‹ Les progrès de la photographieChapitre 6 sur 18 · ci · texte numérisé non relu

ci

Filtrez.

Préparez d'autre part :

uen mpov 500°° Dee... no LOS!

AleoniN\apres solution). ….....4,,.4,.,.. 10°

Filtrez.

Mélangez les deux solutions filtrées. |

Dans ses derniers essais, M. Jeanrenaud s’est abstenu de tous préservateurs et a obtenu les mêmes résultats.

Le bromure d'argent étant d’une grande sensibilité aux plus faibles rayons de la lumière actinique, il faut opérer dans une pièce où il ne doit parvenir aucune trace de lumière diffuse et ne s’éclairer qu'avec une lumière jaune aussi faible que possible et très-éloignée.

Après leur préparation, les glaces sont mises à sécher rapidement dans l'obscurité absolue et à l’abri de tout courant d'air: le séchage à l’étuve est recommandé. Elles peuvent alors se conserver un temps considérable; après un an, elles sont encore excellentes.

Le temps de pose est assez rapide, mais on ne peut le déterminer que

par l'expérience, soit environ une ou deux minutes pour les épreuves 0,21 x 0,27 avec un objectif simple, un diaphragme moyen.

Pour développer, il faut d’abord vernir les bords, ou les assurer comme nous l'avons dit p. 29; puis on immerge la glace dans une solution d'acide gallique à saturation, dans laquelle on ajoute peu à peu, après avoir retiré la glace et en agitant, quelques gouttes d’une solution faible de nitrate d'argent ; pour activer le développement, on peut y mélanger un peu d’une solution d'acide pyrogallique faite à raison de 10 grammes pour 100 centimètres cubes d'alcool.

Au moyen d’un développement lent, habilement conduit et ménagé, on obtient beaucoup de fouillé et de détail dans les ombres et les verdures. On doit se garder avec soin de l'excès de nitrate d'argent : on perdrait ainsi toute la douceur et l'harmonie générale de l'épreuve. On fixe ensuite à l’hyposulfite de soude à 20 pour 100 d'eau; ce fixage se fait très-rapidement, de préférence à une faible lumière, car le bromure d'argent encore non dissous noircirait et voilerait l'épreuve. Si le cliché doit ensuite être détaché sur gélatine, comme il sera expliqué plus loin, il faut, après lavoir bien lavé, le mettre dans une solution d’acide chlorhydrique à 5 pour 100 d'eau, jusqu’à ce qu'il manifeste une grande facilité à se détacher de la glace, le laver de nouveau et le laisser sécher.

Procédé de M. Chardon. — M. Chardon a donné un procédé au bromure d'urane et de cadmium mélangés, qui, entre ses mains, arrive à une sensibilité et à une harmonie très-remarquables; mais il y a une telle difficulté pour se procurer le bromure d’urane à l’état convenable qu'il faut se résoudre à le préparer soi-même.

Pour cela on dissout dans un même volume d’eau, d'une part, du bromure de baryum, et d’autre part du sulfate d’urane en quantités équivalentes.

Soit la proportion de 166 parties de bromure de baryum (formule Ba Br 2H0) pour 144 parties de sulfate d’urane (formule UO, SO* 4 HO) : les deux solutions sont versées l’une dans l’autre; il se forme immédiatement un précipité abondant de sulfate de baryte, et le bromure d’urane reste en solution. Comme il est presque impossible que les produits soient tellement purs, les pesées tellement rigoureuses, qu'on puisse obtenir une double décomposition d’une perfection théorique, sans qu'il y ait un léger excès de l’un ou de l’autre produit, on fera bien, avant le mélange, de ré-

server un dixième de l’une et de l’autre solution, et l’on fera l’essai doucement, en ajoutant dans le liquide éclairci un peu de la solution de bromure de baryum : s’il se fait un précipité, on continue, en examinant chaque fois, de verser goutte à goutte le bromure de baryum, jusqu’à cessation de tout précipité. Si le bromure de baryum n’a eu aucune action, on essaye le sulfate d’urane exactement dans les mêmes conditions, et, quand on s’est assuré ainsi qu'il n’y a excès ni de l’un ni de l’autre, on termine par quelques gouttes de la solution de bromure de baryum, parce que mieux vaut le bromure de baryum en excès que le sulfate d’urane, puis on filtre et l’on concentre le produit dans une capsule de porcelaine, d’abord sur un feu doux, ensuite au bain-marie. Le bromure d’urane a une grande tendance à se décomposer ; on lui donne plus de stabilité en ajoutant dans la capsule une quantité égale de bromure de cadmium, on évapore presque à sec. Il est facile de savoir la quantité obtenue, car 166 grammes de bromure de baryum fourniront 176 parties de bromure d’urane (formule U Br 4 HO), qui, ajoutées à une quantité égale de bromure de cadmium, donneront 352 parties pour la somme totale du produit supposé sec; on ajoute la quantité nécessaire d'alcool à 40 degrés, pour faire une dissolution à 20 pour 100.

Cette préparation faite, le reste rentre à peu près dans les conditions ordinaires, sauf les dosages.

Collodion.

Hihersalfurique..:. Tee Go°® Guton-poudre, #12... 00. 15,25 à 15,50 AICDONA HO GeSrés ki dois 15°

Solution alcoolique du bromure 25°

Ce qui donne un collodion bromuré à la dose énorme de 5 de bromure pour 100 centimètres cubes de collodion normal. On peut l’employer tel quel; mais, pour faciliter la décomposition, toujours difficile dans le bain d'argent, on commence par faire une émulsion en ajoutant, pour 100 grammes de collodion, of",30 d’azotate d'argent préalablement dissous dans le moins d’alcool possible; cette addition se fait une heure environ avant d'employer le collodion. Cette quantité d’azotate d'argent n’est pas suffisante pour donner la sensibilité au collodion. Celle-ci s'obtient par une immersion dans un bain d’azotate d'argent à 15 pour 100 d’eau, aci-

dulé franchement par l'acide nitrique (3 centimètres cubes par litre). Après un séjour d'un quart d'heure dans le bain d'argent, égouttage, lavage, on recouvre la glace avec le préservateur suivant :

10 at. ee ESC 250 Acide azotique. ....,-,:. 4170800: 3 gouttes Tant 0 NON PA TRS 10Ë"

29, AU, TA ANSE OS 2307 Gomme arabique: 22 24476000 5

SLAÏCOO MEL ER ARE NENNERRES 10°

Acide galliques, 141 ue Meet

On filtre chaque solution sur du papier blanc, on mélange le n° 1 et le n°9, puis on y ajoute la solution n° 3 et l’on filtre de nouveau dans une cuvette où l’on plonge la glace.

Après quelques instants de séjour, la glace égouttée est mise à sécher.

Le temps de pose varie de dix à soixante secondes.

On peut s'abstenir de tout préservateur.

L'image est révélée au moyen du développement alcalin, pour lequel on prépare à l'avance les diverses solulions qui suivent : |

L'ABAUS issu, ee en MR 500 Carbonate d’'ammoniaque............. 5o$° 2° Fat Muse des MR RSR ER 100% Bromure de potassium............. 105" 3° Alcool à 36 degrés et... 0 100 Acide pyrogallique....:..1####2% 1e

Pour développer un cliché 0,21 x 0,27, on met dans une cuvette les

proportions suivantes :

Eau... 46 ES SCENE 400°° Solution n°42, 222: AO 100 » | PR MA RU LE LT 2 + ATPO TN AO

Sans lavage préalable, mais après avoir verni ou graissé les bords, on plonge la glace dans ce bain; après quelques instants on la retire, on ajoute au liquide 3 ou 4 centimètres cubes de la solution pyrogal-

lique n° 5.

me,

uv

Le développement dure de cinq à quinze minutes; si l’épreuve venue dans tous ses détails n’est pas assez intense pour le tirage, on ajoute au bain 5o centimètres cubes de la solution n° 1 (carbonate d’ammoniaque).

L'épreuve prend une grande vigueur en séchant : on doit en tenir compte.

. Le reste des opérations est identique au procédé précédent.

Collodiobromures. — Les manipulations longues et un peu délicates des divers procédés du collodion sec ont poussé les expérimentateurs à chercher quelques moyens de préparation plus simple et plus rapide. En 1865, MM. Sayce et Bolton proposaient des formules de collodio-bromure un peu différentes des premiers essais faits en ce genre par M. Gaudin, et consistant à supprimer la sensibilisation dans le bain d’argent et à faire directement, dans le collodion, le bromure d'argent nécessaire à la sensibilisation de la glace; cette préparation, dite émulsion de bromure d’argent, versée sur la glace, était ensuite lavée avec soin et cous verte d’une solution de tannin.

