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Fig. 3. — Répartition de l'oxygène en profondeur.
font communiquer les couches inférieures avec l'air atmosphérique, bien qu'elles supportent le poids des conches supérieures. La justesse de ces vues a été confirmée directement par de fort belles expériences du docteur Richard, directeur du Musée océanographique de Monaco. A Taide d'un artifice simple autant qu'ingénieux, ce savant a prouvé que. le gaz extrait d'un échantillon d'eau ramenée d'une grande profondeur, ne subissait pas de « décompression » brusque, une fois ramené à la pression de la surface. Les gaz ne sont donc pas plus abondants dans les abîmes, que dans les eaux superficielles, et leurs molécuTes, dans les couches profondes, communiquent avec l'atmosphère par les intervalles qui séparent les molécule^ liquides.
Cette communication « intermoléçulaire » avec l'atmos
phère permet d'expliquer comment peut se renonreler indéfiniment la quantité d'oxygène nécessaire aux animaux virant sur le fond. Des expériences directes dues au docteur Regoard, directeur de Tlnstitnt océaiiographiqse de Paii«, ont d'aiileurB démontré matériellement le fait, à Tukàt de la THesse arec laquelle s'altère^ dans un tube verticai, un réactif eirfioré senâble à TacttiHi de Toxygène de Tair. II a trovYé que l'air se sature^ en un an, que quatre mètres d'eau en profondeur; il faudrait deux mille ans pour saturer de gaz atmosphérique une couche d'eau épaisse -de 4.000 mètres : cela peut paraître énorme ; mais^ qu'est-ce que mille ans dans la succession des longues périodes géologiques ?
Outre les sels et les gaz, les eaux de l'Océan renferment des (( matières organiques ». Nous entendons par ce mot toutcomposé complexe comprenant du carbone, de l'hydrogène^ de l'oxygène, de l'azote^ et souvent du soufre et du phosphore. Quelques-uns de ces composés, êtres vivants très petits, conservent leur individualité propre et constituent le Plankton. ^
D^ns ces eompotsés, le rôle de l'azote est primordial. Laissant de c6té l'azote ^i&re, simplement dissous, l'azote (( combiné » peut se trouver à l'état d'ammoniaque libre, d'ammoniaique albuminoïde, de nitrite, de nitrate et de carbonate d'ammoniaque. L'ammoniaque libre est à la dose très faible de 0""^% 2 par litre, en moyenne ; Tammoniaque albuminoïde se trouve à nne dose à peu près de 0°**, 15 par litre.
Gomme l'albumine contient de l'oxygène, de l'hydrogène, du soufre^ de l'ammoniaque à l'état d'azotate et de carbonate, le soufre et l'hydrogène vont entrer eu combinaison, après quoi, par des réactions successives assez complexes, il y aura finalement création de carbonate ealcique et régénération de sulfate de calcium et de
l'eau des UBnS BT SA NATURE 31
sulfate d*amm(HkÎ8quô. L'accratssemest de température, en fàYorisaftt la putréfactton de matières organiques, accélère eelte action, et eela comporte, comnte conséqnenee, que les eaux de» mers tropicales doivent être plu» riches en ammoniaque que celles des mers tempérées et froides.
C'est en partant du fait que les matières albuminoîdes sont di^outes dans l'eau de mer et en te rapprochant des grandes analogies observées dans les proportions relatives des sels, entre Teau de mer et les liquides intéri^rs des oi^Aîsmes animaux, que M. Quinton a été amené à considérer Teau de mer un « plasma ». Bn étendant d'eau distillée l'eau de mer jusqu'à lui donner la même concentration que le sérum, il a constaté que le sérum nataxet et le sérum artificiel peuveot se remplacer mutueilemeat. Des expériences très concluantes ont été faites^ qui on.t entièrement confirmer ses rues.
