‹ Les problèmes de la vie. Essai d'une interprétation scientifique des phénomènes vitauxChapitre 37 sur 47 · ER · texte numérisé non relu

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4 Tout comme la formation des sexes, leur séparation est une mécessilé fatale due aux transformations chimiques indispensabl Mes pour la formalion des cellules seruelles et aux con- Es dans lesquelles elles doivent s'accomplir.

Certes, si nous pouvions connaitre exactement la constituion des biomolécules mâles et femelles, les transformations ractérisant leur préparation et leur maturation, et la naure chimique du milieu interne de l'organisme, nous pourrions aussi juger d'avance si celui-ci est hermaphrodite ou unisexuel ; mais comme nous sommes dans l'impossibilité de connaître ces facteurs, nous nous trouvons forcément dans la écessité de considérer cette question à un point de vue très général, en nous tenant cependant à cette constatation que non seulement notre interprétation n’est pas en contradiction ave les faits réels, mais qu'elle nous amène encore par des dé luctions logiques à une explication rationnelle de ces faits memes,

Quant à l'autofécondation et à l'hétérofécondation, nous en trouvons dans notre interprétation une explication beaucoup L us rationnelle et plus scientifique qu'on ne l'avait donnée ï xsqu'ici.

Nous avons en effet démontré dans les pages précédentes que . les deux sortes de périodes de préparation sexuelle doivent itre de longueur différente, ce qui produit nécessairement . la dichogamie. Il est done évident que l'autofécondation ne pourra avoir lieu que dans le cas où cette dichogamie ne

soit pas trop accentuée, c’est-à-dire que la période de préparation sexuelle femelle ne soit pas excessivement plus longue que celle de la préparation male, de manière que les cellules sexuelles màles soient encore aptes à la fécondation lors de la formation des cellules femelles ; ou bien dans le cas où, la dichogamie étant très accentuée, il existe néanmoins des dispositions spiciales (vésicules ou réceptacles séminaux par exemple) par lesquelles les cellules mâles puissent se conserver jusqu’à la formation des cellules femelles.

Mais si ces conditions spèciales ne sont pas réalisées, on comprend facilement que l’autofécondation ne pourra avoir lieu, et que l’hétérofécondation sera évidemment indispensable pour assurer la reproduction.

Et s’il en est ainsi, rien de plus naturel que, dans les êtres où la reproduction ne peut se faire que par l’hétérofécondation, on constate des dispositions spéciales qui la favorisent, ainsi que nous pouvons le voir chez quelques animaux et plus spécialement dans plusieurs végétaux.

Or, que de semblables dispositions favorisant l’hétérofécondation puissent, en même temps, empêcher le phénomène inverse, à savoir l’autofécondation, c'est ce qu’on peut concevoir très facilement; mais ce serait, je crois, exagérer et méconnaître la portée philosophique du phénomène que de dire que ces dispositions ont pour but d'empêcher l’autofécondation.

Il en est même de l'interprétation qu’on donne généralement de la dichogamie.

Celle-ci, d'après la plupart des Biologistes, aurait pour but, elle aussi, d'empêcher l’autofécondation. Mais il est clair que cette manière d'envisager ce phénomène, non seulement n’est pas scientifique parce qu’elle est trop téiéologique, mais qu’elle est encore entièrement erronée au point de vue de la logique: car c’est ce qu’on appelle vulgairement mettre la charrue devant les boeufs.

D'ailleurs, si la dichogamie avait vraiment pour but d’empècher l’autofécondation dans les êtres hermaphrodites, elle ne

ait pas exister chez les organismes unisexuels, où l'auondation est impossible, Et pourtant nous savons qu'elle y existe réellement et, peut être, plus accentuée que chez les hermaphrodites !

… En se basant sur les prétendus inconvénients dérivant des unions consanguines, et en comparant ces unions à l’autofécondation, les Biologistes ont voulu voir aussi duns l'empê- chement de celle-ci par la dichogamie une disposition de la nature favorable à l'amélioration de l'espèce. Mais, à ce point de vue aussi, on peut objecter que si, d'une part, les incon- vénients de la cousanguinité sont exagérés, ou inexistants, ou autrement et plus exactement interprétés aujourd'hui qu'ils ne l'étaient auparavant, de l’autre, la dichogamie ne peut, par élle seule, empêcher les unions consanguines dans tous les cas p pssibles.