Ce mode d'opérer fut le point de départ de nombreux essais et de nombreuses formules qui peuvent toutes se résumer de la manière sui vante :

Emploi exclusif des bromures solubles dans le collodion; transformation des bromures solubles en bromure d'argent par l'addition plus ou moins considérable de nitrate d'argent, de sorte que, suivant la formule indiquée, il reste un léger excès de nitrate d'argent ou il se fait une décomposition rigoureusemen exacte; lavage des glaces pour enlever l'excès de l’un ou de l’autre réactif et conservation de la sensibilité au moyen d’un préservateur. La difficulté dans cette opération est d’ajouter le nitrate d'argent, de telle sorte que le bromure d'argent reste en suspension ou, comme on le dit, à l’état d'émulsion, au lieu de se rassembler à l’état de grumeaux.

Ce procédé serait une réelle amélioration si, faisant aussi bien que les autres, il permettait de supprimer les lavages et le préservateur ; mais, en ne supprimant que l'immersion dans le bain d'argent, et en ne donnant pas, jusqu'ici du moins, des résultats aussi réguliers que les précédents, il ne nous parait pas remplir complétement les espérances des auteurs. Nous nous bornerons à indiquer trois formules, et encore ces formules ont-elles été si souvent modifiées, améliorées, puis

changées de nouveau par leurs auteurs, qu’on voit que nous sommes encore dans la période des recherches plutôt que dans la période des applications.

Formule de M. Carey-Lea ('). — Collodion :

Éther, 5.1... NM PRESS 625°° AÏCGO!.... 04 MER 300°° Pyroxyle, environ. 4.1. 1 ne 13° Bromuré de cadmium, 51000008 RS 0:70 Bromure d'armmoninm 821, RS 355,25

Pour rendre ce collodion sensible, il faut ajouter pour 100 centimètres cubes de collodion 2 grammes de nitrate d'argent que l’on commence par pulvériser finement au mortier de porcelaine, ét que l’on dissout à chaud dans 25 centimètres cubes d'alcool. Après dissolution on introduit peu à peu cet alcoo! dans le collodion, en agitant chaque fois; on ajoute, en outre, au collodion 5 gouttes d’eau régale par 100 centimètres cubes, afin de le rendre franchement acide.

La quantité d'argent introduite ainsi dans le collodion est plus considérable qu’il n’est nécessaire ; l’excédant est éliminé en totalité, ou pour la plus grande partie, dans les lavages qui suivent l'extension sur la glace.

L'émulsion doit être préparée au moins douze heures avant l'emploi; elle doit être faite et conservée à l'abri de toute lumière.

La glace bien nettoyée, enduite d’une bande de vernis au caoutchouc sur le bord, est couverte avec l’émulsion, bien lavée et plongée dans le liquide préservateur formé de :

Acide sulfocarminique................ 405" A Un ge cet es ORNE 2707 Gomme: arabique "M0 6 agi BUGrO , 44. Ne Ve RES 6e

Elle reste ainsi immergee de cinq à dix minutes; on l’essuie au dos et on laisse sécher.

L'acide sulfocarminique est formé de 45 grammes de cochenille pulvérisée que l’on mélange au mortier avec 30 grammes d’acide sulfurique

(*) Bulletin de la Société francaise de Photographie. Année 1874; p. 97.

fumant; on laisse huit jours en contact dans un flacon bouché, on délaye ensuite le magma ep le versant dans 850 centimètres cubes d’eau ; on sature l’acide par un léger excès de chaux éteinte jusqu’à ce que le liquide bleuisse le papier de tournesol ; on filtre et on lave sur le filtre jusqu’à ce que l’on ait un volume de 2,250 de liquide, que l’on conserve pour l’usage sous le nom d'acide sulfocarminique.

Les glaces ainsi préparées ont, paraît-il, une grande sensibilité, surtout si on les développe au moyen du révélateur alcalin ; on passe la glace dans une solution de :

un... A ji Solution contenant 35", 5 d'acide pyrogallique pour 30 centimètres cubes d’alcool.... 2

On enlève la glace et l’on ajoute :

Solution de bromure de potassium. ..... 5 gouttes Solution de carbonate d'ammoniaque.... 15

(Il est probable que le titre des solutions ci-dessus est, pour le bromure de potassium, 10 pour 100 d’eau, et pour le carbonate d’ammoniaque à saturation.)

On remonte et l’on fixe par les solutions ordinaires.

Procédé de M. Stuart Wortley. — Ce procédé n’a jamais été donné, à notre connaissance du moins, de manière à former un ensemble suffisamment clair et précis; la nouveauté de la formule est l’emploi du nitrate d’urane mélangé aux sels d'argent.

Le tollodiobromure se prépare en mélangeant :

Lahiiinthri/e 181 ET ÉRNNNRREENRERRRRRS 308" Bromure de cadmium anhydre et pur.... of°,45 F1 D PANET C IT RPMRSSRE RER 18",92 Nitrated’argent préalablement dissous dans 00! ........:.......... 114

L'émulsion bromurée est étendue sur les glaces comme à l'ordinaire, et on lave. Après lavage, on les recouvre d’un préservateur laissé au choix de l'opérateur, et, après une pose égale et même quelquefois moindre que celle demandée pour le cellodion humide, on développe par un révélateur

alcalin, sur lequel l’auteur donne encore peu de renseignements. On pourra essayer l’un quelconque des procédés ci-dessus ; l’addition, dans le développement de quelques gouttes, d’une solution de bromure de potassium est le plus souvent nécessaire pour éviter les voiles.

Procédé de M. Vogel. — Nous avons dit plus haut qu’une des difficultés du procédé au collodiobromure était la formation d'une émulsion laiteuse et régulière, parce que souvent le précipité de bromure d'argent se rassemblait sous forme caséeuse et caillebottée. M. Vogel a cherché à tourner la difficulté en dissolvant d’abord le nitrate d’ argent dans le collodion et ensuile le bromure soluble ; il donne la formule suivante :

Prenez un collodion normal contenant 5 grammes de papier pyroxyle pour 100 centimètres cubes d’un mélange de 25 centimètres cubes d’alcool et 75 centimètres cubes d’éther sulfurique ; ajoutez 2 grammes de nitrate d'argent préalablement dissous dans 30 centimètres cubes d'alcool à l'ébullition; versez ensuite, doucement et en agitant, 25 centimètres cubes d'une solution alcoolique de 6 grammes de bromure de cadmium pour 100 centimètres cubes d'alcool. Si cette émulsion est trop épaisse, ajoutez 10 centimètres cubes d’éther.

La glace, couverte de cette préparation, est lavée à l’eau distillée, plongée dans une solution de morphine contenant 1 gramme de morphine pour 1 litre d’eau, et on la met à sécher.

On développe en passant l'épreuve dans une solution pyrogallique neutre à 5 grammes pour 1000 d’eau, et en ajoutant ensuite dans ce liquide 5 à 10 gouttes d’une solution de 10 grammes de potasse caustique pour 100 centimètres cubes d’eau. Après développement, on remonte s’il est nécessaire, on lave et l’on fixe par les procédés ordinaires.

Il est possible de préparer un collodio-bromure que l’on verse sur la glace et que l’on peut employer aussitôt sec, sans lavage et sans préservateur. Nous avons vu entre les mains de M. Woodbury de fort jolies épreuves, obtenues avec une préparation faite par M. Mawdsley de Londres. Cette méthode si simple deviendra d’un emploi général, lorsque la formule sera connue ou lorsqu'on en aura trouvé une équivalente.

Retouche des clichés.—Théoriquement le cliché photographique devrait sortir pur et complet des diverses manipulations chimiques qui ont servi à le produire, sans qu’il soit nécessaire d'y faire la moindre retouche. Les perfectionnements de la Photographie et l’habileté du photographe doivent tendre à obtenir régulièrement ces résultats, mais, si l’on y parvient quelquefois, il est rare qu’une épreuve, de quelque nature qu’elle soit, n’ait pas besoin de réparations, souvent même de corrections, s’il s’agit du portrait ; ces corrections deviennent parfois tellement exagérées, qu’elles modifient complétement le travail de la lumière.

Aussi nous nous bornerons à indiquer quelques moyens de faire les réparations nécessaires ; la retouche telle qu'on la comprend actuellement, c'est-à-dire la transformation d’un cliché, est une spécialité qui intéresse principalement l’application de la Photographie à l’obtention des portraits et qui demande une main très-habile et très-exercée (‘).

