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LA MÉCANIQUE DE L* ATMOSPHÈRE

cident mortel. Un avion plus « portant » eût donc donné à l'aviateur un surcroît de sécurité.

Cependant, pour de tels voyages, surtout si Ton voulait traverser l'Atlantique, il ne suffirait pas d'avoir la vitesse de Prévost ou la sûreté de Garros : il faudrait encore compter avec l'arrêt du moteur par suite d'un accident; quelque habile que soit la descente en vol plané, il faudrait repartir, et si une avarie grave était arrivée au moteur, ce serait également l'accident fatal.

Il faut donc un avion assez « portant » pour comporter deux moteurs, dont chacun suffirait, à lui seul, à propulser l'appareil. Dans ces conditions, avec une masse au moins quadruple de celle des avions actuels, avec une vitesse de 250 kilomètres à l'heure, non seulement les grandes traversées transaériennes seront possibles, mais encore l'avion qui réalisera ces conditions n'aura plus grand'chose à craindre des fluctuations du régime des vents : il traversera les remous comme une balle de carabine et donnera à son aviateur le maximum de sécurité possible.

La masse de l'avion devra être d'autant plus grande que la grande vitesse exigera une consommation d'essence plus grande, donc une provision plus forte et par suite plus lourde : la force motrice est, en effet, proportionnelle au cube de la vitesse à dépenser et l'on voit combien les grandes vitesses doivent coûter cher. Il faut espérer que les constructeurs se mettront à construire des avions grands et rapides : ces engins n'auront pas de peine à devenir les maîtres de l'atmosphère.

Enfin, disons un mot d'un problème qui a toujours hânté le cerveau de l'homme, depuis la plus haute antiquité jusqu'à nos jours : c'est celui qui consiste à voler par la seule force musculaire, sans faire appel à aucune énergie mécanique.

Toutes les solutions essayées à Taide d'ailes battantes ont échoué; après les essais de Lilienthal) depuis, surtout, la diffusion de Taéroplane, on a essayé de combiner le planement avec les propriétés remarquables de la bicyclette dont les champions développent de si remarquables performances musculaire : Taérocycle, V « aviette » comme on l'appelle aujourd'hui, n'a pas donné le moindre résultat, on pourrait même dire le moindre espoir.

La Mécanique l'explique, en effet. Si l'on calcule l'effort nécessaire pour réaliser l'envol d'un homme du poids moyen de 75 kilogs, on trouve qu'il faut un effort mécanique minimum de 3 chevaux ou 3 chevaux 1/2. Aucune musculature humaine ne pourrait donner cet effort en régime permanent, et il faut renoncer à 1' « aéroçycle ».

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