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Toutes ces relations entre les divers atomes constituants ont été établies par expérience.
Dès lors, la reconstruction de l'édifice tout entier peut être effectuée méthodiquement, en procédant comme un entrepreneur qui traduit matériellement le plan fourni par un architecte.
C'est sur ces bases solides et irréfutables que repose la chimie moderne. Ses ambitions vont même plus loin ; elle tente, depuis un certain nombre d'années, de fixer les positions relatives dans l'espace qu'occupent les atomes d'une molécule ; le problème a déjà été abordé avec succès sur certaines de ses faces et la chimie dans l'Espace ou stéréochimie est entrée largement dans les préoccupations des philosophes. Il est permis d'affirmer qu'au point de vue physiologique, ses conquêtes offriront un grand intérêt, puisque nous voyons deux corps qui ne diffèrent l'un de l'autre que par la position relative dans l'espace de l'un de leurs éléments ou groupes d'éléments opposer une résistance très différente à l'action destructive des organismes élémentaires et de certains microbes.
Mais il est grand temps de fermer la parenthèse ouverte plus haut et de revenir à notre point de départ, c'est-à-dire à l'utilité que pré-
senterait un traité des substances médicamenteuses écrit au point de vue chimique.
Les médecins sont généralement gens scientifiquement curieux ; leurs études chimiques sont poussées assez loin pour leur permettre de comprendre très nettement les finesses de la constitution chimique et les procédés de synthèse des substances qu'ils sont à même d'employer comme médicaments.
Il leur sera certainement très agréable de pouvoir placer, dans la bibliothèque de leur cabinet, à portée de leur main, un volume renfermant tout ce qu'ils peuvent désirer apprendre et savoir à cet égard.
Un jeune savant des plus distingués, admirablement préparé par des études théoriques et pratiques, poursuivies tant en France qu'en Allemagne, connu, de plus, dans le monde scientifique par des travaux personnels et des découvertes importantes, a cherché et, nous pouvons le dire, a réussi à combler cette lacune bibliographique.
Dans sa chimie analytique et industrielle des produits employés en médecine, M. Trillat Iraite, non seulement des médicaments chimiques, mais il donne avec raison première place aux antiseptiques, aux corps qui, sans guérir par eux-mêmes, préviennent la maladie en détruisant ses causes premières.
Après un premier chapitre historique et quatre chapitres consacrés à la classification des antiseptiques, à la détermination de la
valeur d'un produit médicinal, valeur dépendant de ses propriétés antiseptiques et de ses propriétés physiologiques, et contenant un résumé des procédés pratiques usités aujourd'hui pour atteindre ce but, M. Trillat étudie avec soin la question des relations entre la constitution chimique et les propriétés physiologiques ; il arrive sur ce point à des conclusions qui ne sont pas encore très satisfaisantes. Malgré les efforts tentés de divers côtés pour établir des lois permettant de prévoir Faction physiologique d'après la structure de la molécule, ce côté scientifique de la question est encore dans les premières phases de son développement.
Vient ensuite une classification rationnelle des produits médicaux, dérivés de la série grasse et de la série aromatique. Pour chaque substance médicamenteuse, disposée dans la case que lui assigne la classification adoptée, on trouve relatés : la constitution chimique, les procédés de préparation, les principales propriétés physiques et chimiques, les propriétés physiologiques et la forme sous laquelle elle est employée.
Nous sommes persuadé que le monde médical et scientifique fera un excellent accueil au travail de M. Trillat, et nous ne pouvons que féliciter l'auteur des soins consciencieux qu'il a apportés à son œuvre.
P. SCHUTZENBERGEK,
Membre de l'Institut.