Comme il est très-difficile que l’on puisse juger de la valeur d’un cliché par l'inspection seule, à moins d’une grande expérience, le mieux est de commencer par le gommer ou même par le vernir, et d’en tirer une épreuve positive complétement terminée et .collée sur bristol ; on examine alors le cliché et l'épreuve, et l’on peut trop souvent constater toute une série de défauts divers ; il peut y avoir des piqûres à jour plus ou moins nom-

(1) Retouche photographique, brochure par un spécialiste, publiée chez H. Carette, 31, rue d'Enghien.

breuses, des lignes d'intensité différentes, des duretés trop accentuées, des faiblesses dans les fonds, dans les ciels, des valeurs trop égales dans les derniers plans, etc., etc. Il y a donc lieu de chercher à atténuer ces défauts si l’on ne peut les faire disparaître complétement ; on y parvient par quelques corrections faciles.

. Comme instrument nécessaire, mentionnons d’abord le pupitre spécial, bien connu actuellement des photographes, se composant de trois pièces ou châssis à charnières se développant en forme de Z. Le châssis horizontal du bas encadre une glace étamée qui renvoie la lumière sur le châssis incliné du milieu; celui-ci est formé par une glace dépolie assez grande pour qu'on puisse y poser le cliché ; le châssis supérieur horizontal est en bois plein et fait abat-jour ; il peut soutenir un voile noir qui, tombant des deux côtés et en avant, empêche l'opérateur d’être gêné par la lumière extérieure, lui permet de voir l'épreuve par transparence sans fatigue et d'en juger tous les défauts; les autres instruments sont une bonne loupe achromatique, quelques petits pinceaux, des crayons Faber de consistance différente, de la pierre ponce très-fine destinée à granuler légèrement le trop grand poli du vernis, des estompes, du papier noir ou orangé, de l'encre de Chine, etc. Au lieu d'employer l'encre de Chine simplement délayée dans l’eau, on fera bien d'y ajouter une très-petite quantité de sucre et de gomme, pour empêcher la couleur de s’écailler après le séchage.

L'examen comparatif du cliché et de l’épreuve positive permet de constater quelles sont les retouches indispensables.

S'il s’agit de masquer complétement des parties entières, comme un ciel trop transparent ou rempli de taches et d’inégalités, on commence par coller en plein au dos de l'épreuve un papier noir ou jaune orangé!) : et, pendant qu'il est ençore humide, on le déchiquète avec une pointe, de manière à suivre les contours de l'épreuve en laissant environ > millimètres de marge en dehors de ses contours, puis, retournant le cliché et le plaçant sur le pupitre à retouche, on suit les contours d’abord avec un pinceau fin ou une plume d’oie mouillée d'encre de Chine, de manière à

(*) Papier jaune orangé, n° 409. — Maison Barthélemy, rue Saint-Séverin.

former une ligne exacte n’empiétant pas sur les parties qui doivent venir au tirage de l'épreuve positive, et, avec un pinceau plus gros, on complète largement le premier trait, de manière à rejoindre et à dépasser la silhouette du papier.

On rebouche également avec l’encre de Chine tous les trous, les éraillures et les autres défauts qui se seraient produits dans les clichés, surtout dans les épreuves de voyage, où il est difficile de prendre toutes les précautions nécessaires; mais on procède alors par petites applications en employant la couleur presque sèche et l’on tâche de donner à ces rebouchages la même valeur transparente que celles du milieu dans lequel on les fait, afin de ne pas avoir dans les positifs des points blancs nécessitant une correction nouvelle.

Quelquefois le papier positif trop sec ou un frottement quelconque produit dans l'épreuve terminée et vernie une on plusieurs rayures trèsfines, semblables à un trait de gravure ; il suffit le plus souvent de mettre sur les rayures un peu de plombagine, un peu de crayon gratté et d’y passer ‘le doigt pour que cette gravure soit remplie et bouchée.

Lorsqu'il faut atténuer certaines parties trop transparentes, on frotte cette partie avec un peu de poudre de pierre ponce pour dépolir légèrement le vernis, ou bien on y passe quelques-unes de ces préparations spéciales vendues dans le but de faciliter la retouche, puis avec le crayon on cherche et l’on arrive à égaliser ies teintes. Le même moyen, appliqué aux portraits, permet non-seulement de régulariser les teintes, mais aussi de faire disparaître certains défauts du modèle, et c’est en procédant ainsi qu’un retoucheur habile refait mêmé complétement les modelés, mais le plus souvent aux dépens de la vérité.

Quelquefois il n’est pas nécessaire de procéder avec autant de soin; quelques parties du cliché ont besoin d’une teinte générale qui leur donne un peu plus d'intensité, soit pour rendre ces parties plus légères comme demi-teintes, si l'épreuve est trop uniforme, soit pour permettre à d’autres parties trop dures d'arriver au point voulu si le cliché est heurté; on peut ainsi accentuer la séparation des plans, adoucir des masses de verdure trop foncée, etc. Pour cela, on emploie des couches de collodion ou de vernis teinté, appliquées au dos de l'épreuve. On peut prendre du collodion normal, coloré avec des couleurs d’aniline rouge, jaune ou verte (le rouge

résiste mal à la lumière) ; mieux vaut du vernis ordinaire à la gomme laque, auquel on donne une teinte plus ou moins foncée, suivant le besoin, avec l'acide picrique ou des couleurs d’aniline jaune. Pour appliquer le vernis, on commence par bien nettoyer le dos de la glace, on chauffe légèrement et l'on y étend une couche du vernis teinté comme on le croit convenable ; avec une pointe ou un crayon, on délimite les parties qu'on doit laisser et celles qu’on doit enlever, puis avec un pinceau trempé dans un mélange d’eau et d'ammoniaque à parties égales on mouille toutes les surfaces à enlever : le vernis se plisse et se détache sous l’alcali, on l’enlève rien qu'en essuyant. On fait ainsi très-rapidement des teintes plates générales d’un très-bon effet; si la jonction des deux parties est dure et visible au tirage, on l’atténue par une série de petites hachures faites à la pointe sèche sur le vernis coloré. e |

Les clichés ainsi réparés doivent être tirés à l'ombre de préférence. Mentionnons seulement pour mémoire un moyen qui, pour être convenablement appliqué, demande un véritable artiste et qui a été employé par M. Dans-Hugo. Un portrait est fait sur un fond blanc, de manière à donner sur le cliché un fond uniforme noir; l'artiste, sans toucher au portrait photographique, fait à la pointe, sur ce fond noir, un fond de fantaisie s’harmonisant avec la pose et le désir du modèle.

La retouche des épreuves positives se fait avec l'encre de Chine mélangée d'un peu de carmin ou de bleu, suivant la teinte de l'épreuve : elle est quelquefois difficile sur le papier albuminé : le contact d’une eau légèrement ammoniacale ou simplement un peu de salive permet de mouiller plus facilement la surface albuminée. |

Décollage des clichés, transport sur gélatine. —Le prix élevé des glaces, leur fragilité, la place considérable demandée pour leur emmagasinage et la nécessité récente d’avoir facilement des clichés retournés, ont fait rechercher les moyens de reporter sur des supports minces et souples l’image fixée sur la glace.

Dès 1855, M. Gaillard indiquait un procédé qui, légèrement modifié, est encore celui qu’on emploie aujourd’hui, et qui consiste à couvrir l'épreuve, préalablement mouillée et tiédie, avec une couche de belle gélatine dissoute au bain-marie dans la quantité d’eau qu’elle avait pu absorber à froid ; après dessiccation complète, on coupe la gélatine à quelques milli-

DE LA RETOUCHE ET DU TRANSPORT DES CLICHÉS. y,

mètres des bords de la glace : l'épreuve adhère à la gélatine, se sépare de la glace, et donne un cliché pelliculaire plus ou moins épais, suivant la quantité de matière employée.

Après avoir essayé les transports sur papier, sur gutta-percha, sur couches alternées de caoutchouc et de collodion au ricin, sur collodion au ricin seul (collodion cuir), on est revenu au transport sur gélatine et l’on a adopté une série de modifications qui rendent ce procédé très-pratique ; ce sont : le passage du cliché dans l’eau légèrement acidulée pour faciliter l'enlèvement de la couche de collodion; l’adjonction à la gélatine d’une petite quantité de glycérine, pour lui conserver une certaine souplesse, même après parfaite dessiccation; l'extension d’une couche de collodion riciné ou glycériné sur la surface externe de la gélatine, pour qu’elle ne soit plus exposée directement aux variations atmosphériques, au contact des doigts, etc., puisque la gélatine se trouve ainsi collodionnée sur ses deux faces ; les procédés permettant de dévernir les clichés pour que les anciennes épreuves puissent être transportées aussi bien que les nouvelles, ou pour que les nouvelles puissent être essayées sans danger avant l’opération du transport.