Parmi les nombreuses plantes de nos prés, par exemple, plusieurs d'entre elles sont sans aucun doute consanguines, étant nées de graines provenant du même individu. Mais il est clair que si la germination de toutes ces graines consanguines ne se fait pas précisément au même instant, ce qui est très probable, il arrivera facilement que les produits sexuels mâles d'une plante soient mûrs en même temps que les produits femelles d'une autre plante, sa consanguine. Dès lors, * e ne vois pas pourquoi la fécondation entre ces deux individus ne devrait pas avoir lieu; et si elle a lieu, on peut aflirmer que la dichogamie a manqué son but.

Nous conclurons donc:

l° Les biomolècules des deux sortes de cellules sexuelles doivent élre égales entre elles par la qualilé de leurs atomes el en différer par l'arrangement el le nombre.

LS 2 La durée de la période de préparalion seruelle est, par suile, différente dans les deux sortes de cellules génétiques: . d'où la dichogamie.

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3° L'hermaphrodilisme et l'unisexualisme pi des transformations chimiques mêmes qui caracléri préparalion sexuelle et des condilions dans lesquelles s’accomplil. re 14

4 La dichogamie est la cause de la difficullé de r fécondation et de la fréquence de l'hélérofécondation.

Caarirre X.

La Parthénogénèse.

SOMMAIRE: L'hétérogénèse et la parthénogénèse — Leurs caractères — La mé-

arrbénotoq des corpascales polaires des couts parthéangindtques, et la détermination du sexe eu rapport à ce nombre —

Avant d'aborder l'intéressante question de la parthénogénèse, il faut que nous nous entendions, aussi exactement que possible, sur l'étendue de la signification de ce mot.

On sait que les exemples d'organismes dérivant d'une cellule seule d’un autre individu préexistant, sans fécondation préalable, sont très nombreux chez les végétaux aussi bien que chez les animaux. Mais ces exemples ne peuvent pas tous être considérés comme des phénomènes de parthénogènèse. Voici une spore de fougère, une cellule donc, qui, sans être fécondée, engendre un autre organisme, le prothalle. S'agit-il ici de parthénogénèse ? Non, car la spore dérive de la feuille et le prothalle est très différent de celle-ci.

Les prétendues formes parthénogénétiques de Phyllorera vaslaltrir ne peuvent être rigoureusement envisagées comme telles; car les formes des différentes générations ne sont pas parfaitement semblables entre elles. , Il en est de même de la parthénogénèse de quelques Crustacées, de pusieurs Cynipidae et, d'une façon générale, de ces animaux où la prétendue parthénogénèse est accompagnée de l’hétérogénèse.

Il faut absolument se rappeler toujours que la parthénogénèse est liée indissolublement à la reproduction et qu’elle ne peut exister qu’en tant qu’existe celle-ci, c’est-à-dire qu’on ne peut parler de parthénogénèse qu’alors que l'individu naissant d’une cellule seule, sans fécondation préalable, est parfaitement identique à l'individu dont cette cellule est issue: ce que nous ne pouvons pas constater dans les cas d’hétérogénèse.

Ceux-ci ne sont que des phénomènes de génération alternante, et génération n'est pas reproduction.

La génération n'implique que la production d’un autre organisme, indépendamment de l'identité entre celui-ci et son progéniteur. Je dirai même qu’elle exclut cette identité: car si celle-ci existait, elle deviendrait une véritable reproduction.

Or, l’hétérogénèse n’est, en dernière analyse, qu’un cas spécial de l’ontogénèse. Chaque organisme: &, b, ec du cycle vital doit être considéré comme une partie d’un organisme idéal plus complexe résultant de l’ensemble des différentes formes du cycle. Et cela s'explique aisément si nous nous en rapportons à la conception de tout organisme et à l’origine des parties du corps.

