‹ Les procès de bestialité aux XVIe et XVIIe sièclesChapitre 46 sur 63 · TOUSSAINT BOUDIER · texte numérisé non relu

TOUSSAINT BOUDIER

laquelle ledit Toussaint Boudier est déclaré duement atteint et convaincu d'avoir commis acte de sodomie en la personne de Leopold Jean Bougeran, et encore d'avoir eu copulation charnelle et détestable avec une asnesse ; et en conséquence condamné à être pendu et étranglé à une potence plantée au milieu du marché dudit Bethiay,etladitte asnesse aussy pareillement pendue et étranglée à laditte potence ; quoy fait, leurs corps jettes au feu et les cendres semées au vent ; déclare en outre laditte sentence tous et un chacun les biens dudit Boudier acquis et confisquez au profit de qui il appartiendra ; sur lesquels néanmoins pris et prélevée la somme de dix livres d'amende envers le Roy, celle de trois cents livres de dommages et intérests envers ledit Leopold Jean Bougeran, et celle de trente six livres pour le prix et somme de la valeur de laditte asnesse mentionnée audit procès, laquelle somme de trente six livres sera remise au nommé Isaac Jeremie Blanchard, chirurgien au service duquel etoit ledit Toussaint Boudier, et propriétaire de laditte asnesse. Laditte sentence en datte du jeudy dix septième juillet;

L'appel interjette par ledit Toussaint Boudier, et généralement toutes les pièces dudit procès ; ouy sur ce le Procureur gênerai du Roy en ses conclusions, et tout considéré ;

La Cour a mis et met à néant l'appel interjette par ledit Toussaint Boudier à la sentence rendue contre

luy, laquelle sera exécutée ; amendant laditte sentence, ordonne laditte Cour quel'asnesse mentionnée au procès sera assommée au pied de la potence. Fait à Paris en Parlement le dix neuvième jour du mois d'aoust, Tan de grâce mil six cent vingt trois.

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