‹ Les problèmes de la vie. Essai d'une interprétation scientifique des phénomènes vitaux (volume 3)Chapitre 68 sur 97 · LE Q · texte numérisé non relu

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mation des groupes cellulaires pairs, déterminant la symétrie -

bilatérale de l'embryon dans les conditions normales, ces groupes ne pourront se former d'un côté et de l’autre du groupe médian; mais il ne se formera qu'un groupe seul, du côté du groupe médian opposé à la surface d'adhésion, dans notre

exemple, du côté droit de ce groupe, le blastomère tué se.

trouvant à gauche de celui-ci.

Le groupe pair du côté gauche ne pourra évidemment se former, parce que, le groupe médian étant supposé tout-à-fait

contigu au plan d'adhésion et, par suite, la présence de blasto-

mères étant exclue entre ce groupe et ce plan, comme chaque

lignée cellulaire a son point de départ dans un blastomère,

la lignée ne pourra avoir lieu là où les blastomères manquent.

Dans le cas que nous venons de considérer, l'embryon ne présentera donc que le groupe cellulaire médian correspondant au plan de symétrie de l'embryon et un seul des deux groupes cellulaires pairs, caractérisant sa symétrie bilatérale; et on comprend facilement que tous les organes dérivant des groupes pairs dans le développement ultérieur manqueront nécessairement, dans l'embryon, du côté même où un des groupes pairs n’a pu se former. Dans notre exemple, l'embryon ne présentera donc, normalement développée, que sa moitié droite, tandis qu’il sera complètement dépourvu de la moitié gauche.

Quant au groupe cellulaire médian, il sera complet, et par suite, les organes qui en dérivent seront complets, eux aussi. Mais ayant supposé ce groupe immédiatement contigu à la surface d'adhésion du blastomère tué, il faut tenir compte du rôle mécanique que celui-ci peut jouer dans le développement ultérieur, rôle dont les effets ne peuvent être déterminés avec une précision rigoureuse, mais que nous pouvons juger d’une certaine importance dans les phénomènes de plissement qui caractérisent la formation des organes.

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C’est ainsi, par exemple, que si l’on suppose qu'aux dépens de ce groupe médian doit se développer plus tard la gouttière médullaire, celle-ci, peut être, ne pourra prendre parfaitement sa forme normale, en étant mécaniquement empêchée par la présence du blastomère tué, agissant comme obstacle.

Mais si l’on néglige ces phénomènes de malformation, qui n’ont qu’une importance tout-à-fait secondaire dans notre question, nous voyons que le résultat du développement est La formation d'un demi-embryon au lieu d'un embryon entier, el que, dans ce cas, le plan de symétrie de l'embryon doil coïncider avec le premier plan de segmentation.

On comprend aisément que les cellules de ce demi-embryon auront le volume normal. Quant à leur nombre, nous pouvons le déterminer assez exactement.

En effet, comme le nombre des cellules de l’agrégat de segmentation est à peu près la moitié du normal, les substances contenues à l’intérieur de cet agrégat et sécrétées par les blastomères seront, elles aussi, en quantité moitié de la normale. Le nombre des cellules du groupe impair puisant leur nourriture dans ces substances ne sera donc qu’à peu près la moitié du normal. Mais il n’en est pas de même pour les cellules du groupe pair. Car il est vrai que les substances nourrissantes sont, pour ces cellules aussi, réduites de moitié; mais il faut considérer que, dans le développement normal, les groupes pairs étant deux, ils exigent pour leur formation deux fois plus de nourriture que dans le cas que nous considérons. En peu de mots, le rapport entre la quantité des substances nourrissantes et le nombre des groupes cellulaires pairs qui doivent se former est le même, aussi bien dans le développement normal que dans le cas présent. En effet, si nous représentons par / la quantité des substances nourrissantes et par 2 le nombre des groupes cellulaires pairs se formant normalement aux dépens de ces substances, le rapport en est 1:2; tandis que, dans le développement d’un demi-embryon, la quantité des substances nourrissantes est ns et le nombre des

