LES PROBLÈMES B
de grêle, le 15 juillet 1005, j'en ai pesé, à Maisoos-L^fitte, quelques-uns dont lepoidgdépassait250gramines; en Tunisie, on en a recueilli de plus d'un kilogramme. Il est inutile d'insister sur les dégâts que peuvent produire de pareils projectiles tombant de 1.000 ou 3.000 mètres de hauteur : destructeurs des récoltes, ils peuvent l'être aussi des habitations et des toitures, et peuvent même être cause de mort pour les anintaui et pour les hommes.
La grêle, issue du cumulo-nîmbus, accompagne le plus souvent les orages électriques qui sont la manifestation des charges de ces nuages : électricité et eau de l'atmosphère sont donc reliées étroitement par des relations de cause à efTet. En outre, c'est le cumulo-nimbus qui donne naissance à ces violentes perturbations atmosphériques appelées « grains », dont le météorologiste français Durand-Gréville a étudié les stades avec une remarquable méthode et dontil apu formulerleslois.Etce n'est pas tout encore rsouventle noir cumulo-nimbus semble s'abaisservers le sol; une protubérance, d'allure générale conique, se forme à sa base et dirige sa pointe vers la Terre : alors, une véritable succion parait s'opérer dans cet appendice vermiculaire de la masse nuageuse. Il semble qu'un mouvement tourbillonnaire violent ait sonsiège dans le cumulo-nimbus, et, si le phénomène se produit andessus de la mer, on voit une sorte de bouillonnement se produire à la surface liquide, juste ao dessus de la pointe nuageuse descendante, donnant l'apparence d'un k buisson» de gouttes d'eau. Petit i petit le buisson s'élève et prend de la consistance; Il devient colonne liquide continue et s'élance vers le cône nuageux renversé, reliant ainsi le phénomène terrestre au phénomène atmosphérique : une Irontbe est formée. Cette trombe, peu large mais haute, dévaste tout sur son passage ; quand elle circule sur l'Océan, un navire doit l'éviter avec soin. Les andra»
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navigateurs racontaient qu'on la pouvait rompre à . coups de canon : les observations très rigoureuses que nous possédons aujourd'hui semblent montrer qu'il n'en est rien. Quand elle se propage sur la terre ferme elle ravage tout : maisons, arbres, tout est «fauché» comme par une serpe gigantesque; on dirait qu'un rabot a passé par la même route. A l'inverse des cyclones, dans lesquels la pression décroît graduellement de la circonférence au centre, la dépression due au passage d'une trombe est brusque et instantanée ; aussi, l'équilibre n'ayant pas le temps de s'établir, les toitures et les vitrages éclatent-ils souvent de dedans en dehors lorsqu'une trombe vient à passer au-dessus de la maison qui les porte. Le langage courant confond toujours trombe et cyclone : quand ils parlent de la trombe d'Asnières, les journaux disent le «cyclone d'Asnières», ce qui est inexact. Les cyclones, ^n effet, sont saisonniers, régionaux, et ont un sens déterminé dans chaque hémisphère, alors que les trombes peuvent se produire en tous lieux, en toutes saisons et tournent indifféremment à droite ou à gauche. De plus les cyclones sont des phénomènes dont on pourrait dire qu'ils sont « larges et aplatis » ; la représentation proportionnelle de leurs dimensions en largeur et en hauteur est fournie assez exactement par les nouvelles pièces de nickel perforées, le trou correspondant au calme central, tandis qu'un tire-bouchon est plutôt l'image d'une trombe. L'origine de ces trombes est encore un mystère c'est, par excellence, un «problème de l'atmosphère». Nous avons, il est vrai, des expériences aussi élégantes qu'ingénieuses dues à M. l'ingénieur Weyher qui est arrivé à reproduire artificiellement le phénomène des trombes dans tous ses détails : il fait, pour cela, tourner très rapidement à l'aide d^un moteur électrique, une sorte de roue à palettes montée sur un plateau, et placée horizontalement au-dessus d'un bassin plein
d'eau ; à peine la rotation est-elle commencée que Ton voit apparaître sur Teau une agitation, puis le «buisson», puis enfin la trombe elle-même. C'est frappant au premier chef ; mais cela fait reculer l'obstacle sans le franchir. Comment prend naissance, dans la haute atmosphère, ce mouvement tournant initial qui, dans l'expérience de Weyher, semble indispensable à la production de la trombe ? Quelles forces mettent en jeu et dirigent ensuite les masses d'air qui Texécutent ? Autant de points inconnus dans cette obscure question.
Au cours de ce chapitre, nous avons vu quelles étroites relations existaient entre la condensation de la vapeur d'eau dans l'atmosphère et l'ionisation de l'air,, c'est-à-dire, en somme, entre la production des « météores aqueux » et l'électricité atmosphérique. Ces relations ne sont pas les seules et chaque jour les nouvelles conquêtes de la Physique nous en montrent de nouvelles. Quand les gouttes d'eau se solidifient par cristallisation lente, elles cristallisent dans le système hexagonal, en formant les apparences bien connues des «étoiles» de la neige. Or, cette neige est radioactive ; pourquoi ?
Le dépôt de la rosée sur le sol terrestre est un phénomène qui, pour être courant, est encore loin d'être élucidé dans tous ses détails. Tout d'abord il est en relation directe avec l'évaporation dont les lois sont mal connues : elle dépend nettement de la transparence de l'air qui favorisele rayonnement nocturne des corps vers l'Espace; elle dépend du pouvoir émissif et de la conductibilité thermique des corps sur lesquels elle se dépose au cours de la nuit ; elle dépend de la façon dont ces corps sont exposés au rayonnement et des abris plus ou moins efficaces qui les en protègent ; elle dépend de l'agitation plus ou moins grande de l'air, ainsi que de la hauteur au-
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dessus du sol de l'objet qui rayonne : souvent les hautes feuilles des arbres sont sèches le matin, alors que rherbe des prés qui les environne est humide de la rosée condensée pendant la nuit.
Mais d'où vient cette humidité qui fait la rosée ? les physiciens du xvii* siècle croyaient que les objets terrestres « exhalaient de Thumidité » ; ils admettaient quelavapeur condensée était d'origine végétale. Certes, une raison de cet ordre doit intervenir : les objets terrestres émettent certainement de la vapeur d'eau ; mais il en est qui ne sont pas susceptibles de cette émission, par exemple les métaux non polis, noircis, qui se couvrent de rosée tout comme les végétaux. Il est probable, cependant, que l'humidité de l'air joue dans la production de la rosée le rôle prépondérant.
D'autre part, la rosée ne « tombe » pas comme tomberait une pluie très fine : si elle tombait du ciel toute formée, pourquoi les métaux «polis» exposés à l'air pendant la nuit, n'en seraient-ils pas recouverts? Alors, tout en admettant la part considérable que joue dans sa production le degré d'humidité plus ou moins grand de l'atmosphère, on ne peut s'empêcher de songer à la conception si élégante des D" Elster et Geitel, conception dont nous aurons à parler plus amplement au chapitre suivant. D'après ces savants, le sol a une véritable émanation radioactive; sidonc il est ainsi, l'air se trouve de ce fait ionisé au voisinage même de la surface de l'écorce ; la vapeur d'eau se condense de préférence sur les ions négatifs qui auront ainsi facilité la production de la rosée.
Nous voici donc, une fois déplus, en présence d'une liaison entre un phénomène atmosphérique et l'électricité atmosphérique : nous allons étudier plus particulièrement celle-ci au cours du prochain chapitre.