‹ Les problèmes de la vie. Essai d'une interprétation scientifique des phénomènes vitaux (volume 2)Chapitre 79 sur 87 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

Action des agents physico—chimiques sur la cytodiérèse.

La division de la substance vivante, d’après mon interprétation, est un phénomène qui à sa base sur deux causes: l’une de nature chimique, l’autre de nature physique.

La cause chimique est l’assimilation, sans laquelle, nous le savons, il n’y a pas de dédoublement des biomolécules et des biomores, condition nécessaire et indispensable pour la division.

La cause physique, qui repose dans la condition chimique des biomores, est l’attraction réciproque de ceux-ci, laquelle aboutit, comme nous l’avons vu, à la division de la substance vivante, quelle que soit sa structure.

Or, si l’on fait abstraction de ces deux causes et si l’on considère le phénomène de la division en lui-même, on ne peut douter qu’il ne soit qu’un phénomène purement et uniquement mécanique, et, par suite, soumis, comme tel, à toutes les lois de la mécanique. C’est ce que nous venons de démontrer par les solutions des problèmes précédents, et c’est précisément à la nature mécanique de ce phénomène que nous devons la possibilité de ces solutions.

Mais, si nous passons à considérer quels sont les effets produits sur la division par les agents physico-chimiques, si nous nous demandons quelles seront les actions de la chaleur, de la lumière, de l'électricité, du magnétisme, ou des diverses substances chimiques sur les manifestations de la division,

nôus nous trouvons malheureusement dans l'impossibilité de les prévoir et de les démontrer. ; M Cela est d’ailleurs très évident, et tout Biologiste pourra \ comprendre facilement que ce serait une trop grande PrÉERPOSS que de vouloir arriver à de semblables résultats. | En effet, comme l’assimilation est un phénomène chimique, elle pourra subir des perturbations remarquables sous l’action « de certains agents physiques, notamment de la chaleur et de l’électrieité, ou sous l’action de substances chimiques spéciales capables de réagir sur la substance vivante. Mais de quelle nature seront ces perturbations et comment se manifesteront elles ? À La possibilité de prévoir les effets des agents physiques \ ou chimiques sur les corps est indissolublement connexe avec … la connaissance parfaite de la nature chimique de ces corps. 3 Nous pouvons prévoir, par exemple, que le marbre, sous l’action 1 des acides, fait effervescence, parce que nous savons que c’est 4 un carbonate. De même, si nous pouvons prévoir que la cha- # leur, en agissant sur lui, dégage de l’acide carbonique, c’est aussi parce que nous connaissons sa nature de carbonate: M l Sans cette connaissance, toute prévision serait impossible. Mais, comme la composition chimique de la substance vivante nous échappe presque entièrement, comment pourrons-nous prévoir les effets que les agents physico-chimiques produiront en elle? À Cependant, si nous considérons que l'orientation des bio= mores, qui aboutit à la division, est bien un phénomène phy- 4 sique, mais qu’il repose sur leur attraction réciproque et que cette attraction à sa base dans la constitution chimique des biomores, nous pouvons admettre sans difliculté que des agents a physiques où chimiques, quoique impuissants à empêcher ou» à troubler l'assimilation, soient néanmoins suffisants pour pro=. duire sur les attractions des biomores des perturbations telles, que leur orientation en soit modifiée ou même empêchée. ù L'orientation biomorique, cause efficiente de la division, « peut être exactement comparée à la cristallisation, qui n’est, 3

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‘aussi, qu'un phénomène physique dû à l’arrangement de $ particules s’orientant sous l’action d’une attraction réciproque. #4 Or, nous savons que la cristallisation exige une parfaite tran- à quillité physique et chimique du milieu dans lequel elle doit È s’accomplir. C’est ainsi, par exemple, que si l’on introduit , ; dans un milieu cristallisable un corps quelconque qui puisse - agir sur celui-ci, le phénomène de la cristallisation peut être - empêché, retardé ou même accéléré. Ces mêmes effets peuvent aussi être produits par certains agents physiques, tels que la chaleur, la lumière, l'électricité, le magnétisme, etc.; mais nous ne saurions jamais les prévoir si nous ne connaissions point la nature de la substance cristallisable, ou si des ex- périences précédentes ne nous les avaient révélés d'avance. à Une tranquillité chimique et physique, presque semblable à celle que la cristallisation exige, est donc très probablement nécessaire à l'orientation biomorique. Si donc la cellule, pendant la période de la cytodiérèse, se trouve dans un milieu qui puisse troubler de quelque facon l'orientation biomorique, celle-ci ne pourra s'achever, ou bien elle sera retardée, ou “bien encore elle sera modifiée par des altérations produites dans la nature chimique des biomores, et les figures caractéristiques qui accompagnent la cytodiérèse seront quelque peu ; altérées.

4 Je crois que c’est dans ces sortes d'actions qu’on doit x hercher la cause re ds a We plusieurs

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