AU POSTE
dans une l^outique louée, un petit local, étroit, insuffisant *. Là, sur le banc de bois, adossés au mur^ peuvent se rencontrer, dans un compartiment des hommes et dans l'autre des femmes de tout âge, les habitués du lieu avec les nouveaux venus. Quelles déplorables confidences, quel funeste enseignement ces derniers pourront recevoir î Et cela, au moment où l'humanité, la religion vont faire un devoir à la société de chercher par tous les moyens à les détourner de la mauvaise voie dans laquelle ils viennent de s'engager.
Supposez qu'un malheureux en état d'ivresse et un homme violent dont les agents n'ont pu se rendre maîtres qu'après une lutte sanglante, se rencontrent en ce lieu. Quelle scène! Le sang coule, puis se sèche sur le visage du forcené qui épuise le répertoire le plus riche de propos grossiers et d'injures. Le lieu s'emplit, par une suite naturelle des excès récents de l'ivrogne et une réaction prévue de |la nature, d'une insupportable puanteur. Peut-il être utile à quelque point de vue, d'exposer à une telle scène celui qu'une fâcheuse circonstance, une faute, ou même un véritable délit, auront conduit là pour la première fois, et de lui en faire supporter le dégoût, le supplice ?
i . 2 mèli'es 30 dç longueur sur ] mètre 30 de largeur, cola se voit À Paris.^
It) L'ARRESTATION
La iiécessité d'une traasforniation prochaine des postes et violons est évidente *.
Mais ce changement est tout matériel. L'autre progrès nécessaire sera plutôt moral, puisque c'est aux personnes qu'il faut le demander. Il doit s'accomplir dans les rapports toujours difficiles des agents avec les individus arrêtés.
L'agent de police a une tâche parfois ingrate, c'est incontestable. Il n'oserait plus agir, s'il craignait d'être repris pour avoir fait énergiquement son devoir. Sans doute. Mais faut-il renoncer pour cela à le renseigner et à l'éclairer ?
Il peut arriver qu'un individu résiste aux agents qui l'arrêtent. Résistance aussi vaine que dangereuse, mais dangereuse surtout pour lui ! Reçoit-il des coups qui laissent une trace profonde ? Lui seul a tort. C'est sa faute, il est vrai. Mais que l'agent, même alors, se souvienne de la modération qu'exigent son service et son devoir l II est facile, lorsqu'on a quelque habitude du métier, de ne pas confondreles injures, la rébellion plus apparente que réelle d'un homme sans instruction, avec la résistance acharnée qu'une bande ou un seul individu prêt à tout pour éviter d'être conduit en prison, se décident quelquefois à opposer.
Évitons d'exciter la haine trop facile d'un malheu-
i. Rapport de M. Bournat, Enquête parlementaire, t. Iliw