En 1868, M.Jeanrenaud donnait des formules qu’il a quelque peu modifiées depuis et qui se résument de la manière suivante : le cliché, fixé, lavé et terminé, est passé dans un bain d’eau de 100 centimètres cubes pour 7 centimètres cubes d'acide chlorhydrique et séché; puis couvert par chacun de ses angles avec une solution de :

PRIOR PO RORS CPSE LORIE Vo ni. nus de 20° OR D AQU... .e-usonseusc 0

et séché sans lavage. Le cliché est prêt à recevoir la couche de gélatine. La seconde opération acide a pour but de rendre le décollage si facile, dit M. Jeanrenaud, qu'aucun cliché ne résiste à ce traitement.

On prépare la gélatine en dissolvant 20 grammes de belle gélatine dans 100 centimètres cubes d’eau, et y ajoutant 4 centimètres cubes de glycérine ; on ajoute ensuite 40 centimètres cubes d’une solution d’alun à 2 grammes d’alun pour 100 d’eau. La glace étant”préalablement chauffée, on verse à la surface cette gélatine très-chaude filtrée sur un linge fin, on en laisse

une couche plus ou moins épaisse, suivant la force de la pellicule que l’on veut obtenir, on met la glace de niveau et on laisse prendre en gelée avant de relever. La quantité d'acide chlorhydrique (7 pour 100) indiquée par M. Jeanrenaud paraît trop considérable lorsqu'il s’agit de clichés obtenus au collodion humide, elle est bonne pour ceux obtenus au collodion sec, à la condition toutefois qu’on n’ait pas employé l’albumine pour leur préparation.

Dans le procédé de M. Rousselon, le cliché est d’abord fait à la manière ordinaire, complétement terminé, verni à la gomme laque et essayé; s’il est bon, on commence par le dévernir, et on le détache sur gélatine,

Pour dévernir un cliché, on emploie une solution formée de :

Eau: distillée. :15 444 A SRE 150°° Potasse caustique, ., 32 Ne SF:

Carbonate de potassé AE RES 0f°,40 Alcool à 36.desréss ces GER 500°°

On filtre après solution.

Ce liquide est versé sur la glace vernie en quantité suffisante pour la couvrir ; on facilite son égale répartition sur toute la surface avec une baguette de verre; on le promène quelques instants et le vernis à la gomme laque disparaît presque immédiatement ; le vernis Sæhnée ou autres demandent une proportion de potasse un peu plus forte. |

Cette méthode de dévernir convient à tous les clichés, au collodion humide, au collodion sec, au collodion albuminé; on aurait pu craindre pour ces derniers les soulèvements d’albumine que cause ordinairement le contact des solutions alcalines, mais cette action se trouve neutralisée par la présence de l'alcool. La possibilité de dévernir un cliché, quel qu’il soit, peut rendre de réels services en dehors même du transport sur pellicule ; toutefois, lorsque le cliché a été gommé avant d’être verni, l'opération du dévernissage présente quelques dangers pour l'épreuve.

La solution à dévernir étant rejetée, le cliché est lavé avec soin à l’eau distillée, puis placé pendant quelques minutes dans un bain formé de 100 centimètres “cubes d'eau pour 2 centimètres cubes d'acide chlorhydrique. Sous lation de l’acide le collodion tend à se soulever ; dès que l’on

voit un des coins se détacher, on retire la glace, on la rince et on la met à sécher.

Pour le transport sur gélatine, on commence par préparer la solution,

en prenant :

Belle gélatine blanche. .:,,,,..1 Fe, pa . 100$" 4... + 700

On fait dissoudre au bain-marie et l’on ajoute ensuite :

Glycérine

Solution d’alun de chrome à ro pour 100 d’eau. 10°

On passe cette solution à travers un linge fin et on la maintient tiède pendant qu’on prépare le cliché.

On expose la face collodionnée à la vapeur d’eau chaude émanant d’une bassine jusqu’à ce que cette surface soit régulièrement couverte partout de gouttelettes de vapeur condensée, ce qui échauffe la glace, humecte la face externe du collodion, et facilite l’extension de la solution gélatineuse. On verse sur cette surface une couche très-égale de la gélatine préparée, on met la glace bien de niveau et on laisse prendre; lorsqu'il n’y a plus de danger que la gélatine coule, on relève la glace et on la met à sécher, ce qui demande, suivant la saison et la température, de douze à vingtquatre heures. Lorsque la dessiccation est parfaite, on couvre la surface gélatinée avec un bon collodion normal, contenant environ x à 1 4 pour 100 de coton-poudre et autant d'huile de ricin ou de glvcérine; on laisse de nouveau sécher complétement, puis on coupe cette pellicule à 2 ou 3 millimètres des bords de la glace : elle se détache le plus souvent seule en entraînant le cliché. €

Dans le cas où le cliché présenterait dans la pellicule de collodion quelques déchirures ou quelques petits trous laissant le verre à nu, il faut frotter la place avec un peu de fiel de bœuf avant d'étendre la gélatine; sans cette précaution celle-ci adhérerait au verre, ce qui occasionnerait des déchirures et le plus souvent la perte du cliché.

Si, par exception, le cliché refuse de se détacher facilement, il faut se

garder de l’arracher : on le perdrait; on doit alors tremper la glace dans | l’eau et y immerger en même temps une feuille de gros buvard coupée de même grandeur : on superpose la glace et la feuille, on retire les deux immédiatement, on donne un coup de raclette sur le papier et l’on abandonne à plat pendant le temps nécessaire pour que la gélatine reprenne l'humidité et se détende. Après ré. demi-heure environ, on enlève le buvard humide, on le remplace par un papier sec sur lequel on enroule la pellicule qui se détache alors facilèment. On laisse ensuite sécher le cliché entre deux buvards qui maintiennent la planimétrie.

Lorsqu'il s’agit de clichés préparés par le procédé Taupenot, l'adhérence de la glace est telle, qu’on est obligé de modifier le procédé de la manière suivante :

On commence par dévernir, s’il y a lieu, par le moyen indiqué cidessus, page 78, on plonge ensuite la glace pendant 10 minutes environ dans une solution de

Eau... ...:, 0 V0 EN RES 1000 Carbonatée dé son RTS 50 Chaux ‘éteinte ee MR EE 25

(laissez ce mélange en contact pendant 12 heures environ et filtrez avant de vous en servir.)

Lorsqu'on voit que la pellicule tend à se détacher, ce que l’on constate en cherchant à la soulever avec une lame, on retire la glace, on laisse sécher sans lavage et l’on opère comme il est dit plus haut pour gélatiner et détacher l'épreuve. L'emploi d’un rouleau de bois un peu gros sur lequel on entraine la pellicule facilite la séparation.

Les clichés sur gélatine sont ensuite conservés dans des registres de papier buvard bien plans. Lorsque la pellicule est suffisamment mince, on peut tirer indifféremment sur les deux faces. Le cliché enlevé se trouve prêt pour les opérations qui nécessitent l'emploi d’une épreuve retournée : telles sont certaines méthodes de tirage dites au charbon ou aux encres STasses.

Autres moyens de retourner les clichés.—Il est des circonstances où l'opérateur préfère obtenir immédiatement le cliché retourné sur la glace, sans passer par le transport sur gélatine. On peut employer plusieurs

moyens : le plus simple est de placer devant l'objectif un prisme ou une glace à faces parallèles ; mais, s’il s’agit de grandes épreuves, c’est un procédé coûteux, les prismes et glaces à faces parallèles étant d’un prix fort élevé; de plus, quelle que soit leur pureté, c’est un obstacle nouveau qui ralentit notablement l’action de la lumière.

On peut arriver à peu près au même résultat en modifiant le châssis négatif, de telle sorte que la couche sensible soit retournée et qu’elle ne reçoive l'impression lumineuse qu’au travers de la glace ; ainsi, lorsque l'opérateur met sa glace sensible au châssis, la surface préparée se trouve lui faire face, au lieu de faire face au rideau. On doit, dans ce cas, corriger la mise au point avec le plus grand soin, en tenant compte de l’épaisseur différente de chaque glace, et au développement on n'obtient pas, en réalité, le même effet que pour les clichés ordinaires, la face impressionnée étant celle qui touche le verre, tandis que le développement s’étend sur l’autre : il en résulte généralement un peu de mollesse et une légère différence dans le résultat final.