Chaque organe des êtres pluricellulaires tient son origine primitive dans une cellule parue dans le corps à une époque déterminée de leur vie, et cette cellule, en se nourrissant aux dépens des substances mêmes du milieu interne de l’organisme (1), se divise successivement en donnant lieu à plusieurs autres cellules qui formeront, par leur ensemble, l’organe que nous considérons. Et comme les appareils sont formés par l’ensemble des organes, il s'ensuit que chaque appareil, quelque complexe qu’il puisse être, a une origine analogue.

Or, chaque individu pacthénogénétique du cycle vital hétérogéaétique est, lui aussi, issu d’une cellule, parue dans le corps du progéniteur à une époque déterminée de son exi-

(1) V. 2° partie de cet ouvrage,

nce ; cellule qui, se nourrissant aux dépens des substances pplasmatiques qu'elle renferme, produit plusieurs+ autres cellules constituant par leur ensemble un appareil très com- plexé e, à savoir l'être que nous considérons. Mais y a-t-il dans ces deux phénomènes des différences FE pndamentales ? La cellule dont dérive un organe exige, pour son développement et pour ses divisions ultérieures, des substances nour- … rissantes qu'elle ne renferme pas en elle-même, mais qu'elle puise dans le milieu interne organique du corps dont elle est une partie constituante. Elle ne peut donc abandonner ce … corps. Elle doit y rester attachée, afin d'y trouver à chaque instant les conditions indispensables pour son évolution. La cellule au contraire dont dérive une forme dite parthé- | nogénétique, du cycle hétérogénétique, a accumulées, dans son intérieur même, les substances nécessaires pour le développement et l'évolution des autres cellules qui dériveront de sa division. Elle devient donc, par ce fait même, indépendante . du corps qui l’a produite, et peut, par suite, l’abandonner, et acquérir une indépendance parfaite.

L'organe dérivé d'une cellule peut jouer, dans tout le sy- ; stème symbiotique de l'organisme, un rôle plus ou moins im- portant, d'où la nécessité de rester attaché à son corps, soit pour puiser dan son milieu interne les substances nourris- santes, soit pour y déverser d'autres substances pouvant servir la nutrition des autres organes.

Mais dans le cas de l'hétérogénèse, par le fait même que la : cellule génératrice s'est détachée du corps du progéniteur, l'ensemble des cellules dérivant de celle-ci doit nécessairement | constituer un système symbiotique capable de vivre indépen- damment, sans quoi le résultat de la génération serait nul. Nous voyons donc que la seule différence entre l'hétérogé- hèse et l'ontogénèse usuelle, consiste dans la faculté qu'ont certaines cellules de quelques organismes de pouvoir accu- muler dans leur intérieur les substances nécessaires pour l'évo-

fait que son accomplissement frappe plus vivement le Biolo-

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lution des autres cellules qui en Aénverone et par cons que BL de permettre que cette évolution puisse s'accomplir indépe damment du corps du progéniteur; tandis que dans l'on: ogénèse normale, les évolutions de toutes les cellules sont intimement liées à la constitution et à l'intégrité du corps dont L elles dérivent et où elles doivent puiser leurs substances nourrissantes.

Du reste, nous trouvons dans la métagénèse des phénomènes 1 précisément intermédiaires entre ceux que nous venons d'e xaminer. Nous y voyons en effet que certaines parties de l'être se forment sur son corps, s'accroissent aux dépens des. substances de son milieu organique et ne l’abandonnent que plus tard, acquérant ainsi les caractères d’un individu organique, quelque temps seulement après leur origine. : A D'ailleurs, à cette même catégorie de phénomènes nous devons : ramener aussi les faits caractéristiques de la métamorphose. Ici encore il ne s’agit, en dernière analyse, que de substi= %a tution d'organes à ceux qui préexistaient, c’est à-dire d'un” phénomène parfaitement analogue à celui qui caractérise l'ontogénèse normale de tous les êtres. “ 5 Il n'y à de différence que dans le degré de cette substitution ou, pour mieux dire, dans l'intensité du phénomène, ce qui

giste. Mais nous savons d’ailleurs qu'on peut constater tou: es les gradations possibles de cette substitution à partir de tains animaux (Amphibiens par exemple), où quelques organes seulement sont substitués, jusqu'à certains autres (Nemertes. par exemple et Echinodermes), où la substitution est tel lement intense que l'individu préexistant disparaît en tant. qu'organisme et que les organes de nouvelle formation constituent par leur ensemble un être nouveau. | ‘#4

