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pas dépendante de la présence de blastomères homonymes
contemporains dans les deux quadrants G et D. En examinant la fig. 13, le lecteur pourra facilement se convaincre que dans chacun des quadrants et, par suite, dans le quadrant P aussi, existent des blastomères homonymes contemporains, ce qui est d’ailleurs une conséquence directe du développement monodique. Il reconnaîtra l'exactitude parfaite de mes déductions et arrivera à se persuader que l’origine de la symétrie rayonnée ou bilatérale n’est qu’une conséquence mathématique et mécanique des prémisses qui constituent la base de mon interprétation de l’ontogénèse.
La cause de la symétrie réside donc dans l’asynchronisme de segmentation de l'oeuf et dans la faculté qu'ont les blastomères de donner lieu, en présence des substances spéciales constituant le milieu interne, à des lignées de cellules différentes qui seront le point de départ pour la formation des futurs organes de l'embryon. Or, comme cette faculté est dépendante de la nature des blastomères et du milieu interne, et comme celle-ci dépend, en dernière analyse, de la constitution de l'oeuf, il s'ensuit évidemment que l’origine de la symétrie dérive de la constitution de l'oeuf. En d’autres termes, la symétrie de l'embryon est déjà préexistante dans l’oeuf même.
Mais cette préexistence n’est pas fondée sur la structure morphologique de l'oeuf. Il n’y à pas dans celui-ci une disposition spéciale des particules par rapport à la symétrie de l'embryon qui en dérivera; et bien que, tout récemment,
quelques Biologistes se soient efforcés de démontrer que certains oeufs présentent une symétrie bilatérale dans leur struc-
ture, je crois néanmoins que, même en admettant que cette symétrie existe réellement, elle n’a point de relations de causalité avec la symétrie de l'embryon.
D'ailleurs, ayant admis comme point de départ de mon interprétation, l’isotropisme de l'oeuf, il est évident que je ne peux supposer dans celui-ci une disposition quelconque de ses particules ayant la moindre relation avec la structure du
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futur embryon. Par conséquent, en admettant, ainsi que je l'ai démontré, une préexistence de la symétrie dans l'oeuf, je me réfère exclusivement à la constitution chimique de son bioplasma, à sa constitution bioplasmatique, en écartant rigoureusement toute structure morphologique.
La symétrie est donc un phénomène purement mécanique, 5 dont l’origine est néanmoins basée sur la nature des blastomères et sur leurs propriétés chimiques et, par conséquent, sur la constitution chimique de l'oeuf, dont ceux-ci dérivent.
Il faut donc distinguer deux sortes de symétrie: la symétrie de l’agrégat cellulaire de segmentation et la symétrie de l’embryon. La première, nous l’avons vu, est toujours une symétrie bilatérale, dérivant du développement monodique et consistant dans la présence de cellules homonymes contemporaines dans l’agrégat cellulaire: mais cette symétrie n’est que passagère: car elle est destinée à disparaître aussitôt que d’autres lignées de cellules se substituent aux blastomères. Elle n’a d’ailleurs aucune importance pour la symétrie de l'embryon futur. Nous avons vu, en effet, que d’un agrégat cellulaire possédant cette symétrie bilatérale peuvent dériver des animaux à symétrie bilatérale, autant que des animaux à symétrie rayonnée.
La symétrie de l'embryon, au contraire, ne se forme qu'à l'apparition de la deuxième lignée cellulaire, s’il s’agit de symétrie rayonnée, ou des lignées paires, s’il s’agit de symétrie bilatérale; mais cette symétrie se conservera toujours: car il est bien évident que, quels que soient les organes que nous supposons dériver de ces lignées cellulaires, ces organes auront nécessairement une symétrie rayonnée ou une symétrie bilatérale, c’est-à-dire la même symétrie que présentent dans l’agrégat cellulaire ces lignées mêmes dont ils dérivent.
C’est ici que nous pouvons aborder une question très intéressante, qui a donné lieu, dans ces dernières années, à plusieurs discussions. Je veux dire l'orientation de l'embryon par rapport au premier plan de segmentation.