L^eau de mer contient, en très grande quantité, des bactéries^ et sans doute celles-ci jouent-elles un rôle pLuA important que celui que nous pouvons imaginer. Dans nss laboratoire, en effet, nous ne dlsfMisons que de r^kctifs «^ chimiques », inertes, pour ainsi, dire, alors qte dans la nature, existe à profusion le réactif («vivant» doit Faction est à la fois paissante et encore bien mjjstéciense. ,»
Le nombre de ces b&etéries est très variable suivant les répons de la mer : tantôt très peu de bactéries, taotôt des milliers par centimètre cube ; mais, en général, l^B* nombre aoginente au voisinage des côtes. Beaucoup de ces bactéries,, lumineuses par suite de leur orgamsation, contribuent à produire ta pha^pkorescemet de Peau de mer. Nous< reviendrons pins îcun sur ce mafiiifiquie phénomèw.
L< rMe te plus important des bactéries est de déccunposer te» êtres organisés après leur mort. Les substances azottes, i^os simiples, ainsi formées, sont transformées à leur tour, par les bactéries « nitrifiantes », ea ammo-
32 LES PROBLÈHEa DE l'oCÉAN
niaque, en nitrates, en nitrites, en eau et en acide carbonique. Mais il existe aussi des bactéries « dénitritiantesn, dont l'action est inverse : elles 8ont|au5ceptibles de résoudre en azote les substances azotées formées par les bactéries nitrifiantes. Cet azote retourne à l'atmogphi re et est remplacé dans la mer par celui des nitrates déversés par les fleuves.
Disons enfin que la présence des matières organiqaee dans i'eau de mor lui donne son caractère onctueux, son odeur spéciale, ainsi que la propriété de produire, par agitation, de l'écume que l'on observe jamais dans l'eau douce pure.
Pour étudier la constitution de l'eau de mer aux différentes profondeurs, il est nécessaire d'en recueillir des échantillons et d'être certain qu'ils ont été recueillis au, point voulu de la masse océanique, sans mélange possible avec les autres régions de la mer; on se sert, à cet effet. de « bouteilles à eau de mer u.^
On a imaginé de nombreux types de bouteilles : bouteilles à soupape, bouteilles » isolées » où des cylindres concentriques de matières mauvaises conductricee, permettent à ta température de l'eau accumulée dans le cylindre intérieur de se conserver pendant qu'on Lt ramène à bord. Ces bouteiktes ont l'inconvénient d'ëtie compliquées et d'un prix élevé. On leur préfère la boileille si simple et si ingénieuse, du D' Richard, k pâu près exclusivement employée aujourd'hui.
Celte bouteille se compose essentiellement d'un tube de cuivre, de 300 ""' de capacité, terminé par dent robinets, reliés l'un à l'autre par une tige métallique. |a bouteille, mobile autour de deux tourillons placés tu tiers de sa longueur à partir du bas, peut ainsi oseiler dans un cadre de fer. Un arrêt, commandé par me •\ hélice H, la maintient verticale, les deux robiiets étant ouverts. Dans ces conditions, la bouteille fixée su lil de sonde par deux agrafes, se remplit librement de
i'eaa située dans ia couche qu'elle traverse {dg. 4). Quand on ta remonte, la réaction de l'eau sur
l'hélice fait tourner celle-ci, tige, libère l'arrêt et permet daos son cadre. Ce mouvenient ferme les deux robinets, et la bouteille peutêtre remontée : elle emprisonne de l'eau, puisée à la prorondeur voulue et préserrëede tout mélange avec ks eaui qu'elle a traversera eu remontant.
qui, en dérissant une la bouteille de basculer
BoutsUl* Rlchud, il U dtscwLe
Pour terminer ce chapitre, il nous reste & parler de l'eau normale.
On appelle ainsi une eau de mer naturelle, filtrée et dosée dan» un laboratoire océanographique a?ec toute la précisivu que comportent les méthodes de l'analjse chimique ■ en *''^ ^ pends u. A la demande des océanographes o&vigants, on leur envoie des écbaatilloDs de cette eau, accompagnés chacaa d'une fiche donnant sa teneur en chlore, d'après les analyses. UndeceséchanUlloDs constitue donc un « type ■> auquel on pourra comp&rer les échantillons recueillis au cours delà campasDC- Oa la différence mtre le titrage direct que l'on fera de l'eau normale, à bord, et le titrage fourni par le laboratoire, aa déduire la correction K que l'on devra faire subir, dans un sens ou daos l'antre, au titrage direct de l'échantillon reeneîlli, pour en connaître la teneur en chlore.
L'usage de t'eau normale est donc une aide précieuse pour les travaux des campagnes océanographiques.