Dans l'interprétation mème de l’ontogénèse, telle que nous. l'avons donnée dans le Il° partie de ce travail, nous pouvons donc retrouver l'explication de tous ces phénomènes, les-. quels, bien qu’apparemment différents, consistent tous essen=

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tiellement dans cette successive substitution d'organes que

… nous avons vue être caractéristique de l'ontogénèse. De sorte

que si nous voulons les classer, nous pouvons les disposer dans une série ascendante, comme il suit:

1°) ontogénése: substitution graduelle d'organes formant toujours par leur ensemble un individu seul.

2) mélamorphose : substitution d'organes formant toujours un seul individu, mais plus ou moins rapide, et par suite, plus évidente.

3°) mélagénèse: substitution d'organes formant d'abord un seul individu, mais aptes, par suite de leur organisation, à se séparer du progéniteur et à constituer autant d'individus indépendants.

4°) hélérogenèse : substitution d'organes qui, dès leur origine, peuvent abandonner le corps du progéniteur et se développer indépendamment de celui-ci.

En revenant donc à l’hétérogénèse qui nous intéresse plus particulièrement, nous voyons que la différence capitale entre elle et les autres phénomènes ci-dessus mentionnés, n'est que la formation de cellules abondamment pourvues de substances deutoplasmatiques, capables de pouvoir produire, à elles seules, un organisme sans le concours du milieu interne de l'être dont elles dérivent.

Or, c'est précisément à ces substances et à la ressemblance avec les oeufs, que ces cellules acquiérent nécessairement à la suite de leur accumulation à l'intérieur d'elles, que les phénomènes d'hétérogénèse ont été interprétés comme des phénomènes de parthénogénèse. Et c'est encore à cette même cause qu'est due l'émission du corpuscule polaire, autre phénomène qui concourt évidemment à rendre plus frappante la ressemblance de ces cellules avec de véritables oeufs.

Mais maintenant que nous savons quelle est la signification des corpuscules polaires et quelle est la cause de leur petit-sse, nous pouvons comprendre parfaitement pourquoi, dans les phénomènes d'hétérogénèse, il s'en produit un.

Toute cellule destinée dans ce cas à devenir un prétendu oeuf parthénogénétique dérive, elle aussi, par division, d’une cellule préexistante. Or, si celle-ci, dans sa dernière période d’assimilation, produit une grande quantité de substances deutoplasmatiques s’accumulant à son intérieur, et la remplissant, il est évident qu’à la fin de cette période, lorsque ses biomores, après le dédoublement biomoléculaire et biomorique, commenceront leur orientation qui doit amener la division de la cellule, ils ne pourront, à la suite de la grande quantité de ces substances, et surtout à cause des actions moleculaires dépendant de leur constitution chimique et de celle du bioplasma, contracter des rapports de position avec les particules brutes du deutoplasma et, par conséquent, celles-ci ne pourront être entrainées dans la division. D'où la nécessité inévitable que l’une des deux cellules résultant de la division soit très petite par rapport à l’autre, et qu’elle nous apparaisse, par suite, avec les caractères des corpuscules polaires des oeufs.

L’élimination que nous venons de faire des phénomènes de l’hétérogénèse de la catégorie de ceux de la véritable parthénogénèse, élimination qui nous est imposée par la rigoureuse exactitude nécessaire dans l'examen des faits biologiques, réduit évidemment à un nombre plus exigu les vrais phénomènes parthénogénétiques (1). Nous considèrerons comme tels, les phénomènes seulement où la génération d’un organisme aux dépens d’une seule cellule sans fécondation préalable est intimement liée à la reproduction, c’est-à-dire où l’organisme généré est parfaitement égal à l'individu dont il est issu.