Agrandissements. — Depuis quelques années, les agrandissements sont entrés dans une voie nouvelle, conseillée depuis longtemps par notre regretté collègue Bertsch, et beaucoup plus rationnelle que celle employée précédemment.

On voulait alors, étant donné un petit négatif plus ou moins parfait, obtenir immédiatement un grand positif : de là les inventions d'appareils divers, savamment construits, qui condensaient la lumière solaire sur le petit cliché; un objectif à court foyer reprenait l’image de ce cliché trèsfortement éclairé par transparence, et la projetait plus ou moins agrandie sur la surface préparée. Le plus souvent, cette surface préparée était le papier positif ordinaire au chlorure d'argent, mais alors il fallait un temps considérable pour obtenir l'épreuve; la marche du soleil dérangeait la régularité de l’éclairage, ce qui nécessitait l’emploi d’un héliostat, et, malgré tous les soins donnés pour le fonctionnement régulier de l'appareil, on obtenait bien rarement la netteté désirable. Quelquefois on procédait par développement, c’est-à-dire que l’image positive agrandie était reçue sur une feuille sensible, préparée à l’état humide, soit au chlorure d'argent acidulé à l'acide citrique, soit à l’iodure d’argent ou tout autre; l'impression ne durait alors que quelques minutes ou même quelques secondes et l’on

développait ensuite l'épreuve au moyen des solutions révélatrices connues, solution gallique ou pyrogallique ou mélange des deux, avec addition d’acide acétique. Mais les épreuves développées sur papier sont presque toujours sourdes et de teinte désagréable ; enfin, une épreuve étant obtenue, il fallait recommencer les mêmes opérations pour en avoir une seconde.

On est généralement revenu à un système plus commode dans la pratique, consistant à tirer sur le négatif original une épreuve positive aussi parfaite que possible et de même grandeur et à en faireun négatif agrandi de la dimension voulue. Ce négatif sert ensuite à faire autant de grandes épreuves positives qu'on le désire par les procédés de tirage ordinaire.

Très-simple en théorie, ce procédé présente dans la pratique quelques difficultés qui, sans doute, en ont retardé l’adoption ; la principale consiste dans l'obtention d’un positif convenable.

Nous devons reconnaitre, en effet, que toujours, ou presque toujours, dans les opérations photographiques successives, l'opposition entre les lumières et les ombres va s’accentuant de plus en plus, et comme, dans ce procédé d’agrandissement, il faut passer par. trois et même quatre opérations, les épreuves seront de plus en plus heurtées; d'autre part, les légères imperfections venant s'ajouter du négatif au positif et étant augmentées par l’agrandissement, il faut de grands soins pour arriver à un bon résultat. Il est nécessaire d'obtenir d’abord un cliché négatif doux, bien développé dans tous ses détails et d’en tirer par superposition une épreuve positive sur glace. On pôurrait faire cette épreuve positive au collodion humide, soit à la chambre noire, soit, ainsi que l’a démontré M. Audra, en posant le cliché sur la glace collodionnée, en séparant les deux faces par une simple épaisseur de papier découpé et en exposant pendant quelques minutes à la lumière d’une bonne lampe ordinaire; mais, dans l’une et l’autre de ces conditions, la couche sensible est imprégnée d'un excès de nitrate d'argent qui, au développement par le sulfate de fer ou par l'acide pyrogallique, donnent des oppositions trop accentuées ; il vaut donc mieux employer un procédé qui ne présente pas cet inconvénient.

Pour cela il semble préférable de choisir entre le développement alcalin ou l'épreuve dite au charbon.

Pour le développement alcalin, on pourra employer une glace préparée

au collodion albuminé (procédé Taupenot) ou tout autre procédé sec ; après impression par contact on développera, par un des procédés ci-dessus (p. 52, 56 ou 68,) et l’on obtiendra toutes les finesses, toutes les intensités, sans aucune dureté. On peut employer également bien, comme l'indique M. Liébert, une glace opale très-pure, finement dépolie au dos, repolie spécialement sur la face du côté opalin et couverte de collodiochlorure. Une épreuve fortement tirée dans ces conditions prend une très-grande harmonie par transparence et donne à l’agrandissement de bons négatifs.

Un grand nombre d'opérateurs préfèrent tirer sur glace une épreuve positive au charbon; lorsqu'on emploie des papiers mixtionnés bien préparés, on peut obtenir très-rapidement d'excellentes épreuves positives destinées à l'agrandissement.

Les retouches indispensables sont faites sur le cliché d’abord, ensuite sur la petite épreuve positive, et l’on procède à l’agrandissement.

Le matériel nécessaire rentre dans le matériel ordinaire des photographes : il faut une chambre noire à long tirage, un bon objectif et un cône terminé par une glace dépolie, dans lequel peut se mouvoir parallèlement à cette glace dépolie un cadre destiné à recevoir le cliché à agrandir. S'il s'agit d'opérations courantes, un appareil construit spécialement sera préférable ; mais on peut à la rigueur opérer au moyen de deux chambres noires, disposées bout à bout l’une contre l’autre, les deux glaces dépolies étant à chaque extrémité. On retire l'objectif de la plus petite, et par l’ouverture on fait pénétrer l'objectif, qui doit agrandir l'épreuve et qui est monté sur la chambre à long tirage. Le cliché à agrandir est fixé intérieurement sur la glace dépolie de la petite chambre ; au moyen d’un papier noir, on élimine toute lumière ne passant pas par le cliché; on établit avec soin le parallélisme entre les deux glaces dépolies, et au moyen des crémaillères on avance plus ou moins l'objectif et le cliché, jusqu’à ce que l’on obtienne la dimension et la netteté voulues. On n’a plus qu’à diriger cet ensemble sur une bonne lumière diffuse et à faire l'épreuve au collodion humide.

Différents brevets ont été pris, non pour ces procédés d’agrandissement qui n'ont rien de neuf, car M. Bayard les exécutait ainsi, il y a plus de quinze ans, mais pour diverses dispositions de détails destinées à supprimer, ou tout au moins à simplifier beaucoup la retouche.

M. Despaquis interpose entre le cliché à agrandir et la glace collodionnée une seconde glace transparente qu'il couvre d’un grain de plombacine très-fin et rendu adhérent par une mince couche d'eau sucrée, préalablement séchée sur la glace; ce grain donnera moins de sécheresse à l'épreuve agrandie. Le même inventeur indique encore l'interposition, on pourrait presque dire la juxtaposition contre la couche collodionnée, d’une glace dépolie très-fine, sur laquelle on peut faire de larges retouches locales qui se fondent sur l'épreuve.

Dans un autre procédé, indiqué par M. Lambert, lorsque le grand négatif est obtenu et terminé, on en couvre les deux faces avec un papier très-transparent sur lequel on fait à l'envers les larges retouches locales au moyen de grandes hachures ou de teintes plates; ces retouches, diffusées par le papier et l'épaisseur de la glace, se fondent les unes avec les autres et avec les teintes du négatif, et ne sont pas visibles sur l'épreuve positive; de l’autre côté, sur le papier appliqué contre la face même du négatif, on fait des retouches fines avec beaucoup de précision. En employant les tours de main, en manœuvrant habilement des caches ou réserves sur la glace du châssis positif pendant la venue de l'épreuve, on arrive à n'avoir presque pas de retouches faites à la main.

Ces divers moyens bien pratiqués donnent d’assez beaux résultats, surtout s’il n’y a pas d’exagération dans l’agrandissement ; il faut toutefois reconnaître que de trop grandes épreuves photographiques sont froides à l'œil, monotones, et que trop souvent elles ajoutent à cette monotonie le défaut bien plus grave de présenter des déformations considérables.

Positives aux sels d'argent. — Le procédé des épreuves positives aux sels d'argent, qui, très-probablement, doit disparaître dans un temps plus ou moins éloigné pour faire place à des tirages plus solides, sinon plus économiques quant à présent, est cependant encore celui qui est le plus en usage et qui semble présenter le plus de facilité.

Nous n'avons rien à dire de la préparation première du papier; il est maintenant bien peu d'opérateurs qui albuminent eux-mêmes leur papier. Les papiers positifs sont livrés tout albuminés par le commerce, et ils se réduisent quant à la fabrication de la pâte à deux types principaux : le papier français de la fabrique de Rives (Blanchet et Kleber) et le papier de Steinbach, dit papier de Saxe.

