‹ Les professions et la société en AngleterreChapitre 110 sur 112 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

En effet une nation ne vit pas de gloire seulement : il ne suffit pas qu'elle soit brillante et généreuse, il faut qu'elle règne par le nombre et sur l'étendue; pour être vraiment grande, il lui faut unir la grandeur par l'esprit et la grandeur par l'action.

L'œuvre du peuple anglais défie la durée, puisqu'elle s'étend sur l'Amérique, l'Australasie, l'Afrique australe, et qu'un huitième du genre humain parle anglais. L'Angleterre vînt-elle à disparaître demain de la surface du globe, elle se survivrait dans ses enfants. S'il était vrai que l'Europe s'épuise et que le vieux monde meurt de vieillesse, deux peuples au moins seraient assurés de lui survivre : le Russe par son empire d'Asie et ses forces illimitées, l'Anglais par ses rejetons en pleine sève. Composée d'hommes « capables de supporter, soutenir et promouvoir toute civilisation » (H. de Tourville), la race anglaise vit pour l'avenir; elle le prépare et le conquiert. La France jouit du présent et vit sur son passé : elle n'a pas encore, ou elle n'a plus, un superflu d'énergie à dépenser dans ces hardies entreprises d'où sortent les évolutions nécessaires. Mais l'exemple de l'Angleterre, se transformant en moins de deux siècles, doit stimuler son désir de rivaliser et son espoir de réussir.

Au dedans le peuple anglais nous offre le modèle de la solidarité sociale. Nous, Français, nous avons compris et pratiqué avant tous les autres la solidarité humaine : de là, dans les crises de révolutions et d'enthousiasme, notre immense influence morale. Mais le monde est entré dans une période de vie paisible et de mise en valeur. Les temps héroïques sont

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