu'alors l'Eglise favori-^e le passage à une plus étroite ob-ervance, il faut dire cependant que c'est un piège dont le démon s'est trop souvent servi pour faire perdre à plusieurs la vocation religieuse elle-même, et pour les rejeter ainsi dans les périls du siècle.

D'ailleurs, la volonté de Dieu une fois supposée, une vocation inférieure peut avoir ses compensations: T il dépend ilu religieux d'y vivre avec plus de ferveur, et il auia plus de mérite ; 2o'si on ne lui permet de s'engager que pour un temps à la fois, on lui donne aus>i plus sou\ent l'occa- >ion de renouveler avec pleine liberté son sacrifice ; 3o il trouve en cela même un soutien à sa bonne volonté, puis- (ju'il peut craindre de ne pas être admis à redire ees saints engagements, s'il venait malheureusement à se relâcher.

DÛ reste, il doit bien comprendre qu'il ne s'agit nullement pour lui de remettre sa vocation en question chaque année: car, sans parler du soin qu'exige de lui son propre bien spirituel, l'intention qu'avait la congrégation en l'admettant dans son sein et les services qu'il y a reçus, quelquefois tout spécialement dans l'intérêt de'la communauté, sont des titres qui lui imposent certainement quelque obligation de stabilité.

Il est bon de lui faire remarquer encore que si, à l'expiration de son vœu temporaire, i\ ne peut se permettre de le faire de nouveau, dans le cas où les supérieurs auraient fies motifs de s'y opposer, d'autre part, il ferait mal aussi d'en omettre le renouvellement à linsu des mêmes supérieurs et sans leur autorisation.

D. A quel âge est-on admis à faire validement les vœux de religion ?

R. Poiu* que les vau\ de religion soient valides.

le saint concile de Trente exige : i" qu'on ait au moins seize ans accomplis; 2" qu'on ait fait au moins une année entière de noviciat.

Il faut voir dans chaque institut les autres conditions obligatoires qui ont pu y être ajoutées.

Page 1