Le papier français est plus blanc, plus fin de pâte; il vire avec plus de facilité au bain d’or et donne des tons plus éclatants; mais il est moins résistant dans les lavages, moins fortement encollé. Excellent pour les petites épreuves, il est d’un emploi plus difficile pour les grandes; celui dit de Saxe est plus corsé et plus résistant, mais il est moins blanc; souvent le premier présente plus de points métalliques que le second, mais il est probable que, la cause en étant actuellement connue (‘}, les fabrications nouvelles seront exemptes de ce défaut. Ces deux sortes de papier sont albuminées dans des fabriques spéciales qui les livrent ensuite aux détaillants.

(*) Bulletin de la Société francaise de Photographie, janvier 1876. Recherches sur les causes des taches (A. DAVANNE).

La clientèle commerciale des albumineurs de papier, cherchant de plus en plus l’économie, a exigé que ces papiers soient de moins en moins chargés de chlorure et l’on est arrivé à des doses excessivement minimes ; comme conséquence, on est parvenu à réduire de plus en plus le titre du bain positif, et, au lieu de l’employer à 15 pour 100, comme précédemment, on est arrivé à 10 OU 12 pour 100 au plus; si l’on veut employer des bains trop concentrés, l’albumine, énergiquemént coagulée, forme une membrane presque imperméable, la dose de chlorure d'argent étant insuffisante pour lui donner l’état spongieux nécessaire; cette membrane ne laisse pas passer l’excédant de liquide qui se sépare alors sous forme de traînées huileuses, sèche d’une manière inégale et laisse des traces visibles sur l'épreuve terminée. Aussitôt que cet accident apparaît, on diminue le titre du bain qui peut descendre jusqu’à 8 pour 100 et même moins.

La conséquence de cette diminution dans la dose des chlorures et des bains d'argent est un affaiblissement de la sensibilité que l’on a combattue soit par des fumigations ammoniacales, soit par des bains à réaction alcaline. |

Tout en reconnaissant que les fumigations ammoniacales accélèrent la venue de l'épreuve, nous ne les employons jamais, parce que le papier soumis aux vapeurs d'ammoniaque a une tendance à jaunir rapidement et parce que c’est une opération de plus à ajouter aux opérations déjà trop nombreuses de la Photographie. Toutefois le mode d’opérer est des plus simples ; il suffit de suspendre les feuilles pendant quelques minutes dans une grande boîte spéciale ou dans une armoire au fond de laquelle on met une assiette ou une capsule contenant soit un peu d’ammoniaque liquide, soit un mélange à parties égales de chaux éteinte et de chlorhydrate d'ammoniaque : il se fait alors un dégagement de vapeurs ammoniacales dont l’action se porte sur les feuilles sensibilisées'; celles-ci sont employées immédiatement comme les feuilles ordinaires.

A côté des fumigations ammoniacales, on a préconisé un bain dit ammoniacal (à tort), préparé de la manière suivante :

Soude caustique DURE NS :100 Eau distillée, Re an . 1000

Après solution, versez le liquide dans la préparation suivante :

D ee mm ones 80f" D ARR 1000

Il se fait aussitôt un abondant précipité brun d'oxyde d'argent qu'on lave par huit ou dix décantations successives ; lorsqu'un peu de cette eau de décantation évaporée à sec dans une petite capsule ne laisse qu'un résidu insignifiant, on déverse avec soin, on rejette toute l’eau qui surnage le précipité. On fait d'autre part une solution de :

PUINOUAMNONAQUS DUT. ........:...... 500$" 1.1. 1000

On verse peu à peu sur le précipité d'oxyde d'argent la quantité de cette solution nécessaire pour le dissoudre, on complète le volume d’un litre avec de l’eau distillée; si le liquide reste un peu trouble, on l’éclaircit avec quelques gouttes d'acide nitrique. Le papier est ensuite sensibilisé sur le bain, soumis aux vapeurs ammoniacales, comme il est dit ci-dessus, et employé pour le tirage.

Nous devons mettre les photographes en garde contre un danger qui se présente lorsqu'on emploie l’ammoniaque et les sels d'argent. L'oxyde d'argent laissé au contact de l’ammoniaque forme un composé fulminant au plus haut degré, même sous l’eau, par le seul contact d’un corps dur. Il en est de même si l’on dissout l’azotate d'argent dans un excès d’ammoniaque et si on précipite la liqueur par de la potasse ou de la soude; il est probable que le même composé pourrait encore se former dans les diverses manipulations que l’on ferait dans le laboratoire photographique sans se rendre un compte exact des réactions ; nous engageons nos lecteurs à s'abstenir de tout mélange d’ammoniaque pure et d’azotate d’argent (les mélanges d’ammoniaque avec les sels d'or doivent être évités avec un soin plus grand encore : ils ont déjà occasionné de funestes accidents).

Jusqu'à présent il ne nous à pas paru que les épreuves obtenues par ces bains composés ou ces fumigations ammoniacales soient supérieures à celles que donnent les procédés plus simples, généralement acceptés et que nous préférons dans notre pratique quotidienne. Nous employons le papier de Rives à ro et même 12 kilogrammes la rame, tel que nous le livre le

commerce de papier albuminé ; nous le sensibilisons sur un bain d’azotate d'argent cristallisé pur; dans ce bain, qui sert indéfiniment, parce que toujours on le ramène à son volume primitif et au titre de ro pour 100, nous ajoutons assez fréquemment quelques centimètres cubes d’une solution saturée de carbonate de soude, en quantité suffisante pour que la réaction au papier de tournesol soit franchement alcaline, c’est-à-dire que le papier rouge devienne bleu, et pour qu'il reste un léger précipité de carbonate d'argent au fond du flacon.

Dans ces conditions, le papier que nous employons reste assez blanc pendant vingt-quatre heures au moins: cependant la conservation, indépendamment des conditions de température et d'humidité atmosphérique, dépend le plus souvent de la qualité même du papier, car, dans des conditions identiques de laboratoire, certains papiers restent blancs pendant plusieurs jours, quelques-uns jaunissent en quelques heures.

En général, les images obtenues comme nous venons de l'indiquer sont assez brillantes et virent avec une grande facilité. Il sufffit de quelques centièmes de sels de plomb (azotate ou azotite de plomb) dans le nitrate d'argent pour ôter à ces préparations toutes leurs qualités.

Le virage que nous préférons à tous autres pour sa simplicité, pour la solidité des épreuves, pour les résultats obtenus, est celui que nous avons décrit (Chimie photographique, p. 313), et que nous appelons le virage à la craie. Nous le résumons ici :

Chlorure double d’or et de potassium... TS Eat... 0, CRE 1000 Craie ou blanc d'Espagne pulvérisé. . 4 à 56

Faire cette préparation cinq ou six heures à l'avance.

Si l'on oublie de la faire à temps, on obtient les mêmes résultats en mettant les réactifs ci-dessus dans le quart de la quantité d’eau indiquée ; on chauffe dans une capsule de porcelaine jusqu’à décoloration très-sensible du liquide et l’on ajoute le complément d’eau froide nécessaire, soit les trois quarts restants, ce qui ramène de suite le bain à la température à laquelle il peut être employé. :

Le bain de virage, appauyri par les épreuves qui y ont passé, n est pas épuisé; on le conserve dans son flacon : il continue de s’ appauvrir un peu

par le contact de la craie, mais, lorsqu'on veut s’en servir de nouveau, il suffit de le remonter, non pas à l’avance, mais le jour même où l’on a de nouvelles épreuves à faire virer; on ajoute alors la quantité de chlorure d'or et de potassium nécessaire pour le nombre des feuilles à virer; cette quantité est d'environ 4 à 5 centigrammes par grande feuille de 0,44 X 0,57.

On facilite beaucoup le dosage des quantités d’or à ajouter en faisant à l’avance une solution mère de r gramme de sel d’or pour 100 centimètres cubes d’eau ; ainsi chaque centimètre cube de la liqueur représente 1 centigramme de sel d’or. On doit se garder d’ajouter de la craie dans cette solution, il se précipiterait de l’oxyde d’or; il est au contraire préférable de la maintenir franchement acide par quelques gouttes d'acide chlorhydrique ou d’eau régale. Lorsqu'on remonte le bain d’or décoloré et devenu presque inactif, on doit avoir soin de verser la liqueur acide sans agiter le bain : l'acidité ramène le sel d’or inactif à son état primitif de perchlorure; on agite alors, la craie recommence son action, ramène le perchlorure à un état moins chloruré et le bain est de nouveau prêt à servir.

