‹ Les procès de bestialité aux XVIe et XVIIe sièclesChapitre 60 sur 63 · ACCUSÉ DE SODOMIE ET DE BESTIALITÉ · texte numérisé non relu

ACCUSÉ DE SODOMIE ET DE BESTIALITÉ

2 septembre 1678.

Veu par la Cour le procès criminel fait pardevant le Lieutenant Criminel de la Ville et Baillage de Baugé, à rencontre d'Antoine Batailles, marchand mercier demeurant audit lieu de Baugé, accusé de crime de sodomie et de bestialité et d'habitation charnelle avec une cavalle ;

Le procès verbal fait pardevant ledit Lieutenant Criminel le mardy huitième jour du mois d'aoust, contenant l'interrogatoire fait audit Antoine Batailles, et les deffences et dénégations alléguées par ledit accusé ;

Les dépositions, témoignages, charges et déclarations faites le mercredy neuvième jourdudit mois, par Emery Boutault, maître apotiquaire, Germain Auffroy Le Maire, maître et marchand épicier, Hardy de Montoison, Bourgeois dudit lieu, Elisabeth Aurelienne Enneliere, veuve de Grégoire Bartolmey, maître chandelier, Milon Dutemple, tonnelier ;

L'interrogatoire fait audit Antoine Batailles le samedy douzième jour dudit mois ;

La confrontation faite, en présence dudit Lieutenant Criminel, dudit Antoine Batailles et desdits Emery Boutault, Germain Auffroy Le Maire, Hardy de Montoison, Elisabeth Aurelienne Enneliere veuve Bartolmay, Millon Dutemple et Abraham Hamillon, témoins ; lesdits témoins persistant en leurs déclarations; laditte confrontation en datte du jeudy dix septième jour d'aoust ;

La sentence rendue par ledit Lieutenant Criminel, le luady vingt et unième jour dudit mois, pariaquelle ledit Antoine Batailles est déclaré duement atteint et convaincu du crime de sodomie et péché contre nature, et en ontre de bestialité et habitation et copulation charnelle et détestable avec une cavalle mentionnée anidit procès criminel, et en conséquence condamné à être attaché à un poteau qui sera pour cet effet planté dans la place et haEes: dudit Baugé et là brûlé vif avec le corps de la cavalle préalablement étranglée ; quoy fait leurs cendres jiettées et semées au vent ; déclare encore laditte sentence tous et un chacun des biens appartenans audit Antoines Bataille acquis et confisqués au profit de Sa Majesté, sur lesquels néanmoins seroit prise et prélevée la somme de cinq cent livres d'amende envers ledit Seigneur Roy, et celle de cent quatre vingt livres pour le prix et valeur de laditte Cavalle, laquelle somme de cent quatre vingt livres seroit donnée et remise entre les mains de Elisabeth Aurelienne Enneliere, propriétaire de laditte cavalle.

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