Revenons donc à la fig. 3, où le deuxième plan de segmen- tation est achevé et où l'agrêgat est constitué des quatre FL premiers biastomères. Ceux-ci sont évidemment compris entre le premier et le deuxième plan de segmentation, formant ainsi quatre quadrants que nous voyons marqués dans la figure É. susdite par les lettres 4, G, D, P.
Or, comme le blastomère 2 du quadrant 4 est le plus avancé D: dans l'évolution, il s'ensuivra nécessairement que, même > lorsque les cellules de l'agrégat seront plus nombreuses, le . blastomère le plus avancé se trouvera néanmoins toujours É contenu dans le même quadrant 4. Il est vrai que, pendant 4 la segmentation et à cause de celle-ci, les cellules, en glissant 3 les unes sur les autres, pourront changer leur position ré- 3 ciproque; j’admets même que ce changement se fait, dans la plupart des cas, en mesure plus ou moins grande. Mais cela, À ainsi que nous le verrons, n’a pas d'importance, et servira même à expliquer plusieurs des faits observés.
Faisons donc abstraction de ce déplacement et supposons que le blastomère le plus avancé se trouve toujours dans le x quadrant 4. Évidemment, le blastomère de la phase limite de
l’évolution de l'oeuf, (dans notre cas, le blastomère p) se trou- vera dans ce même quadrant, et, par conséquent, la deuxième lignée de cellules occupera, elle aussi, la même place dans l’agrégat cellulaire; car nous savons qu’elle dérive de la pro- lifération ultérieure du blastomère y. Or, comme cette lignée Fe de cellules, dans le cas de la symétrie bilatérale, constitue, . ainsi que nous venons de le voir, le groupe cellulaire impair qui sera plus tard flanqué des deux groupes cellulaires pairs, il en résulte nécessairement que les organes qui dériveront de ce groupe impair de cellules seront, eux aussi, inévitablement impairs, tandis que les organes dérivés des groupes cellulaires pairs seront, eux aussi, pairs. Par conséquent, - quels que soient les organes que nous supposons dériver de la deuxième lignée de cellules, qu’ils appartiennent à l’extré- mité antérieure ou bien à l’extrémite postérieure de l'em-
bryon, ce qui n’a pas d'importance, l'orientation de l'embryon par rapport au premier plan de segmentation ne sera pas moins déterminée; car ces organes impairs marqueront évidemment la direction du plan de symétrie du futur embryon.
Concrétons mieux nos idées. Supposons que des cellules issues du blastomère » dérivent les cellules qui devront plus tard constituer les parois du tube neural primitif. Celui-ci sera nécessairement un organe impair; tandis que, si l’on suppose que les sacs coelomiques dérivent des groupes cellulaires pairs de la lignée intermédiaire, ces sacs se formeront naturellement en nombre pair, d’un côté et de l’autre du tube neural. Celui-ci marquera alors la direction du plan de symétrie de l'embryon, et cette direction, par rapport au premier plan de segmentation de l'oeuf, sera la direction même qu'avait le blastomère p.
Or, comme le blastomère p est dérivé de la segmentation
du blastomère 2 occupant le quadrant 4, il occupera encore une place dans ce même quadrant. Peut-être, à cause de la pression des cellules environnantes pendant la segmentation, il aura subi des déplacements: tantôt il pourra se déplacer vers
le premier plan de segmentation, ainsi que je l’ai supposé dans
la fig. 13, tantôt il se déplacera vers le deuxième plan de segmentation, tantôt encore il prendra une position intermédiaire entre le premier et le deuxième plan de segmentation. Le plan de symétrie du futur embryon sera, par conséquent, en relation très étroite avec ces déplacements. Si le blastomère » a une position intermédiaire entre le premier et le deuxième plan de segmentation, la direction du plan de symétrie de l'embryon sera, elle aussi, intermédiaire entre ces deux plans; si, au contraire, le blastomère p se trouve très rapproché du premier plan de segmentation, le plan de symétrie de l'embryon fera avec celui-ci un angle dont la valeur sera très petite et peut-être presque nulle et négligeable. Dans ce cas, le plan de symétrie de l'embryon coïncidera, apparemment au moins, avec le premier plan de segmen-
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