Après virage, les épreuves sont lavées à une eau, fixées à l’hyposulfite de soude à 20 pour 100, lavées de nouveau à sept eaux successives, en faisant à chaque lavage, qui doit durer au moins un quart d'heure, un changement alternatif de cuvettes, puis séchées au buvard, coupées et collées comme nous l’avons indiqué. Il est assez important de faire $a colle soimême, pour être assuré qu'elle ne contient ni acides, ni chlorures, ni aucune substance qui pourrait amener la détérioration des épreuves.

Pour les amateurs et même pour les opérateurs de profession, ce serait une grande amélioration de pouvoir trouver dans le commerce des papiers sensibles présentant les mêmes qualités que ceux que l’on prépare soimême et se conservant sans altération pendant un long espace de temps.

Plusieurs essais ont été tentés dans cette voie : les uns sont restés à l’état de procédés particuliers, d’autres ont été décrits dans les journaux et brochures photographiques.

Parmi les papiers que l’on vend tout préparés, nous citerons celui de M. Carrier, qui s'emploie comme le papier ordinaire; toutefois le virage réussit mieux lorsqu'on le fait avec le sulfocyanure d’ammonium.

MM. Schæffner et Mohr ont aussi présenté un papier au carbonate d’ar-

gent qui n’a de sensibilité qu’à la condition de lui faire subir des fumigations ammoniacales ou mieux de le mettre en contact avec des coussins saupoudrés de carbonate d’ammoniaque. Il ne faut pas oublier que les réactions fortement alcalines altèrent certains vernis, que les châssis positifs dont on se sert, ainsi que les buvards et doublures destinés à faire pression, s'imprègnent de vapeurs ammoniacales et doivent être réservés pour cet usage spécial; car, s'ils étaient employés pour le papier ordinaire, avant d'être complétement purifés par l’évaporation, ce papier serait inégalement altéré, ce qui produirait des taches.

Parmi les procédés divers qui ont été donnés pour conserver les papiers sensibles pendant un temps plus ou moins long pouvant excéder plusieurs semaines, le plus simple et le plus employé est basé sur l’adjonction d’une certaine quantité d'acide citrique qui peut aller jusqu’à 5 grammes pour 100 centimètres cubes du bain, soit la formule suivante :

EQ 542,. rcece E 100°° Nitrate ‘d'argent de "0e rm . 6 à rof" Acide citrique, de, : 4° MAN Mn A

Le papier préparé sur ce bain doit être conservé à l'abri de la lumière dans un endroit sec; il s'emploie à la manière ordinaire, seulement, sous l'influence de l'acide, il a une tendance à se désencoller et devient peu résistant aux lavages, surtout s’il s’agit de grandes dimensions. De plus, cette acidité retarde le virage qui reste facilement rouge; pour combattre cette influence, on devra employer de préférence les formules de virage alcalin ou tout au moins laver les épreuves dans une eau très-légèrement alcalinisée (par un peu de carbonate de soude) avant de les virer.

Gollodio-chlorure. — On a également employé, pour le tirage des épreuves positives, le papier préparé au collodion émulsionné de chlorure d'argent dit collodio-chlorure. Cette préparation paraît être limitée dans la pratique à quelques emplois spéciaux : tels sont surtout les transports d’une épreuve positive sur un nouveau subjectile, comme les épreuves à fond d’or ou d'argent, les presse-papier de cristal, etc., etc. M. Geymet prépare dans ces conditions un papier au collodio-chlorure dont la couche de collodion repose sur une surface gélatinée restée soluble, de sorte que l’on peut à volonté, soit laisser l’image sur le papier, en faisant

ÉPREUVES NÉGATIVES AUX SELS D'ARGENT ET AUX SELS DE FER. OI toutes les opérations de virage, fixage, lavage, etc., à l’eau froide, ou transporter cette image sur tout autre support, en la passant dans l’eau tiède, qui dissout la gélatine et permet de séparer la couche de collodion que l’on applique, soit directement sur son support définitif, mais alors l'épreuve est retournée, soit sur une feuille de papier provisoire qui la soutient et facilite le transport sur tout autre subjectile.

La préparation du collodio-chlorure est assez délicate et compliquée. Voici une formule donnée par Van Monckhoven.

Faites les solutions suivantes :

1 AlCObLGhaud, à 36 desrés. .… ...........,.. 500°° Chlorure de magnésium cristallisé. ......... 5

Filtrez après dissolution et laissez refroidir :

nn... 100°° D nique... 100°° Pyroxyle (pour épreuves sur verre)......... “4

» (pour épreuves sur papier)........ HUM GE

Laissez déposer ce collodion au moins pendant quinze jours.

3° Alcool à 36 degrés. .... RARE CAR DE 200°° 0 ANT Ne RNA ARS 85" Nitrate d'argent fondu et pulvérisé.......... 86"

Dissolvez d’abord lesnitrate dans l’eau ; ajoutez successivement l'alcool, filtrez , laissez refroidir.

Ajoutez :

Re . ................. 200°° sin coeurs (5 à)

Laissez ce*collodion dit & l'argent au moins huit jours en repos.

VON NUL 4, 1 PRAENSEEESRRREES 185" PO ANBNE..Dl A 1: aient, ni 13 Patio degrés: m4 32. 1 160°°

Ces quatre préparations séparées étant faites, on prépare le collodiochlorure d'argent en mélangeant :

SE DORE ER ARR ERE 200 SR Lt » vanne Joe SES ae RE 200°° NA eo à à nee à eee OT NE Yi Ammmoniique pure!: .*iNReRRen 8 gouttes.

Agitez avec force; conservez dans un flacon de verre jaune, pour l'usage.

Si l’on se sert de ce collodion pour obtenir une épreuve sur glace, la glace est préalablement couverte d’une couche mince d’albumine, séchée, collodionnée, séchée de nouveau, exposée aux vapeurs de carbonate d’ammoniaque, placée sous le cliché et insolée le temps nécessaire.

L'épreuve est virée au sulfocyanure d’ammonium :

Eau... 00 SOS 1000°° Sulfocyanure d’ammonium. ...............

Hyposulfite de soude. Re sr

On ajoute ensuite dans cette solution et goutte à goutte 1 gramme de chlorure double d’or et de potassium préalablement dissous dans 10 centimètres cubes d’eau distillée.

Le fixage est fait à l’hyposulfite de soude ordinaire. La glace bien lavée donne un beau positif, très-transparent.

Le même collodio-chlorure, un peu renforcé en pyroxyline, peut servir pour les épreuves sur papier. La feuille de papier estpréalablement encollée sur un bain formé de :

Oxyde de zinc ou sulfate de baryte précipité. 5o

Sur la feuille sèche, on verse doucement le collodion pour avoir une couche très-épaisse, et l’on fait subir à l'épreuve venue sur papier les mêmes opérations que nous venons de décrire ci-dessus.

Épreuves gélatinées. Caméo-portraits.— Lorsque l'épreuve positive est terminée, on peut en faire ressortir les moindres finesses en lui donnant

un glacé au moyen d’une couche de gélatine et de collodion, que l’on y fait adhérer. Cette opération n’est guère employée que pour les portraitscartes ou portraits-album, et le plus souvent elle est complétée par un léger bombage fait au moyen d’une presse spéciale qui donne à l’épreuve l'aspect d’un émail.

Ce résultat est obtenu assez facilement par les opérations qui suivent :

On prend une glace bien plane et bien polie, et l’on en prépare la surface, soit par un bon polissage au talc, méthode que nous préférons, soit en la couvrant d’une très-légère couche de cire préalablement dissoute dans un peu d'éther; on mouille un tampon de coton avec un peu de cette solution de cire, on frotte la glace avec un second tampon, de manière à la rendre bien brillante; après l’une ou l’autre de ces préparations, on la couvre d’une couche de collodion normal composé de :

ns... 50° RL :... ........ 50 LE ON CNRS + 15',50

Il est nécessaire d'employer un coton-poudre donnant des couches de collodion tenaces, s’enlevant sous le doigt en pellicules un peu résistantes ; si l’on employait un collodion poudreux, la couche de collodion trop poreuse laisserait passer la gélatine qui adhérerait sur la glace même et l'épreuve ne pourrait plus s’en détacher.

Lorsque le collodion a fait prise, on l’immerge dans un bain d’eau filtrée et on le lave jusqu’à ce que toute apparence huileuse ait disparu, puis on laisse la glace sécher sur le support.