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groupes pairs est 1. On voit clairement que le rapport est toujours le même: 1:2 — La ie

Maintenant, si l’on suppose que le blastomère tué soit « au lieu de b, et si l’on suppose encore que les conditions soient les mêmes que nous avons supposées jusqu'ici, on peut, par des raisonnements analogues, arriver à des résultats très semblables. Le développement du blastomère 4 pourra donner lieu à la formation d'un demi-embryon; mais, dans ce cas, le plan de symétrie de celui-ci coïncidera avec le premier plan de segmentation. Cependant, le développement présentera des différences que nous pouvons déterminer sur la base des solutions des problèmes précédents.

Avant tout, l'achèvement de la segmentation et, par suite, le commencement de la gastrulation, subira un retard (11 h. 55’ au lieu de 10 h. 30°). En second lieu, l’agrégat cellulaire de segmentation présentera à ce moment un nombre de cellules seulement quelque peu inférieur au normal.

Les substances sécrétées par les blastomères et s’accumulant à l’intérieur de l’agrégat seront donc en quantité quelque peu moindre que la normale. Les cellules du groupe impair seront donc en nombre seulement quelque peu plus petit que normalement; mais le seul des deux groupes pairs qui s’est développé présentera évidemment un nombre de cellules plus grand que le normal.

Supposons maintenant que le blastomère à la phase p, au lieu de se trouver tout contigu au premier plan de segmentation, soit contigu au deuxième plan.

Il est évident que, dans ce cas, on obtiendra la formation d'un embryon entier, quoique plus petit que le normal. En effet, lorsque, après la formation du groupe cellulaire impair résultant de la 2° lignée de cellules, commencera la formation des groupes cellulaires pairs, ceux-ci pourront se développer aussi bien d'un côté que de l’autre du groupe médian impair: car, celui-ci se trouvant placé entre des blastomères, la for-

mation d’un groupe cellulaire pair d’un côté sera aussitôt suivie de la formation d’un autre groupe cellulaire identique de l’autre côté. On n'obliendra donc pas un dernt-embryon, mais un embryon entier, c'est-à-dire présentant, également développées, les deux parties latérales caractérisant sa Symelrie bilalérale.

Quant au nombre des cellules, celui-ci dépendra du blastomère survivant. Si le blastomère survivant est €, le nombre des cellules de segmentation et des organes sera à peu près la moitié du normal; si le blastomère survivant est b, le nombre des cellules sera quelque peu moindre que le normal.

En un mot, le blastomère survivant donnera, par son développement, des résultats analogues à ceux que nous avons déterminés dans ia solution du Il° problème. Je renvoie donc le lecteur à cette solution.

Quant à la direction du plan de symétrie de l'embryon, on comprend facilement que, dans ce cas, il ne pourra coincider avec le premier plan de segmentation; il coincidera, au contraire, avec le deuxième plan de segmentation et, par suite, sera perpendiculaire au premier.

Maintenant, si l’on suppose que le blastomère à la phase limite » ne soit contigu ni au premier ni au deuxième plan de segmentation, mais qu'il ait une position quelconque entre ces deux plans, on comprend que l'embryon présentera également les deux parties latérales de son corps, et, par suite, qu'il ne sera pas un demi-embryon mais un embryon entier. Le plan de symétrie, dans ce cas, ne sera pas perpendiculaire au premier plan de segmentation, mais il fera avec ce plan un angle dont la valeur oscillera entre 0° et 90°.

Nous conclurons donc que si l’on lue un des deux premiers blaslomères, le développement du blastomère survivant, en supposant que l'oeuf conserre sa posilion normale, pourra donner des résullals différents, à savoir : un demi-embryon gauche ou droit; et dans ce cas, le plan de symétrie de l'emnbryon coïncidera avec le premier plan de segmentation; ou

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