Walsingham, Lettres et négociations, p
appuyai! le jeune r<>i, tandis que La France soutenait Marie Stuart. Au dehors, la rupture avec l'Espagne, donl L'ambassadeur venail d'être congédié; la bataille de Lépante, qui, eu relevanl la fortune de Philippe II. lui aurait permis, avec un peu plus de hardiesse, de secourir à la lois les rebelles de L'Irlande el Les catholiques de L'Angleterre. Une alliance avec la France étail donc devenue une impérieuse nécessité cl le mariage <lu duc d'Anjou le meilleur moyen de l'obtenir dans de bonnes conditions. .Mais commenl reprendre une négociation morte, suivant l'expression de Ceci). Depuis Le départ de Pau] de Foix, La Mothe-Fénelon étail resté muet. Une seule fois Elisabeth avait abordé avec lui ce sujet, disant qu'il lui semblait que le duc ne comptait plus sur ce mariage el le tenait pour rompu, et La Mothe n'avait rien répondu. Dans des circonstances aussi difficiles, le choix: de l'ambassadeur à envoyer en France était embarrassant . Elisabeth avait d'abord pensé à Leicesler ou à f.ecil, mais dans L'état errave où était l'Angleterre, ils ne pouvaienl s'éloigner. A leur défaut, elle avait jeté les yeux sur Henri Kobbam, mais Henri Kobhani s'était trouvé compromis dans la conspiration de Norfolk. Elle s'arrêta définitivement à Smith, que de
Foix à son départ avait indiqué. Cette nouvelle mission avait un double but : reprendre la négociation du mariage avec le duc d'Anjou, si cela était encore possible, et en tous cas traiter d'une ligue avec la France '.. « J'étais et je suis encore, écrivait Cecil à Walsingham, pour que la reine se marie, parce que c'est pour elle le seul moyen de régner avec sécurité et d'assurer après elle le repos de ses sujets. Elle me paraît aujourd'hui résolue à ne pas refuser les conditions convenables qui seraient offertes par le roi de France. L'intention de la reine est si manifeste que, si l'affaire est bien conduite, elle doit réussir2. » Smith, avant toute nouvelle ouverture, devait trouver quelque personnage de confiance pour l'envoyer tout communiquer à Coligny et surtout pour bien le renseigner sur les causes qui avaient amené la rupture. Montgommery, alors en Angleterre et auquel Elisabeth s'en était confiée, avait hâté son départ pour aller lui-même s'en entendre avec Coligny. Rien n'avait été laissé décote de ce qui pouvait faciliter la négociation; mais Smith allait re-
1. Lettres el dépêches de Walsingham, Instructions données à Smith, p. 177.