D'autre part, on fait la solution de gélatine :

Belle gélatine blanche du commerce. ..... 1584 COS M EEE TR PRES 100 On laisse d’abord tremper à froid pendant plusieurs heures, et, quand la gélatine est bien gonflée, on met le vase qui la contient dans l'eau chaude et l’on continue de chauffer jusqu’à liquéfaction Ce eu quelque colorante soluble (couleurs d’aniline, carmin, ete}, el

On peut à ce moment ajouter à la gélatine

rateur, pour réchauffer un peu le ton du portrait, si on le croit nécessaire.

La gélatine chaude est passée dans une mousseline, laissée au chaud pendant quelque temps pour que les bulles et mousses puissent monter à la surface; ces impuretés sont enlevées alors avec un peu de papier et la gélatine est mise dans une cuvette de la dimension nécessaire pour les épreuves à gélatiner et conservée chaude par un bain-marie.

Les épreuves non rognées sont d’abord mouillées à l’eau ordinaire, légèrement épongées, passées en plein dans la gélatine et posées la face en contact avec la glace collodionnée; on peut mettre sur une même glace collodionnée autant d'épreuves qu’elle en peut recevoir. Immédiatement après on applique sur le dos de ces épreuves une feuille de papier ordinaire préalablement détrempée et l’on donne sur le tout un léger coup de la raclette de caoutchouc ; on retourne la glace pour s'assurer si toutes les bulles d'air sont expulsées; s’il en restait, on les ferait glisser sous le doigt : on prend ensuite un bristol mince également détrempé, on le passe en plein dans la gélatine, on l’applique sur le papier qui est déjà au dos des épreuves; sur le bristol on met une dernière feuille de papier mouillé, plus grande en tous sens que la glace, on donne un dernier coup de raclette, on rabat les bords du papier que l’on colle sur l'envers de la glace et on laisse sécher.

Si les épreuves positives ont été retouchées, il faut éviter que la retouche ne disparaisse dans ces diverses manipulations; pour cela, au lieu de les détremper en plein dans l’eau, on les met à plat face en dessous sur une glace nue et propre et l’on applique au dos un gros buvard humide; en quelques minutes l'épreuve est détendue, mais encore gondolée; on la pose face en dessus sur un bain d’eau, sans l’immerger, elle devient tout à fait plane, on l’égoutte, on la passe en plein dans le bain de gélatine chaude, on suit le reste des manipulations comme ci-dessus, et on laisse sécher.

Le lendemain la dessiccation est complète : on n’a plus qu’à couper les bords ; les épreuves se séparent de la glace et présentent une surface d'aspect parfaitement émaillé.

S'il s’agit d'épreuves dites caméo-portraits, on termine en donnant à l’image la forme bombée d'un émail, au moyen d’une petite presse qui se trouve chez les marchands d'articles pour photographie.

Généralement, pour les caméo-portraits, on se sert de caches spéciales découpées d’après les dimensions de la presse à bomber, et qui permettent d'obtenir des épreuves ovales ou autres, dégradées ou non, avec des marges plus ou moins teintées suivant le goût de l'opérateur.

Épreuves positives aux sels de fer (dites at prussiate de potasse). — Les épreuves obtenues par cette péparation sont d'un ton bleu plus ou moins foncé, à moins que par des réactions successives on ne les fasse virer au ton noir; mais, ces réactions étant un peu compliquées et ne donnant pas jusqu'ici les teintes désirables, on se contente le plus souvent du ton bleu. ;

La préparation du papier employé pour ce genre d'épreuves est basée sur les propriétés du prussiate rouge de potasse (cyanoferride de potassium), qui forme avec les sels de protoxyde de fer un précipité bleu intense, analogue au bleu de Prusse, tandis qu’il ne précipite pas et ne colore pas sensiblement les sels de peroxyde de fer, et sur cette autre propriété de certains sels de peroxyde de ter ou de composition chimique analogue qui, sous l'influence de la lumière et d’une matière organique, reviennent à l’état de protosels.

Si donc on fait un mélange de prussiate rouge de potasse et d’un sel de peroxyde de fer et qu’on imprègne une feuille de papier de ce mélange, elle sera teintée d’une manière générale d’une couleur verdâtre; au lavage le mélange se dissoudra, et la feuille de papier redeviendra blanche. Mais, si, par une réaction quelconque, une partie du sel de perexyde est ramené à l’état de protoxyde, le prussiate rouge de potasse formera avec ce sel de protoxyde ce composé bleu insoluble qui restera sur la feuille.

Or, la lumière possédant cette propriété de ramener certains sels de peroxyde de fer à l’état de protoxyde, lorsqu'ils sont mélangés d’une matière organique, le résultat sous un cliché sera l'impression de l'épreuve en couleur bleu de Prusse. t

C’est en se fondant sur ces deux propriétés que M. Marion a préparé, d’après les formules qui lui ont été communiquées par M. de Motileff, un papier dont il n’a pas publié le mode de fabrication : il y a lieu de croire que c’est un mélange de cyanoferride de potassium et de citrate de fer ammoniacal. Ce papier se conserve très-longtemps à l'abri de la lumière : il suffit de l’exposer sous un cliché pour avoir assez rapidement une

épreuve bleue qu’on développe et fixe à la fois par un simple lavage à l'eau. j On peut employer, pour préparer ce papier, la formule suivante :

Prussiierouge de potasse............... 10$" Eau. eo 4 .….. ES .... 100°° w sue M APE gr Ammoniocitrate de. fer.:5 1e le 15 Eau A A. 00 er aire tee a tre ET Sn EEE 100°°

el Ô £ Mélangez, filtrez et préparez sur ce bain, par affleurement, des feuilles

de beau papier ordinaire. On laisse sécher et l’on conserve.

L'épreuve obtenue est lavée, mais peu à peu elle se dégrade dans l’eau de lavage, jusqu’à disparaître complétement; on pourra donc ramener au ton voulu une épreuve trop posée en la maintenant immergée plus ou moins longtemps.

Le ton de l’épreuve bleue obtenue s’avive et devient plus intense si, dans la dernière eau de lavage, on ajoute quelques traces d’une solution de chlore ou d’un hypochlorite décolorant quelconque (eau de Javel, chlorure de soude, chlorure de chaux). |

Ce procédé, qui ne sera employé par les photographes que dans des circonstances exceptionnelles, pourra rendre de réels services dans tous les bureaux où l’on fait soit des plans, soit des dessins, dont il est utile de garder ou de communiquer copie. On peut ainsi économiser les frais et le temps d’un décalque, et la possibilité d'acheter tout préparé un papier qui se conserve longtemps et donne une épreuve par la simple exposition de la lumière, suivie d’un lavage à l’eau, en rend la pratique très-facile pour ces circonstances spéciales.

Depuis les expériences déjà anciennes de M. Ed. Becquerel et de Niepce de Saint-Victor, pour obtenir directement les couleurs de la nature sur plaques daguerriennes, des méthodes nouvelles ont été proposées pour produire ces mêmes couleurs sur papier, soit directement, soit indirectement. |

Les études de M. A. Poitevin, celles de M. de Saint-Florent, prouvent qu'il est possible d'obtenir les couleurs sur un papier sensibilisé au souschlorure d'argent, mais elles sont toujours fugitives, et, jusqu’à présent, ces recherches, très-curieuses comme théorie, ne peuvent recevoir aucune application pratique.

Deux autres habiles et savants chercheurs, M. Ducos du Hauron et M. Ch. Cros, s'appuyant tous deux sur une même théorie, sans avoir connaissance de leurs mutuels travaux, ont proposé en même temps, dans le courant de 1869, une solution complétement nouvelle du problème.

Au lieu de chercher à obtenir directement toutes les couleurs que peut présenter la nature, ils ont pensé qu'il serait possible d'analyser ces couleurs en les ramenant aux trois couleurs primitives : rouge, jaune, bleu, et faisant, par des moyens expliqués plus loin, trois clichés négatifs, l’un de tous les rayons rouges, l’autre de tous les rayons jaunes, le troisième de tous les rayons bleus qui entrent dans la composition de la totalité des couleurs naturelles, ils superposent les positifs rouges, jaunes et bleus de ces négatifs et recomposent ainsi l’ensemble coloré.

M. L. Vidal, dans une voie ayant quelque analogie avec la précédente, se contente de faire un seul cliché, et, par un travail manuel de réserves habilement faites, il peut tirer une série d'épreuves portant chacune une

teinte particulière monochrome. Ces épreuves, obtenues sur pellicules de

gélatine, sont superposées avec un repérage exact et donnent ainsi, en se

fondant les unes dans les autres, les teintes diverses de l'objet représenté. Nous allons examiner rapidement ces procédés divers.

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