(1) Je crois même qu’à mesure que nos connaissances sur ces phénomènes progresserout et que les recherches seront plus exactes et plus rigoureuses, le nombre des cas de vraie parthénogénèse diminuera encore. Je suis personnellement convaincu que plusieurs des phénomènes aujourd’hui encore considérés comme parthénogénétiques, ne le sont pas et que, après un examen rigoureux et critique, ils rentreront, eux aussi, dans la catégorie des phénomènes d’hétérogénèse,.

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phi 1omènes que nous allons examiner main- ] 4 : ms d'en Hans une interprétation, « ù PA ce point, il faut absolument faire une distinction eutre les organismes où l'addition biomoléculaire est externe et ceux où cette addition est interne.

Considérons-les séparément.

ne. 1°) L'addition biomoléculaire est externe. Nous avons vu que, dans ce cas, l'addition biomoléculaire ne peut se faire qu'alors que les deux gamêtes, se fusionnant, permettent aux biomolécules de venir en contact réciproque ; nous savons encore que, dans chacun de ces gamètes, existent toutes les biomolécules, aussi bien celles d'origine femelle que celles d'origine mâle. Est-il possible donc que ces deux ga- mètes puissent se développer parthénogénétiquement, sans fusionnement préalable ?

Nous n'avons qu'à considérer quelle est la cause de la reproduction telle que nous venons de l'envisager dans les pages précédentes, pour donner une réponse satisfaisante. Nous savons, que dans chaque gamête, les biomolécules mâles et femelles primitives ont, par suite de transformations chimiques, atteint une structure spéciale, où le nombre des ‘atomes est plus grand qu'il ne l'était dans l'oeuf, et que si ces biomolécules pouvaient trouver, dans le milieu où elles vivent, des substances nourrissantes présentant des atomes de qualité, de nombre et dans un arrangement tels que le phénomène l'exige, elles arriveraient, à elles seules, à se dédoubler en deux biomolécules égales aux biomolécules primitives et, par suite, à régénérer l'oeuf complet.

Nous avons mème démontré que c'est à la dificulté de

trouver dans le milieu ces conditions spéciales chimiques, qu'est due la nécessité du fusionnement des gamêtes, de la fécondation, et que ce fusionnement porte à la régénération non d'un oeuf seul, mais de quatre oeufs égaux au primitif. On comprend donc que cette difliculté ne pourra être la même dans tous les organismes; car elle dépendra, d'une

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part, de la structure que les biomolécules doivent atteindre et, d'autre part, de la nature des substances nourrissantes. Et comme les biomolécules ne sont pas identiques dans les différentes espèces d'êtres; comme d'autre part, les substances nourrissantes peuvent être diverses, il n’est pas impossible que certaines espèces puissent, dans des conditions spéciales de nutrition, arriver à la régénération de l’oeuf sans fusionnement préalable des gamèêtes et, par suite, sans addition biomoléculaire.

Aussi, nous Comprenons parfaitement pourquoi la parthénogénèse est intimement liée aux conditions chimiques du milieu et de ses substances nourrissantes, et pourquoi elle s’observe seulement chez quelques-unes des espèces.

Mais la possibilité d'arriver à la régénération complète de l'oeuf, bien qu’en degré différent, peut néanmoins exister pour les deux sortes de gamêtes. Ceux-ci, en effet, contiennent, dans leur bioplasma, les biomolécules mâles et femelles ; et si la régénération des biomolécules primitives de l’oeuf peut avoir lieu grace à la réalisation des conditions favorables, on comprend que l'oeuf qui en résultera sera complet; car il contiendra, lui aussi, les deux sortes de biomolécules.

