MICHEL MORIN
luy ayant demandé s'il avoit quelque chose à dire et à repondre, a repondu que c'étoit par trahison de sa femme, qui vouloit ainsy brasser sa mort, pour ensuitte épouser ledit Antoine Perrin, et qu'à l'égard de Jeannot c'etoit un de ses garçons et qu'ainsi son témoignage n'étoit pas recevable, non plus que ceux de laditte Catherine Aulard, et de Perrin l'apotiquaire, au moyen des raisons sus alléguées.
Et le Jeudy vingt troisième jour dudit mois et an, fut amené en notre présence ledit Michel Morin, accusé de crime de sodomie, auquel fut prononcée l'ordonnance par nous rendue cejourd'huy, par laquelle nous l'avons condamné à être appliqué à la question, pour sçavoir la vérité des cas à luy imposés, resultans au présent procès ; lequel Michel Morin prêt d'être appliqué à la question, nous auroit supplié de différer, nous promettant de dire vérité, ensuite dequoy il nous auroit confessé qu'il avoit achetté laditte brebis dans l'intention susditte, mais qu'il n'avoit commis ledit crime de sodomie avec laditte Brebis qu'une seule fois ; sur laquelle confession nous, prévôt susdit, l'avons renvoyé en prison.
Avons déclaré et déclarons ledit Michel Morin duement atteint et convaincu de crime de sodomie avec une Brebis, pour réparation desquels cas, ordonnons qu'il sera attaché à une potence qui sera pour cet effet dressée dans la place et marché de Baugé, et là y sera pendu et étranglé, son corps mort ensuitte jette au feu, ensemble la brebis avec laquelle il a commis ledit délit ; tous et chacun ses biens confisqués au profit de laditte Catherine Aulard, sa femme, sur lesquels sera néanmoins préalablement pris la somme de deux cent Livres d'amandes envers le Roy. Donné en notre siège, par nous susdit juge de Baugé, le quatrième jour de Janvier mil cinq cent cinquante quatre.
Sentence confirmée par la Cour le 23 Janvier