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| Mais comme, dans les expériences d’ootomie, l'oeuf n'est jamais complètement privé de son deutoplasma, je ne saurais pourquoi sa segmentation ne devrait pas se faire normalement.
Celle-ci commencera done et se poursuivra régulièrement
jusqu’à certaines limites.
Quelles sont ces limites ? Nous pouvons les déterminer théo- E- riquement d'une manière générale.
Supposons, pour nous en tenir toujours à l'exemple cité aux chapitres précédents, que les phases de l’évolution de l'oeuf # soient b, €, d...p, et que celle-ci soit la phase limite de cette évolution, Cette phase ne pourra être atteinte qu'après 7 di- - visions; car, à la 1° division, l'oeuf « se divisera en b, €; à la 2e, c se divisera en d, e; à la 3°,e en /, g; à la 4°,g en k, à; à la 5°, : en Z, [; A la 6°, Len m,n; à la 7°, n en 0, p.
Or, chacune de ces divisions sera séparée de la suivante par une période assimilatrice, pendant laqueile le bioplasma . absorbera une certaine quantité des substances deutoplasmatiques. Cette quantité représentera le minimum de deutoplasma indispensable pour l’accomplissement de l’évolution de l'oeuf: car il est évident que si elle était inférieure à ce minimum, l'oeuf ne pourrait arriver qu’à une des phases intermédiaires,
4 mais jamais à la phase limite.
x Si donc, dans les conditions normales, tous les oeufs ne contenaient que cette quantité minimum de deutoplasma, on pourrait conclure que toute excision de l'oeuf, en diminuant cette quantité, empécherait le développement; car la phase limite, point de départ pour les autres évolutions, ne pouvant ètre atteinte, le développement s’arrêterait. Dans ce cas, nous xerrions la segmentation se poursuivre jusqu'à un certain #4 point et puis s'arrêter.
Mais si l’on doit en juger d'après ce que nous constatons fréquemment dans la nature, on peut arguer que, dans les oeufs, il y a presque toujours une quantité de substances deutoplas-
matiques de beaucoup supérieure à celle qui serait strictement nécessaire, Un examen, même superficiel, des phénomènes accompagnant le développement des animaux et des végétaux, où, à l'achèvement du développement, dans les conditions normales, il y a un surplus de substances nourrissantes dont l'organisme n’a pas fait usage, nous démontre que la nature, dans la préparation de ces substances, n’est pas du tout avare mais plutot très prodigue.
Or, cette surabondance de deutoplasma étant donnée, on comprend facilement que, si, dans les expériences d’ootomie, la partie excisée n'est pas trop grande, le développement de l'oeuf devra se faire normalement et que l'embryon issu de celui-ci devra être complet et normal.
Mais si cette partie excisée est trop grande, c’est-à-dire si l’on soustrait à l’oeuf une masse deutoplasmatique telle que ce qui reste de deutoplasma dans l'oeuf soit inférieur au minimum nécessaire pour l'achèvement de la série des phases caractérisant l’évolution de l'oeuf, il s’'ensuivra évidemment que la phase limite de celle-ci ne pourra plus être atteinte et que le développement de l'embryon sera nécessairement empêché.
Je dois, à ce propos, appeler l'attention des Biologistes sur certaines déductions et sur quelques expressions qui ne me paraissent pas parfaitement exactes. ;
La plupart des Biologistes qui ont étudié les résultats dé ces intéressantes expériences d’ootomie, ayant constaté que la segmentation s’accomplit quand même, quel que soit le volume de la partie de l'oeuf excisée, en ont conclu qu’alors même que cette partie est très grande, dans certaines limites bien entendu, le pouvoir de développement de l'oeuf n’est pas amoindri. Mais l'exactitude de cette conclusion est tout-à-fait subordonnée à ce qu'on entend par pouvoir de développement de l'oeuf.