Dès lors, cet oeuf sera égal à celui dont sont issus les

gamêtes. Quoi donc de plus naturel qu’il puisse, sans fécor-

dation, donner lieu à un organisme égal à celui dont il est dérivé ? |

C’est précisément chez certaines Algues, et chez quelques Champignons inférieurs, où très probablement l'addition biomoléculaire est externe, comme nous l’avons dit, que cette . parthénogénèse a été observée; et on sait encore que sa manifestation est strictement dépendante des conditions nourrissantes du milieu. Les botanistes ont aussi remarqué que la possibilité du développement parthénogénétique existe chez quelques espèces, aussi bien pour l’un que pour l'autre des deux gamêtes.

2°) L’addition biomoléculaire est interne,

sd er ii FI ae 7" APTE 01 dstates que pus venons de faire pour fes gal'addition biomoléculaire est externe, peuvent-elles ii aux gamèêtes où l'addition biomoléculaire est terne ?

L a nous comparons entre elles ces deux sortes de gamètes, verrons facilement qu'une profonde différence les sépare. em, les gamêtes où l'addition biomoléculaire est externe, ssèdent, tout comme les cellules génétiques dont ils dérivent, * Lussi bien les biomolécules mâles que les femelles. Mais il n'en pas de même des gamêtes où l'addition biomoléculaire est terne.

Dans ce cas, nous le savons, l'addition biomoléculaire, caactérisant le commencement de la phase de synapsis, a pour ï isultat immédiat Ja disparition des biomolécules de l’autre e. Par conséquent, le gamête mâle ne pourra contenir que À »s biomolécules et, par suite, les biomores mâles, et le gamête femelle ne sera plus constitué que de biomolécules et de biomores femelles.

Mais si l'on considère les cellules génétiques des deux sexes avant l'addition biomoléculaire, avant la synapsis, on conçoit facilement que leurs conditions sont bien différentes. Dans ces cellules, où l'addition biomoléculaire ne s'est pas “complie, se trouvent évidemment les deux sortes de biomolécules. Elles sont donc dans les mêmes conditions de con- stitution que les gamêtes où l'addition biomoléculaire est externe.

É Il faut donc, dans les cas que nous allons considérer, faire une distinction entre les cellules génétiques avant la synapsis, et les gamêtes.

__ Ilest donc nécessaire de les analyser séparément. * 7 a) Parthénogénèse normale — Examinons avant tout les cellules génétiques, lorsque l'addition biomoléculaire n'a pas encore eu lieu.

__ Evidemment, celles-ci se trouvent dans des conditions ana-

logues aux gamêtes où l'addition biomoléculaire est externe ; ke

et il est, par suite, facile de concevoir comment la régéné- | ration complète d’un oeuf est possible sans la fécondation.

En effet, les biomolécules des deux sortes, mâles et femelles, : qui sont indispensables pour la constitution intégrale de l'oeuf, existent encore dans ces cellules, et pour arriver à se régénérer égales à celles de l'oeuf primitif, elles n’ont qu’à atteindre la structure spéciale, nécessaire pour leur dédoublement. Et ce phénomène, nous le savons, ne dépend que de la nature des substances nourrissantes et de la structure intrinsèque des biomolécules.

Nous pouvons donc comprendre facilement comment, dans certains organismes où cette structure peut se trouver réalisée, la régénération intégrale de l’oeuf primitif, sans fécondation, est possible lorsque les cellules génétiques peuvent trouver dans le milieu ambiant des conditions spéciales de nutrition.

On sait en effet que la parthénogénèse ne peut avoir lieu que dans les meilleures conditions de nourriture; et cela se conçoit aisément si nous considérons que la régénération des biomolécules sans qu’elles s’additionnent les unes aux autres et, par suite, aux dépens des seules substances nourrissantes du milieu, exige que les biomolécules ajoutent aux atomes qui les forment d’autres atomes, et dans un arrangement tel que leur but final l’exize. Ce qui, évidemment, ne pourrait s’eftectuer si le milieu était pauvre en substances nourrissantes ou si celles-ci n'avaient pas une constitution chimique convenable.

