‹ Les professions et la société en AngleterreChapitre 108 sur 112 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

naît à cette mère féconde des fils vigoureux qui, lui restant attachés par l'affection et l'intérêt, grandissent et prospèrent sous toutes les latitudes.

Ces transformations ne se sont pas accomplies sous l'action d'une cause extérieure et fortuite, comme la découverte de l'Amérique. Mais, par l'effet prolongé de l'éducation morale et physique, l'Angleterre s'est trouvée, au moment opportun, pourvue d'hommes d'action : elle s'est développée au dedans et s'est étendue au dehors, parce que ses enfants avaient l'amour du travail et l'énergie morale, le goût des entreprises hardies et la vigueur physique.

Les mœurs et les idées se sont transformées non moins complètement que la société économique. Au début du siècle la gentry tient l'État et l'administration locale. Aujourd'hui le peuple dispose par ses votes de l'un et de' l'autre; des réformes successives ont préparé et consommé l'avènement de la démocratie. Mais le peuple avait fait graduellement son éducation politique : il était majeur, quand on lui a remis le gouvernement de soi-même.

Dans le domaine du savoir, l'œuvre a été accomplie par des procédés comparables : la science a été construite sans appui officiel, sans soutiens extérieurs, par les efforts courageux de quelques hommes de génie. Le savant et l'écrivain sont restés dans le courant de la vie, en contact avec la nation agissante : et vis-à-vis d'elle, ils se sentent responsables de leurs pensées et de leurs écrits comme d'actes véritables. En même temps, sous l'influence d'artistes et de poètes, animés d'un zèle ardent pour

Page 1