Car si, par cette expression, on veut indiquer le pouvoir inhérent à l'oeuf de donner origine à un embryon, la con-
clusion ne me paraît pas parfaitement exacte. Si l’on voit - que l'oeuf, bien que privé d’une partie de son deutoplasma, se segmente également; si l’on voit que cette segmentation progresse jusqu'à un certain point, on n’a pas le droit d’en conclure que le développement se poursuivra de la même manière jusqu’à la formation complète de l'embryon. Nous avons vu que la segmentation n’est que l'effet de l'assimilation. Elle nous démontre donc que l'assimilation s’est accomplie dans les cellules qui se divisent; mais cela n'implique nullement qu'elle se poursuive dans les autres cellules qui en dériveront, et, par suite, que le phénomène du développement de l'embryon, débutant par la segmentation, doive se continuer jusqu’à l’achèvement. Elle pourra, au contraire, s'arrêter à une phase quelconque de l'évolution de l'oeuf: et si cette phase n’est pas
la phase limite, le développement ultérieur sera naturellement empêché.
On peut objecter ici que non seulement la segmentation a lieu, mais qu'il se forme aussi une blastula typique, tout comme dans le développement de l'oeuf entier. Cette objection est sans valeur: car nous savons que cette formation morphologique n’est que la conséquence mécanique de la segmentation et de l'accumulation d'un liquide à l’intérieur de la cavité de segmentation.
Or, comme je viens de démontrer que l'assimilation doit se faire également dans les oeufs excisés, pourvu qu’ils contiennent encore des substances deutoplasmatiques, quoi de plus naturel que la sécrétion de substances spéciales, conséquence directe de l'assimilation, se fasse, elle aussi, normalement, et que ces substances s'accumulent à l’intérieur de l'agrégat cellulaire dérivant de la segmentation, tout comme dans le développement normal des oeufs ?
La formation d'une blastula typique, pas plus que la seg-
… mentation, n'implique donc point le développement normal
ultérieur jusqu’à l'achèvement de l'embryon.
Il nous reste maintenant à considérer le volume et le nombre
des cellules dans les embryons dérivant des oeufs excisés.
Quant au volume, il est évident que, comme l’excision d'une portion de l’oeuf diminue le volume total de celui-ci, les cellules dérivant de sa segmentation présenteront, elles aussi, une diminution correspondante: car nous savons que, dans les oeufs à segmentation totale, le volume des blastomères n’est “qu'une portion du volume total de l'oeuf. Si donc on com-. pare les blastomères d’un embryon normal avec les blastomères d’un embryon dérivant d’un oeuf excisé, on trouvera toujours une diminution de volume, corréspondant à la diminution qu'a subie l'oeuf. Cependant cette différence de volume n’existera pas à toutes les phases du développement, et nous pouvons facilement nous en convaincre. |
Le volume total d’une cellule de segmentation est égal à la somme du volume du bioplasma et du volume des substances deutoplasmatiques qu’elle contient; et si cette cellule, dans les cas d’ootomie, est plus petite, c'est que la masse deutoplasmatique a subi une diminution; mais le volume du bioplasma est toujours parfaitement égal à ce qu’il était normalement. En d’autres termes, la cause de la diminution du volume n’est pas dans la diminution du bioplasma, qui reste toujours le mème, mais dans le deutoplasma qui a été soustrait à l'oeuf.
Par conséquent, tant que les cellules de segmentation et les autres qui suivront dans le développement ultérieur, contiendront des substances deutoplasmatiques, leur volume sera moindre que le volume des cellules correspondantes dans un embryon normal et à la même phase du développement; mais dès que les cellules ne contiendront plus de deutoplasma, celui-ci ayant été absorbé peu à peu par l'assimilation du bioplasma, leur volume total sera égal au volume des cellules correspondantes dans les embryons normaux et à la même phase du développement. La différence dans le volume des cellules entre les embryons normaux et les embryons pro venant d'oeufs excisés, disparaitra done à une certaine phase de leur développement.
. Quant au nombre des cellules constituant l'embryon issu d’un oeuf excisé, nous pouvons le déterminer avec une pré-
cision mathématique; pourvu que la phase du développement
ex . FL #:
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