Mais si les conditions sont favorables et si toutes les biomolécules du gamête peuvent se régénérer telles qu’elles étaient dans l’oeuf primitif, il est évident que ce gamèête sera complet par lui-même; la fécondation sera inutile, et le développement d’un individu égal au progéniteur sera possible, pourvu que dans le gamèête parthénogénétique soient renfermées des substances deutoplasmatiques nécessaires à la nutrition des blastomères,

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. çoit facilement que, dans le gamête mâle, cette régénération, … quand même elle s'accomplirait, n’aboutirait au résultat final, . au développement d'un autre organisme, d'après lequel seule.

ment nous pouvons juger de la potentialité du gamête, qu'à la condition que, dans lui aussi, puissent se produire et s'accumuler les substances deutoplasmatiques indispensables au développement,

Quant au nombre des corpuscules polaires, non seulement nous pouvons démontrer par notre interprétation que, dans cette sorte de parthénogénèse, les oeufs n'en émettent qu'un seul, mais que les choses ne pourraient se passer autrement,

Nous savons en effet que l'émission des deux corpuscules polaires, caractéristique de la maturation de l'oeuf, est la conséquence directe des deux divisions successives de la cellule, et que celles-ci sont le résultat immédiat de l'addition biomoléculaire. Mais dans ces oeufs parthénogénétiques, celle-ci n'a pas lieu, et par conséquent, les deux divisions et l’émission correspondante des deux corpuscules polaires manqueront complètement.

Dans ces cellules génétiques destinées à devenir des oeufs parthénogénétiques, la maturation doit être évidemment différente que dans les autres oeufs. Les transformations chimiques de la période de maturation, dela période précédant immédiatement la régéneration des biomolécules, aboutissant à cette régénération par le moyen seul de l'assimilation sans le concours de l'addition biomoléculuire, ne peuvent être les mêmes que celles des cellules génétiques, où ces transformations doivent conduire à l'addition biomoléculaire.

Dans le premier cas, la période de maturation est parfaitement égale à une période quelconque d'assimilation aboutissant à un seul dédoublement des biomolécules et des biomores et, par suite, à une cytodiérèse normale. Par conséquent,

les phénomènes accompagnant la maturation d’un oeuf parthénogénétique, dans le cas que nous examinons, ne pourront

différer de ceux de la cytodiérèse normale. Le nombre des chromosomes sera donc normal, et ceux-ci ne seront que doubles. Pas de formation de tétrades, pas de réduction dans le nombre des chromosomes et de la quantité de chromatine et, par suite, élimination d’un seul corpuscule polaire.

Quant à la qualité du sexe des organismes issus de ces oeufs parthénogénétiques, nous ne pouvons arriver à des conclusions décisives. Mais si l’on considère que par le mode dont s’accomplit la régéneration des biomolécules, l’oeuf parthénogénétique est, comme nous venons de le démontrer, égal à l'oeuf sexuel, et si l’on croit que le sexe des organismes naissant de celui-ci n’est pas prédéterminé dans l'oeuf mais dépendant des conditions de développement, nous devons arguer nécessairement que de l’oeuf parthénogénétique peuvent dériver aussi bien des individus mâles que des individus femelles, la détermination du sexe étant, dans eux aussi, produite par les conditions du développement.

Nous conclurons donc que dans la parthénogénèse normale, le sexe n’est pas prédéterminé dans l'oeuf.

Les exemples de cette sorte de parthénogénèse que nous venons d'interpréter ne sont pas trop rares en nature, bien que leur nombre soit nécessairement diminué à cause de l’exclusion que nous avons faite des cas d’hétérogénèse. Y appartiennent évidemment ces cas où les individus dérivés des oeufs parthénogénétiques sont tout-à-fait semblables aux autres et, par suite, où les générations parthänogénétiques peuvent se

poursuivre indéfiniment, tant que les conditions du milieu

sont favorables à la parthénogénèse. C’est, je crois, à cette catégorie que nous devons rapporter la parthénogénese de certains Rotiféres, de plusieurs Aphidiens, et de quelques Crustacés (Daphinia, Arlemia), où les oeufs parthénogénétiques n’émettent qu'un seul corpuscule polaire, sans réduction du nombre des chromosomes,

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